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Les enseignants franco-ontariens encore loin de la grève

Un groupe de citoyens appelle à la mobilisation pour défendre l'éducation.

De tous les syndicats d'enseignants actuellement en négociations avec le gouvernement, l'AEFO est le seul n'ayant pas lancé un vote de grève auprès de ses membres.

Photo : iStock / AndreaObzerova

Rozenn Nicolle

Alors que la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO) annonçait jeudi son intention de déclencher une grève du zèle le 26 novembre en cas d’absence d’entente avec le gouvernement, le syndicat des enseignants francophones de l’Ontario dit poursuivre les négociations avec le gouvernement.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) a confirmé que la négociation se poursuit entre l’AEFO, le gouvernement et le Conseil des associations d’employeurs (CAE). Le CAE représente les 12 conseils scolaires de langue française.

Le syndicat, qui représente tous les enseignants du système scolaire francophone dans la province, a également confirmé qu’aucun vote de grève n’avait eu lieu en date du jeudi 14 novembre.

Un homme dans un studio parle à la caméra.

Le président de l'AEFO, Rémi Sabourin.

Photo : Radio-Canada

Un vote de grève n’est pas prévu tant et aussi longtemps que les discussions progressent positivement, a commenté le président de l’AEFO, Rémi Sabourin, dans une déclaration à Radio-Canada. À plus long terme, il n’écarte cependant pas cette option.

Si le gouvernement maintient son objectif de réduire le nombre d’enseignantes et d'enseignants devant les élèves, il est fort possible que l’AEFO considère de tels moyens de pression.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

Selon Louis Durand, professeur de relations industrielles de l'Université Laurentienne, cette position plus timide du syndicat francophone n’est pas surprenante.

On est très conscient que d’adopter la même attitude n’est pas rentable pour l’instant.

Louis Durand, professeur de relations industrielles de l'Université Laurentienne

On a souvent eu du côté du syndicat des enseignants francophones cette approche de laisser libre cours à la négociation et je pense qu’on est conscient que les gros canons sont la FEEO et la FEESO, explique-t-il.

Louis Durand assis à Radio-Canada Sudbury.

Louis Durand est professeur de relations industrielles de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Selon l’expert, ce sont ces fédérations-là qui sont plus en mesure de mettre la pression sur le gouvernement.

Plusieurs critères à remplir avant de pouvoir être en grève

En plus de vouloir continuer de négocier de bonne foi, l'AEFO doit répondre à plusieurs critères nécessaires avant de pouvoir, légalement, entreprendre une grève.

Selon la Loi sur les relations de travail, qui régit les négociations collectives en Ontario, il faut déjà que le processus de négociation soit entamé, mais aussi qu’on ait fait appel à un conciliateur. Si le syndicat et l’employeur ne parviennent pas à un accord, le conciliateur émet ce qu’on appelle un avis de non-constitution d'une commission (no board report, en anglais).

Une fois l'avis émis, les deux parties doivent attendre une période de 17 jours avant d’entreprendre toute action. Par ailleurs, un préavis de 5 jours est nécessaire pour toute grève ou lock-out. Si toutes ces étapes ne sont pas respectées, un syndicat ne peut pas légalement entrer en grève.

Enfin, une grève doit être votée parmi les membres. Ce n’est qu’une fois que les membres sont majoritairement en faveur d’une grève que le syndicat peut porter ce mandat.

Le vote de grève seul n’autorise pas un syndicat à prendre des actions concrètes en ce sens, mais il est parfois utilisé comme un outil dans le processus de négociation.

Où en sont tous les syndicats?

Sur les cinq syndicats représentant le personnel éducatif en Ontario, un seul a déjà signé une entente de principe, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Les quatre autres sont encore tous à la table des négociations.

La Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO)

  • Représente le plus grand nombre d’enseignants dans la province avec environ 83 000 membres
  • A voté à 98 % en faveur d’un mouvement de grève
  • A déjà annoncé une grève du zèle à partir du 26 novembre

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO)

  • Représente 60 000 membres travaillant dans les écoles secondaires à travers la province

  • Environ 4000 de ces membres travaillent en tant que personnel de soutien dans des conseils scolaires francophones (publics et catholiques)

  • A lancé un vote de grève dont les résultats doivent être connus le lundi 17 novembre

  • A déjà fait appel à un conciliateur

  • A déjà reçu l’avis de non-constitution d'une commission

  • Pourrait légalement entrer en grève, sous réserve du vote des membres, à compter du lundi 17 novembre

  • Dit écarter cette option pour le moment

L’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA)

  • Représente 45 000 membres travaillant dans les écoles élémentaires et secondaires catholiques anglophones de l’Ontario

  • A voté à 97,1 % en faveur d’une grève

  • N’a pas encore fait appel à un conciliateur

L’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO)

  • Représente 11 800 membres travaillant dans les écoles francophones de la province

  • N’a pas lancé de vote de grève

  • N’a pas encore fait appel à un conciliateur

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