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« J'y pense tous les jours » : Robert Latimer se confie 25 ans après sa condamnation

Le Saskatchewanais Robert Latimer confie qu'il pense tous les jours à son acte et à sa condamnation, 25 ans après avoir été condamné pour le meurtre de sa fille de 12 ans, lourdement handicapée.

Photo : La Presse canadienne / GEOFF HOWE

Omayra Issa

Vingt-cinq ans après sa condamnation pour avoir tué sa fille de 12 ans lourdement handicapée, Robert Latimer maintient que son geste était justifié et demande de nouveau au gouvernement fédéral de le gracier.

Le 24 octobre 1993, Robert Latimer mettait fin à la vie de sa fille, Tracy, par empoisonnement au monoxyde de carbone. Elle ne pouvait ni parler, ni marcher, ni s'alimenter seule. Il avait avoué l’avoir asphyxiée avec le gaz d’échappement de sa camionnette.

La douleur que j’ai causée en la tuant est inférieure à la douleur qui l’accablait, a affirmé Robert Latimer, maintenant âgé de 66 ans, lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada.

Le 16 novembre 1994, soit un an après les faits, le juge Ross Wimmer, de la Cour du Banc de la Reine de la Saskatchewan, condamne le père de famille à la peine minimale, soit la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Robert Latimer tient sa fille Tracy sur ses genoux. Tous deux sourient en regardant vers la gauche.

Robert Latimer et sa fille Tracy dans leur maison de Wilkie, en Saskatchewan (archives).

Photo : La Presse canadienne / Maclean's/La Presse Canadienne

« Je n’ai rien fait de mal »

Aujourd’hui libre, l’homme ne se cache pas. Il vit dans sa ferme en Saskatchewan, mais admet que la vie n’est pas toujours facile.

Il ressent le poids du jugement, dit-il, en donnant en exemple le moment où l’un de ses petits-fils lui a raconté qu'on lui parle de son grand-père en classe.

C'est difficile de savoir que ma famille est évoquée dans des écoles catholiques, explique-t-il.

Même après un quart de siècle, Robert Latimer confie qu’il pense à la mort de sa fille tous les jours.

Malgré tout, il demeure persuadé qu’il n’a rien fait de mal.

Ce que j’ai fait était juste. Ce qu’ils [le système judiciaire] ont fait ne l’était pas.

Robert Latimer

Demande de révision judiciaire

En juillet 2018, Robert Latimer a demandé à être gracié ou à subir un nouveau procès.

Il espère toujours que le premier ministre du Canada révisera sa condamnation. Il a d'ailleurs envoyé plusieurs lettres à Justin Trudeau ainsi qu’à l’ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.

Je veux que ma condamnation soit révisée, affirme Robert Latimer, convaincu qu’il a été victime d’une erreur judiciaire.

Je garde espoir. J’ai toujours gardé espoir.

Robert Latimer

Joint par téléphone à Vancouver, son avocat, Jason Gratl, indique que le processus peut prendre des années.

Si Robert Latimer venait à être gracié, sa condamnation serait radiée de son dossier judiciaire et il ne serait plus sous libération conditionnelle.

Il ajoute toutefois que cela ne changera pas le fait qu'il a mis fin à la vie de sa fille Tracy ni aux circonstances de sa mort. 

Dans une réponse à Radio-Canada, le ministère fédéral de la Justice dit qu’il serait inapproprié de commenter un cas spécifique.

Il précise toutefois qu’il y a plusieurs étapes dans la révision d’une condamnation, soit une évaluation préliminaire, une enquête, le dépôt d’un rapport d’enquête et une décision du ministre.

Droit à mourir : encore du travail à faire

L’affaire Latimer a suscité un débat sur l'euthanasie au Canada.

Même s’il se réjouit du jugement de la Cour suprême du Canada qui autorise l'aide médicale à mourir dans certains cas, Robert Latimer croit que les dispositions actuelles peuvent être améliorées. Selon lui, la société évolue trop lentement sur la question.

Ma fille n’aurait pas pu bénéficier de l'aide médicale à mourir. Elle était beaucoup trop jeune.

Robert Latimer

Au chapitre de l’aide médicale à mourir, Robert Latimer affirme qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

À voir : Tout le monde en parlait - L'affaire Latimer

Revivez cette saga judiciaire qui a mobilisé l’opinion publique et soulevé des questions fondamentales sur la justice au Canada. L'épisode du 14 juin 2011 de Tout le monde en parlait en retrace toutes les étapes.

L'affaire Latimer

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Saskatchewan

Aide médicale à mourir