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La définition de l'identité métisse ne fait pas consensus

Deux drapeaux métis avec un symbole de l'infini à l'horizontale, l'un des drapeaux est bleu et l'autre est rouge.

La définition de l'identité métisse ne fait pas consensus d'un bout à l'autre du Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Définir l’identité métisse est complexe et suscite bien des débats. Dans son récent ouvrage Distorted Descent : White Claims to Indigenous Identity, Darryl Leroux qui est professeur à l'Université Saint Mary's, en Nouvelle-Écosse, avance qu’il n’y a qu’un peuple métis.

M. Leroux s’intéresse au phénomène de l' auto-autochtonisation qu’il attribue à l’est du Canada. On voit que les gens se créent une identité autochtone basée sur des connaissances généalogiques. On remonte aux années 1600, on trouve un ancêtre autochtone et, ensuite, on utilise ça pour se dire Autochtone, affirme-t-il.

Le professeur soutient que les Premières Nations sont contre ce mouvement que l’on retrouve surtout au Québec, mais aussi en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, aux États-Unis, au Vermont et au New Hampshire et un peu aussi dans l’est de l’Ontario.

Ce phénomène ne cadre pas avec la définition de Métis, selon Darryl Leroux. Pour moi, il y a un peuple métis qui est situé à la rivière Rouge, à Winnipeg, lance-t-il. Évidemment, il y a des personnes métisses qui vivent un peu partout au Canada ces jours-ci. Il y a une diaspora métisse.

Il souligne que 75 % de Québécois de descendance française ont une infime ascendance autochtone, souvent due à une femme autochtone née avant 1650. Si, aujourd'hui, chaque personne avec cette ascendance-là se disait Métisse ou Autochtone, il y aurait entre 8 et 10 millions de nouveaux Autochtones au Canada, conclut-il.

L’auteur croit qu’il est beaucoup plus difficile dans l’Ouest canadien de se créer une nouvelle identité autochtone parce qu’il y a une proportion d'Autochtones beaucoup plus importante .

Denis Gagnon, chercheur et professeur à l’Université de Saint-Boniface, à Winnipeg, n’adhère pas à cette vision de l’identité métisse. Selon moi, le problème, c’est qu’au Canada il n’y a pas de vrais ou de faux Métis, affirme-t-il.

Selon les recherches que je fais, j’observe qu’il y a une attitude particulièrement agressive de certains Métis de l’ouest envers les Métis de l’est et envers les autres Métis au Canada. C’est un symptôme qui reflète une profonde insécurité identitaire.

Denis Gagnon, chercheur et professeur à l’Université de Saint-Boniface

Celui qui était jusqu’en 2013 à la tête de la Chaire de recherche du Canada sur l’identité métisse croit que, plutôt que d’avoir une vision inclusive, certains préfèrent effacer toute trace de ces autres communautés métisses pour dire que les seuls Métis du Canada sont ceux de la rivière Rouge .

Les droits autochtones au cœur de la lutte identitaire

On est face à une lutte identitaire complexe qui concerne en particulier la revendication des droits autochtones, explique le chercheur. Il ajoute que le gouvernement fédéral demande aux Métis du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta de fournir un registre de leurs membres.

Malheureusement, depuis 2004, le registre n’avance pas. Ça a coûté 35 millions de dollars et il y a juste 50 000 Métis enregistrés sur les 270 000 qui se définissent comme Métis dans les provinces de l’ouest.

Plutôt que de transmettre un registre, Denis Gagnon remarque que les Métis de l’ouest préfèrent accuser les Métis de l’est de fraude sur le plan ethnique.

Selon moi, c’est une accusation grave parce que, s’il faut faire une espèce de nettoyage ethnique dans ce cas, cette tâche-là revient aux tribunaux et non pas à des activistes universitaires.

Avec les informations des émissions Le 6 à 9 et L'actuel

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