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Le gouvernement Legault veut assouplir la définition des aires protégées

S'il est adopté, le projet de loi modifiant la Loi sur la conservation du patrimoine naturel permettrait de donner un nouveau statut de protection à l'île d'Anticosti.

La neige et la banquise devant les côtes de l'île d'Anticosti.

Le ministre de l'Environnement a déposé un projet de loi qui crée un nouveau statut d'aires protégées.

Photo : Radio-Canada

Anne Marie Lecomte

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, a déposé jeudi un projet de loi dans le but de créer plus rapidement, au Québec, des aires protégées dans lesquelles certaines activités seraient permises, comme l'exploitation forestière.

Le ministre Charette a rappelé en conférence de presse à l'Assemblée nationale que l'actuelle Loi sur la conservation du patrimoine naturel a été adoptée il y a 17 ans et qu'elle n'a guère été modifiée depuis ce temps.

Avec ce projet de loi, nous proposons de moderniser le principal outil légal par lequel le Québec crée son réseau d'aires protégées afin d'accélérer le rythme en matière de protection du territoire.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Un extrait du projet de loi va comme suit : Le gouvernement peut, si l'intérêt public le justifie, attribuer à une aire protégée un autre statut de protection, lui appliquer une autre mesure de conservation, modifier la délimitation de son territoire ou mettre fin à sa désignation, peut-on lire dans le projet de loi 46. Par contre, le gouvernement doit alors prendre des mesures pour compenser la réduction des superficies couvertes.

Le Québec dit s'inspirer des meilleures pratiques sur le plan international en proposant de créer deux nouveaux statuts d'aires protégées, plus compatibles avec une utilisation durable des ressources, a déclaré le ministre Charette.

Les deux nouveaux statuts proposés dans le projet de loi sont :

  • l'aire protégée d'utilisation durable;
  • la réserve marine.

Dans l'esprit d'une utilisation durable

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) tient le raisonnement selon lequel en autorisant certaines activités humaines ou économiques, il pourra élargir plus rapidement les aires protégées, et ce, autant à l'égard du Plan Nord que du sud du Québec.

La simple chasse et la simple foresterie avec utilisation durable – donc, on ne parle pas d'une foresterie intensive – empêchaient de couvrir des territoires importants qui méritent d'être protégés.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
Benoit Charette s'exprimant lors d'une conférence de presse.

Archives : le ministre Benoit Charette en conférence de presse

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Il ne s'agira pas, pour autant, d'autoriser n'importe quelle activité dans ces aires protégées, a insisté le ministre.

Le projet de loi introduit un mécanisme de surveillance, a dit Benoit Charette, donc on ne pourra pas faire ce qu’on veut. Ça demeure une aire protégée.

À l'île d'Anticosti, par exemple, toute activité de foresterie pourra se faire dans une optique de développement durable.

Les aires protégées qui sont déjà de catégorie stricte sur l’île d’Anticosti vont être maintenues, a affirmé le ministre de l'Environnement. Et la loi, lorsqu’elle sera adoptée, permettra de protéger l’entièreté de l'île, une avancée significative, selon lui.

Cette protection accordée à Anticosti promouvrait la candidature de cette grande île comme site du patrimoine mondial de l'UNESCO, de l'avis du gouvernement de la CAQ.

Encore loin des cibles

Actuellement, le réseau d'aires protégées s'étend sur 10,03 % du territoire québécois. Plus précisément, un peu moins de 11 % des milieux terrestres et d'eau douce sont protégés. En ce qui a trait au milieu marin, seulement 1,35 % est protégé. C'est loin des cibles que s'était fixées le Québec en 2010, a déploré le ministre Charette qui en a attribué le tort au précédent gouvernement de Philippe Couillard.

Les cibles en question, destinées à être atteintes d'ici la fin de 2020, prévoient la protection de 17 % du territoire continental, comprenant les milieux terrestres et d'eau douce, et de 10 % du milieu marin, correspondant à l'estuaire et au golfe du Saint-Laurent.

D'après Benoit Charette, il est envisageable d'atteindre ces cibles : Au cours de la prochaine année, on entend mettre les bouchées doubles afin de combler ce retard : atteindre les cibles de 2020 et respecter nos engagements internationaux.

Le projet de loi nous sera très utile parce qu’il vient accélérer le processus venant officialiser une aire protégée, a-t-il expliqué.

Collaboration entre ministères

Le ministre de l'Environnement assure que cette éventuelle loi ne lui permettra pas de court-circuiter le ministère de l'Énergie ni celui des Forêts de la Faune et des Parcs par rapport à leurs décisions respectives. On ne court-circuite personne étant donné qu'on travaille ensemble, a-t-il affirmé.

Dans ces aires protégées nouvellement créées, on ne pourra pas parler de grande industrie, dit Benoit Charette. Ce sont des utilisations qui devront être faites dans un concept d'utilisation durable et de protection de la biodiversité [...]

À Anticosti, par exemple, il ne sera pas question de projet de développement pétrolier ou gazier. Pour nous, c'est une question qui est réglée depuis un bon moment, a déclaré Benoit Charette.

Il y a une grande différence entre un territoire qui n'est pas protégé et la protection qu'on va assurer, dit Benoit Charette. On se fie aux plus hauts standards internationaux et ça permet de couvrir plus large.

Réaction de Greenpeace

Marie-Josée Béliveau, chargée de campagne de Greenpeace qualifie de bonne nouvelle cette accélération de la protection du territoire. À la condition, toutefois, que ce nouveau type d'aires protégées ne remplace pas les outils de conservation actuels, a-t-elle fait savoir par courriel à radio-canada.ca.

Les acquis en matière de protection du territoire doivent rester.

Marie-Josée Béliveau, chargée de campagne de Greenpeace

Au sujet d'Anticosti, Mme Béliveau rappelle au gouvernement Legault que les changements dans les statuts et la gestion qui y est associée ne doivent pas se faire sans qu'insulaires et Innus aient leur mot à dire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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