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Le cauchemar d’une autre fermeture pour plusieurs travailleurs de Belledune

Tommy Vienneau parle à la caméra devant la fonderie Brunswick.

La fermeture de la fonderie de Belledune rappelle de mauvais souvenirs à ce travailleur, Tommy Vienneau.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Plusieurs travailleurs de la fonderie de Belledune éprouvent un amer sentiment de déjà vu, alors qu’ils ont déjà perdu leur emploi dans des conditions similaires au cours des dernières années. Certains d'entre eux ont déjà été à l'emploi de la papetière AbitibiBowater, fermée en 2008, et d'autres de la mine Brunswick, qui a cessé ses activités en 2013.

Tommy Vienneau fait partie de ces travailleurs qui ont été foudroyés par cette mauvaise nouvelle pour la deuxième fois. Pour moi ce n’est pas la première fois, parce que j’ai vécu ça à travers Bowater. C’est pas un bon feeling, parce que tu ne sais pas l’avenir, ce qui va se passer.

Une annonce trop rapide

M. Vienneau déplore la façon dont l’annonce a été communiquée. Selon lui, il aurait fallu mieux préparer le terrain, comme cela a été le cas pour les autres fermetures.

La mine Brunswick avait par exemple annoncé qu’elle cesserait ses activités dix ans à l’avance, ce qui avait permis au gouvernement de mettre en place un plan de transition sur plusieurs années.

Bowater au moins, ils ont donné un avertissement, une bonne secousse avant. Ici, c’est à la dernière minute. Ils l’ont tout de suite mis sur les médias. Ils l’ont même pas dit à l’union [au syndicat] ou aux travailleurs. C’est triste.

Conséquences chez les jeunes familles

Le travailleur s’inquiète des répercussions que cette fermeture aura sur l’économie, mais aussi sur la qualité de vie des jeunes familles.

Dans le temps que le moulin Bowater a fermé, ça a causé [des désastres], le monde s’est suicidé. Ç'a causé beaucoup de problèmes.

Tommy Vienneau, travailleur de la fonderie de Belledune

Il lance un cri du coeur au gouvernement et garde espoir. Ça prend de l’ouvrage aux alentours d’ici. On a trop perdu.

La fonderie de Belledune s’ajoute à une longue liste de fermetures dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Fermetures en série dans le nord du Nouveau-Brunswick

  • En 2005, la papetière Smurfit-Stone a cessé ses activités à Bathurst. La faillite de l’entreprise a entraîné la mise à pied de 270 travailleurs

  • En 2012, la centrale d’Énergie NB à Dalhousie a fermé. Environ 85 personnes ont perdu leur emploi et la centrale a été démolie

  • En 2013, la mine Brunswick, près de Bathurst, a aussi fermé. Environ 1000 employés ont été mis au chômage

La priorité, c'est l'employé

Un travail important s'annonce à Belledune, selon Lorio Roy, qui a présidé le comité d'ajustement de la mine Brunswick, qui a fermé ses portes en 2013 près de Bathurst.

Lorio Roy dehors dans un paysage hivernal.

Lorio Roy a été le président du comité d'ajustement de la mine Brunswick.

Photo : Radio-Canada

S’appuyant sur cet exemple, M. Roy souligne que c’est l’engagement de trois partenaires - les employés, l’employeur et le ministère - qui permet aux travailleurs et à la communauté de surmonter un revers économique de cette amplitude.

La priorité, c'est l'employé, dit Lorio Roy. Ils vivent un stress psychologique très fort, ils ont des obligations financières, des raisons familiales. Cette anxiété et ce stress sont bien présents, même s'ils ne sont pas toujours visibles, rappelle-t-il d'ailleurs.

À la mine Brunswick, on savait depuis de très nombreuses années que la mine était vouée à disparaître, ce qui n'est évidemment pas le cas à Belledune. Chaque employeur a un style, une façon d'annoncer [une fermeture], laisse tomber M. Roy. Il exhorte maintenant les différents intervenants à se tourner vers l'avenir immédiatement, pour le bien de la communauté.

Un comité de transition

Un comité d'ajustement peut jouer un rôle important, souligne-t-il, et permettre aux employés de se réapproprier des habiletés pour retourner sur le marché du travail. Le défi est considérable, parce que les opérateurs de machines, les machines qu'ils opèrent à Belledune, il n’y en a pas ailleurs, il faudrait qu’ils s’expatrient. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à s’expatrier.

Un comité comme ça doit avoir la porte ouverte, doit avoir les moyens de penser à de la formation, de l'intégration, des possibilités d'adaptation, des sessions de comment prendre sa retraite. Il faut vraiment avoir un très large éventail d'options et ne pas avoir de limites, indique M. Roy.

D'après un reportage de Serge Bouchard

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