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La violence à Winnipeg préoccupe les associations de nouveaux arrivants

Plusieurs armes de poings entreposées sur une table.

Des armes à feu récemment saisies à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

Gavin Boutroy

Des associations qui représentent les intérêts des nouveaux arrivants sont préoccupées par la vague de violence qui a déjà fait 40 morts à Winnipeg cette année. En effet, les jeunes immigrants sont plus susceptibles de facteurs qui peuvent mener à la criminalité ou à la fréquentation de gangs.

« La situation est inquiétante et alarmante pour tout le monde  », lance le directeur général par intérim de l’Association des communautés africaines du Manitoba, Mandela Kuet. Selon lui, depuis le début de l'année, deux jeunes Africains ont été victimes d’homicides.

Des facteurs tels que la pauvreté et l’absence de programmation après l’école exposent les jeunes issus de l’immigration récente à un plus grand risque d’implication dans le monde criminel, indique M. Kuet. Il croit qu’un manque d’éducation sur les conséquences judiciaires est aussi en cause, de même que les parents sont souvent mal équipés pour affronter ces situations.

Son association offre entre autres de l’aide aux élèves pour faire leurs devoirs à l’École Daniel MacIntyre Collegiate Institute. L’organisme d’aide aux nouveaux arrivants, IRCOM (Immigrant and Refugee Community Organization of Manitoba), offre aussi des services de ce type.

L’école, source de frustration

Selon la directrice générale d’IRCOM Dorota Blumczynska, l’école devient une source de frustration pour les jeunes qui cherchent ensuite d’autres sources de sentiment d’appartenance.

Le taux de décrochage scolaire est le plus élevé chez ces jeunes. Près de 35 % des jeunes d'âges solaires supérieures à la 9e année décrochent.

Dorota Blumczynska, directrice générale d’IRCOM

Ces jeunes sont plus susceptibles à l’impact de l’isolation, en plus de sentir plus de pression pour être traducteurs pour leurs familles, et même aider à faire rentrer de l’argent, selon IRCOM.

Un bâtiment blanc sur un coin de rue de Winnipeg.

Une maison de transition pour nouveaux arrivant de l'Immigrant and Refugee Community Organization of Manitoba sur la rue Isabel.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe LeBlanc

Mme Blumczynska souligne aussi l'insuffisance de ressources d’accompagnement dans la province : Nous avons besoin de centres d'accompagnement de 24 h. [...] Ces jeunes doivent être pris en charge, et le travail doit se faire avec les communautés ethnoculturelles.

Encore moins de ressources en français

L'Accueil francophone partage le constat de ses homologues anglais sur la vulnérabilité des jeunes, et ajoute qu'il y a encore moins de ressources en français qu'en anglais. L’adjoint exécutif et chargé des communications de l’Accueil francophone, Wilgis Agossa, explique qu'il tente d’éduquer les jeunes, mais aussi leurs parents.

C’est sûr que la drogue, la criminalité, ça fait partie des sujets [que l’on adresse avec les jeunes]. C’est beaucoup de sensibilisation, et ce n’est pas seulement cibler les jeunes, mais c’est aussi travailler avec les parents qui vivent avec ces jeunes-là pour qu’ils puissent avoir les outils pour aider leurs enfants à faire face à des situations de ce genre, dit-il

Wilgis Agossa

Wilgis Agossa, responsable des communications à l'Accueil francophone.

Photo : Radio-Canada

Il ajoute que beaucoup de ces parents viennent de milieux où ce n’est pas aussi facile qu’à Winnipeg d'accéder à de la drogue.

Wilgis Agossa souhaite aussi souligner que c'est une minorité des jeunes nouveaux arrivants qui participent à des activités criminelles, ou se rejoignent à des gangs.

Ce n’est pas la majorité des jeunes qui sont dans des groupes qui dérapent de la sorte, la grande majorité des jeunes ont très bien la tête sur les épaules, ils ont juste besoin d’encadrement, dit-il.

La police réduit ses services

Le porte-parole du Service de police de Winnipeg, Rob Carver, indique que de récentes pressions budgétaires ont un important impact sur sa prestation de services. Les projets de sensibilisation communautaire seront les plus fortement touchés.

Nous avions des programmes pour joindre les communautés et parler de toutes sortes de facteurs tels que leur relation avec la police, la différence entre la police ici et celle dans leur pays d’origine, les risques de gangs criminels, indique M. Carver.

Un agent de police porte des lunettes.

Le porte-parole de la police de Winnipeg, Rob Carver

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Ces programmes ont été réduits dans les derniers jours, poursuit le policier. Notre chef explique qu’il a fallu rediriger des ressources policières, ainsi les policiers sont redirigés aux premières lignes.

L’Association des communautés africaines du Manitoba organise une table ronde le 24 novembre pour tenter de trouver des solutions pour sortir les jeunes du cycle de l’isolement et de la violence.

Avec les informations de Laïssa Pamou

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