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La Mission d'Ottawa demande la création de logements abordables pour réduire l'itinérance

Les locaux de l'organisme La Mission d'Ottawa, situés sur la rue Waller.

L'organisme La Mission d'Ottawa offre un logement d'urgence, des repas chauds et de l'aide sociale aux gens dans le besoin.

Photo : Radio-Canada / Laura Glowacki

Radio-Canada

Les listes d'attente pour obtenir un logement abordable ont augmenté de près de 15 % à Ottawa au cours de la dernière année. Une situation qui inquiète la Mission d'Ottawa.

Le directeur général de l’organisme rappelle que l’objectif de la Ville en 2013 était de réduire l’utilisation des refuges de 40 % en 10 ans. Pourtant, selon un rapport publié par la Mission d'Ottawa, 8000 personnes sont encore itinérantes à Ottawa.

Si l’objectif était de réduire l’utilisation des refuges de 40 %, le nombre d’utilisateurs s’établirait aujourd’hui à 5150, en voie de baisser à 3862 d’ici 2023. Nous constatons au lieu que ce chiffre frôle les 8000 personnes, a affirmé Peter Tilley.

Le nombre de personnes qui ont eu recours au refuge d'urgence au cours de la dernière année a quant à lui augmenté de 6,5 % par rapport à l'année précédente.

La Mission d’Ottawa en quelques chiffres

  • 1358 repas servis quotidiennement
  • 195 personnes hébergées par jour
  • Taux d’occupation moyen de 109 % en 2018 et 2019
  • 759 gestions de cas par année
  • 193 personnes logées avec succès entre 2018 et 2019

Source : Rapport 2018-2019, la Mission d’Ottawa

Selon la Mission Ottawa, tous les gouvernements doivent travailler ensemble pour améliorer la situation à Ottawa et dans le reste du pays.

Nous sommes reconnaissants envers la Ville d’Ottawa pour l’investissement de 15 millions de dollars prévu dans le budget préliminaire, mais c’est trop peu. La gravité et l’urgence de la crise appellent maintenant l’implication des gouvernements fédéral et provincial face aux moyens limités de la Ville pour réunir des fonds dans la lutte contre l’itinérance, a ajouté M. Tilley.

Selon un sondage téléphonique mené par Nanos Research pour le compte de la Mission, 29 % des répondants jugent que l'itinérance est la principale préoccupation à l’échelle municipale, dépassant l’environnement, le maintien de l’ordre, l’entretien des routes et le train léger.

Aussi, 38 % des répondants croient que tous les ordres de gouvernement et d’autres intervenants doivent s’occuper du dossier.

Le sondage a été mené auprès de 801 résidents de la Ville d’Ottawa, entre le 22 octobre et le 1er novembre 2019. La marge d’erreur est de ±3,5 points, 19 fois sur 20.

M. Tilley présente les résultats d'un sondage aux médias, derrière un lutrin. À ses côtés, Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset.

Peter Tilley, directeur général de la Mission d’Ottawa, un refuge pour sais-abri

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Pour améliorer la situation, la Mission d’Ottawa recommande entre autres aux différents gouvernements de mieux financer les unités de logement abordable et les organismes qui s'en occupent, de bonifier les allocations au logement, de prévoir du logement abordable dans les nouveaux quartiers résidentiels et de mieux sensibiliser le public aux causes de l’itinérance.

Manque important de logements abordables

Même si les personnes itinérantes d’Ottawa réussissent à trouver un toit temporaire, c'est l'obtention d'un logement à long terme qui demeurerait un défi.

Selon le conseiller Mathieu Fleury, le véritable enjeu est le manque criant de logements abordables. La solution passe, selon lui, par de meilleures politiques au niveau fédéral en matière de construction de logements locatifs.

On investit beaucoup dans le logement d’urgence, pas assez dans le logement abordable. Quand on n’investit pas dans le logement, les gens ne sont pas logés et ne sont pas stables. Alors, on ne peut pas avancer dans les prochaines étapes, que ce soit toxicomanie, santé mentale ou emploi, fait remarquer le conseiller du quartier Rideau–Vanier.

Il dénonce du même souffle l’augmentation des logements à court terme, entre autres du type Airbnb. C’est tout près de 1200 unités à Ottawa chaque soir qui ne sont pas disponibles pour louer de façon plus permanente, ajoute M. Fleury.

Le directeur général de la Mission d'Ottawa répond qu’il faut des actions concrètes de tous les niveaux de gouvernement pour construire davantage de logements abordables dans la ville.

En plaçant davantage de gens dans des logements abordables, ils ne vont pas se retrouver dans des logements d’urgence lors des soirées glaciales, fait remarquer M. Tilley.

Il aimerait aussi la création de mesures incitatives pour la construction de logement abordables, comme il y en a du côté de Montréal.

D’après les informations de Jean-François Poudrier

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