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La possible privatisation de Cannabis NB inquiète les médecins et l'opposition

La devanture d'un magasin de Cannabis NB.

La société de la Couronne responsable de la vente et de la distribution du cannabis récréatif au Nouveau-Brunswick, Cannabis NB, a ouvert 20 magasins le 17 octobre 2018, mais elle n'est pas encore arrivée à rentabiliser ses activités.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick lance un appel d’offres visant à confier à une entreprise privée la vente et la distribution de cannabis à usage récréatif. Cette annonce suscite des inquiétudes auprès de certains chefs de l'opposition ainsi qu'auprès de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

David Coon, le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, se dit déçu de cette décision et s’inquiète des conséquences de la privatisation du marché sur la santé et la sécurité des jeunes. Un tel secteur devrait être encadré par le gouvernement, a-t-il soutenu.

Le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick (SMNB), le Dr Chris Goodyear, s'inquiète lui aussi des répercussions de la privatisation sur la santé de la population. Bien que nous comprenions les défis financiers auxquels le gouvernement fait face, il est important que la politique gouvernementale place la sécurité publique au premier plan de toutes les décisions concernant la vente de cannabis, a-t-il souligné dans une déclaration écrite.

Le Dr Goodyear soutient que le cannabis peut être légal, mais qu'il n'est pas sans danger. Il demande au gouvernement de placer l'éducation du public, la santé et la sécurité au centre de toutes les discussions concernant la vente de cannabis.

Le député de la circonscription de Dieppe-Centre—Lewisville, Roger Melanson, reconnaît que le modèle actuel mérite d'être revu, mais qu'il attend encore des réponses pour se prononcer sur le processus en cours. Apparemment, certaines entreprises ont déjà été engagées avec le gouvernement. Qui sont-elles et disposent-elles d'informations privilégiées qui leur confèrent un avantage sur la demande de propositions? Le ministre a refusé de répondre aux questions concernant le marché « gris ». Le gouvernement recevra-t-il des revenus ou sera-t-il perdu pendant la durée de ce contrat?

Le chef de l'Alliance des gens, Kris Austin, salue pour sa part la décision du gouvernement progressiste-conservateur, mais il souhaiterait aller plus loin encore en autorisant le libre marché plutôt qu'un monopole, rapporte la Presse canadienne.

En matière de vente de cannabis, l’encadrement est prioritaire, selon l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’école des hautes études publiques de l’Université de Moncton.

Pierre-Marcel Desjardins en entrevue dans les studios de Radio-Canada Acadie

Le gouvernement ne peut plus financer la vente déficitaire de cannabis et il doit plutôt se concentrer sur les services de santé et d’éducation, estime l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’école des hautes études publiques de l’Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Au fond, ce qui est important, c’est la règlementation, les règles du jeu, c’est l’encadrement pour s’assurer que c’est fait d’une manière appropriée. Que ce soit le privé ou le public, on peut atteindre cet objectif-là. Donc, au fond, la propriété de qui le vend, pour moi, est moins importante que d’avoir la bonne règlementation, le bon encadrement pour s’assurer que ce soit acceptable de la manière que c’est fait, explique le professeur Desjardins.

Problèmes financiers

La société Cannabis NB est une filiale d’Alcool NB. Elle n’est pas arrivée à rentabiliser ses activités depuis l’ouverture de ses 20 magasins en octobre 2018.

Après un examen minutieux et approfondi du modèle de gestion actuel pour la vente de cannabis à des fins récréatives et une analyse des solutions de rechange, nous avons conclu que l'approche la plus favorable pour les contribuables et le gouvernement du Nouveau-Brunswick était de nous tourner vers le secteur privé, explique le ministre des Finances et du Conseil du Trésor, Ernie Steeves.

Quelques dizaines de personnes attendent aux portes à l'ouverture du magasin.

Bien des consommateurs faisaient la queue à l'ouverture des magasins de Cannabis NB le 17 octobre 2018, comme ci-dessus à Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Les entreprises qui souhaitent répondre à l'appel d'offres ont jusqu’au 10 janvier 2020 pour le faire. La proposition retenue, s’il y en a une, pourrait être annoncée au printemps prochain, estime le gouvernement. La transition vers le nouveau modèle se déroulerait plus tard durant l’année.

Le gouvernement progressiste-conservateur minoritaire compte présenter cet automne les modifications nécessaires à la Loi sur la Société des alcools du Nouveau-Brunswick.

Plus de produits compétitifs

Le président et chef de la direction de Cannabis NB, Patrick Parent, a précisé dans une déclaration écrite que le processus de mise en vente de Cannabis NB appartient au gouvernement provincial. Pendant ce temps, et ce, jusqu'au changement de modèle de distribution, il souhaite continuer à fournir une expérience pédagogique exceptionnelle, le meilleur rapport qualité-prix et des produits plus compétitifs.

Il veut également rassurer les consommateurs sur l'arrivée des produits comestibles.

En outre, je veux rassurer nos consommateurs sur le fait que nous nous emploierons à proposer une sélection de produits comestibles légaux dans les prochains mois, a-t-il ajouté.

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Nouveau-Brunswick

Cannabis