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Le vol de documents du ministre Jolin-Barrette est un bris de sécurité, dit un expert

Le reportage de Nicolas Vigneault

Photo : iStock

Hadi Hassin

Le vol survenu dans la voiture de fonction de Simon Jolin-Barrette ne doit pas être minimisé, même si le ministre affirme qu'il ne s'agit pas de « documents importants », selon l'expert en sécurité Normand Desrochers.

Le ministre se trouvait au bureau du ministère de l'Immigration lorsque les vols ont été commis mercredi soir. Le véhicule était garé dans l’espace qui lui était réservé dans le stationnement de l'édifice Marie-Guyart.

Ce qu’il faut retenir de l’événement comme tel, c’est qu’il y a eu un bris de sécurité, explique l’homme qui a été garde du corps de Jean Charest pendant plusieurs années et responsable de la formation des gardes du corps entre 2014 et 2017.

Normand Desrochers s’étonne qu’un individu ait pu accéder au véhicule du ministre et pénétrer à l’intérieur de celui-ci, considérant que la sécurité publique effectue des patrouilles régulièrement autour des édifices gouvernementaux. Il souligne également qu’il y a présence de caméras autour de ces mêmes édifices.

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Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, en mêlée de presse

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Les règles de base

Normand Desrochers se dit surpris d’apprendre que la portière du véhicule aurait pu être laissée déverrouillée.

Un véhicule barré, c’est la règle numéro un, dit-il. La règle numéro deux, c’est de ne jamais laisser d’équipements électroniques à la vue dans le véhicule.

Les véhicules de fonction sont habituellement munis de GPS. Les GPS figurent également parmi les objets à protéger.

Ce sont quand même des véhicules assez luxueux, ajoute-t-il. Il y a des systèmes d’alarme à l’intérieur. Et la première chose à faire quand on est garde du corps, c’est qu’on débarque du véhicule et on s’assure que le véhicule est verrouillé.

M. Desrochers souligne que les GPS contiennent aussi des adresses sensibles. Vous débarquez pour faire le plein d’essence, vous décrochez le GPS, vous le mettez dans votre poche et en revenant dans le véhicule, vous le remettez à l’intérieur, explique-t-il.

Une responsabilité partagée

Il ne faut pas tenir pour acquis que le garde du corps est peut-être responsable. Il va y avoir une enquête. Maintenant, quelles sont les instructions que le ministre a laissées à son garde du corps?, demande-t-il.

Normand Desrochers.

Normand Desrochers a été garde du corps de Jean Charest pendant plusieurs années.

Photo : Radio-Canada

Les responsabilités du garde du corps sont multiples, rappelle aussitôt Normand Desrochers.

Il veille non seulement à la sécurité de la personnalité qu’il doit protéger, mais également au véhicule qu’il conduit et aux éléments qui peuvent s’y retrouver. Les articles qui appartiennent au ministre sont donc aussi une responsabilité du garde du corps.

Il peut néanmoins arriver que les demandes varient. La décision de laisser ou non des objets dans le véhicule de fonction se prend souvent à la suite d'échanges verbaux.

Au dire de l’ancien garde du corps, ne rien laisser dans le véhicule lors d'activités ministérielles est pratiquement impossible.

Le garde du corps ne peut pas partir dans un événement avec la valise d'un ministre et avoir quelque chose dans une main. On a besoin de nos deux mains pour intervenir.

Normand Desrochers

Selon l’ancien policier, cet incident pourrait conduire à un changement de directives de sécurité pour les ministres. La Sûreté du Québec a par ailleurs ouvert une enquête jeudi pour faire la lumière sur cet incident.

Avec la collaboration de Nicolas Vigneault

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