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Il est urgent de « rétablir l'ordre » à Hong Kong, dit le président chinois Xi

Des hommes et des femmes en tenue de ville sont rassemblés à l'extérieur. Plusieurs lèvent la main droite en l'air.

Dans le quartier des affaires de Hong Kong, des milliers de travailleurs sont sortis à l'heure du dîner pour bloquer des rues, en soutien à d'autres rassemblements organisés dans la mégapole.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Radio-Canada

Les « activités illégales violentes » des manifestants prodémocratie de Hong Kong ont « sérieusement bafoué l'État de droit et l'ordre social », remettant « gravement en cause le principe "Un pays, deux systèmes" », a déclaré jeudi le président chinois Xi Jinping.

Ces propos ont été tenus jeudi en marge du sommet annuel du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), à Brasilia, au moment où l’ex-colonie britannique est plus paralysée que jamais par les tactiques d'« éclosion généralisée » adoptées par les protestataires.

La tâche la plus urgente pour Hong Kong en ce moment est de mettre fin à la violence et au chaos et de rétablir l’ordre, a aussi dit le président chinois, cité par les médias officiels chinois.

Sur Twitter, le Global Times, porte-voix du régime en langue anglaise, ne manque pas de souligner qu’au terme d’une rencontre avec la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, il y a 10 jours, M. Xi avait déclaré que le rétablissement de l’ordre était une tâche importante plutôt qu’urgente.

Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois, réclame pour sa part des mesures fortes pour contenir et mettre fin à la violence. Si vous attendez en voyant un incendie, il brûlera tout. La meilleure façon est de l'éteindre avant qu'il ne se propage, peut-on y lire jeudi.

Plus d'effectifs pour la police de Hong Kong

Ces propos s’ajoutent à d’autres qui traduisent l’exaspération des autorités chinoises face au mouvement qui déchire l’ex-colonie britannique, où les résidents bénéficient de plus grandes libertés que les autres Chinois en vertu du principe Un pays, deux systèmes.

Hong Kong glisse dans les abysses du terrorisme, a déclaré mercredi un responsable du bureau de liaison du gouvernement chinois à Kong Kong, en demandant aux autorités locales de réprimer plus sévèrement les manifestants.

Le président Xi marche au milieu d'une garde d'honneur.

Le président chinois Xi Jinping, à son arrivée à une rencontre des dirigeants des pays du BRICS, jeudi, à Brasilia.

Photo : Reuters / Pavel Golovkin/Pool

La police de Hong Kong, qui compte quelque 30 000 agents, admet pour sa part manquer d’effectifs, en annonçant sa volonté de recruter 100 gardiens de prison de plus pour grossir ses rangs.

Les émeutes en cours [...] en raison de leur ampleur, leur simultanéité dans différents quartiers et leur niveau de violence, rendent nécessaire un renfort pour les policiers qui se trouvent en première ligne, a déclaré un porte-parole de la police dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, le Global Times avait avancé que le gouvernement de Hong Kong allait annoncer un couvre-feu pour la fin de semaine. Son tweet a cependant été supprimé une demi-heure plus tard, et le gouvernement de Hong Kong a affirmé qu’il s’agissait d’une rumeur sans fondement.

Les écoles ferment, les universités interrompent les sessions

Mercredi soir, le gouvernement de Hong Kong a décrété la fermeture de toutes les maternelles et les écoles du territoire pour jeudi, un geste sans précédent depuis le début des manifestations, en juin.

L’Université chinoise de Hong Kong et l’Université baptiste ont pour leur part annoncé qu’ils mettaient un terme aux sessions en cours, les campus semblant avoir été transformés en champs de bataille.

Plan éloigné d'un bâtiment universitaire devant lequel des briques jonchent le sol. Plusieurs personnes vêtues de noir font le guet devant le bâtiment.

Les manifestants prodémocratie attendaient les forces de l'ordre de pied ferme, mercredi, sur le campus de l'Université baptiste de Hong Kong. Les briques posées par terre visent à empêcher la progression des policiers.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Jeudi, des axes routiers vitaux pour la ville continuaient d’être obstrués par des barricades de fortune constituées de briques et d'objets divers, et les transports publics étaient toujours perturbés.

À l’heure du dîner, une partie des employés du quartier des affaires ayant réussi à rallier leur bureau se sont joints aux divers rassemblements organisés à travers la mégapole et ont bloqué des rues.

Beaucoup de jeunes ont été blessés dans les affrontements avec la police, donc nous devons sortir, a expliqué un juriste, Chan, à l'AFP.

Des gaz lacrymogènes pour les étudiants

La police a aussi procédé jeudi matin à des tirs de gaz lacrymogènes à proximité de l'Université polytechnique de Hong Kong, où les manifestants étaient appelés à se rassembler. Elle accuse les émeutiers d'avoir tiré des flèches sur plusieurs policiers qui effectuaient une patrouille.

Des étudiants ont effectivement déployé au cours des derniers jours un nouvel arsenal contre la police, notamment des catapultes artisanales et des arcs et des flèches.

Des manifestants vêtus de noir utilisent une catapulte de fortune.

Des étudiants utilisent une catapulte montée tout près des locaux de l'Université baptiste de Hong Kong.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Sur le campus de l'Université polytechnique, les manifestants ont érigé des murs en briques et des barricades avec du ciment et du mortier, en prévision d'une intervention de la police.

J'attends avec impatience l'arrivée de la police, a déclaré un manifestant vêtu de noir, disant s'appeler Ah Fai.

Les scènes de violence se sont multipliées à travers tout le territoire cette semaine, après qu'un manifestant eut été blessé par une balle tirée à bout portant par un policier. Selon le gouvernement, 70 personnes ont été hospitalisées mercredi et plus de 140 autres ont été arrêtées.

Depuis l'abandon début septembre du texte visant à autoriser les extraditions vers la Chine, à l'origine du mouvement de contestation, le gouvernement hongkongais refuse toute nouvelle concession aux manifestants.

Les contestataires, qui craignent l’emprise de plus en plus grande de Pékin sur Hong Kong, réclament notamment la mise en place de véritables élections au suffrage universel et une enquête indépendante sur le comportement de la police.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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