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Les pêches ont des retombées plus importantes que l’agriculture

Deux hommes manipulent de l'équipement de pêche sur un bateau.

Des pêcheurs au débarquement de leurs prises au quai. (archives)

Photo : Radio-Canada

Joane Bérubé

De nouvelles données du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) montrent que le secteur des pêches et de la transformation génère un pourcentage de retombées plus important dans son milieu que le secteur agroalimentaire.

Pour chaque tranche de 10 millions de dollars de vente, l’industrie des pêches entraîne des retombées de 7 millions de dollars et génère 69 emplois, comparativement à 6 millions de dollars et 61 emplois pour l’industrie agroalimentaire.

Même si la taille des deux industries est loin d’être comparable, les ventes dans le secteur des pêches étaient en 2018 de 648 millions de dollars, tandis que celles de l’industrie alimentaire avoisinent 22 milliards de dollars, au prorata, l’impact de l’industrie des pêches est donc supérieur.

Une très large proportion, soit 94 % des débarquements de poissons et de fruits de mer, est transformée au Québec.

Le directeur adjoint de la planification des politiques économiques au MAPAQ, Félicien Hitayezu, explique que c’est cette transformation locale qui permet de maximiser les retombées. La production se fait ici, la transformation se fait ici. Toutes proportions gardées, le fait que l’activité se passe comme une chaîne intégrée de la production et de la transformation, il y a une valeur ajoutée relativement importante qui reste au Québec.

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe.

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La majorité des retombées de la pêche profite donc à des Québécois. Pour chaque dollar de vente, 67 ¢ servent à payer des travailleurs québécois ou à rétribuer des entreprises locales.

Le secteur permet aussi de créer 3400 emplois directs et 1100 emplois indirects.

Ces données tirées du Portrait de la filière de la pêche maritime et de la transformation des poissons et des fruits de mer 2018 mettent en lumière la particularité d’une industrie principalement concentrée dans trois régions du Québec, soit la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.

À titre d'exemple, plus de 50 % des 3400 emplois du secteur des pêches et de la transformation des produits marins se trouvent en Gaspésie.

Années exceptionnelles

Les pêches et la transformation de leurs produits sont aussi une industrie qui se porte bien.

Quelque 46 000 tonnes métriques de poissons et crustacés ont été débarqués en 2018 sur les quais de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, des Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord. La crevette, le homard et le crabe représentent à eux seuls 71 % des prises et 92 % de la valeur des débarquements.

Un crabe des neiges fraîchement pêché.

Les prises sont nombreuses depuis le début de la saison de la pêche au crabe des neiges dans la Péninsule acadienne, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Les ventes des années 2017 et 2018 ont été exceptionnelles, soit 698 millions de dollars en 2017 et 648 millions de dollars en 2018. Les valeurs au débarquement ont aussi été à la hausse, soit 388 millions de dollars en 2017 et 337 millions de dollars en 2018.

À titre comparatif, les ventes étaient de 401 millions de dollars en 2013.

Si les données ont légèrement fléchi en 2018, c’est en partie attribuable à la baisse des quotas de crevettes nordiques et aux perturbations occasionnées par les mesures de gestion de la baleine noire, notamment chez les homardiers gaspésiens.

Les Québécois consomment annuellement pour près de 900 millions de dollars de produits marins. Seulement 19 % de ces produits proviennent du Québec.

Étal de filets de poissons

Des poissons dans un comptoir de vente

Photo : Ocean Wise

Les poissons et fruits de mer québécois sont principalement vendus sur les marchés extérieurs. Autrement dit, ces retombées et les emplois qui y sont rattachés dépendent essentiellement du marché extérieur, relève M. Hitayezu.

La pêche demeure donc un secteur très sensible aux variations du taux de change avec les États-Unis, où sont dirigés plus de 60 % des produits marins du Québec, ainsi qu’à la bonne ou mauvaise tenue de l’économie américaine.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches