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Fonderie de Belledune : un comité de transition pour les travailleurs prend forme

Le député discute avec trois gréviste devant l'usine

Le député libéral de Restigouche-Chaleur, Daniel Guitard, (le troisième de gauche à droite ci-dessus) a rencontré jeudi des travailleurs de la Fonderie Brunswick sur leur piquet de grève.

Photo : iStock / Michèle Brideau

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick compte offrir une certaine aide aux travailleurs de la fonderie de Belledune qui perdent leur emploi.

L’entreprise Glencore, propriétaire de la fonderie, a annoncé sa décision définitive de fermer les installations à la fin de l’année, ce qui entraînera la perte de 420 emplois.

Des représentants du gouvernement et de différents secteurs se sont concertés jeudi soir. Cette réunion officialise la création d'un comité de transition qui aidera les employés touchés à réorienter leur carrière et la région à surmonter la perte d'un employeur majeur.

Denis D. Caron, président-directeur général du port de Belledune, a assisté à cette première réunion qui s'est, selon lui, très bien déroulée. Il affirme que la priorité pour le moment est de s'occuper des employés.

Priorités à court terme :

  1. Déterminer s'il existe d'autres perspectives d'emploi pour les employés dans la province;
  2. Vérifier s'il y a des formations qui pourraient être offertes;
  3. Mettre en place des services de soutien émotionnel pour les employés et leur famille, comme une ligne téléphonique sans frais pour ceux qui ont des questions immédiates.
Sept hommes debout dans une petite salle de réunion

Plusieurs intervenants ont participé à la réunion qui a jeté les bases du comité de transition, dont le vice-premier ministre Robert Gauvin (au fond à droite).

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Priorités à moyen et long terme :

  1. Dresser un inventaire des projets en cours dans la région;
  2. Accélérer la mise en oeuvre de ces projets sur le plan de la réglementation ou du soutien;
  3. Déployer une stratégie de développement économique de concert avec le gouvernement et la région.

Nous, on va donner toutes les ressources qu’on peut, le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, côté réorientation des employés, réorientation de carrière, a promis jeudi matin le vice-premier ministre Robert Gauvin au micro de l'émission radiophonique La matinale, d'ICI Acadie.

Des travailleurs devant la fonderie sous la neige.

Glencore Canada a décidé de fermer définitivement sa fonderie située à Belledune.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Une délégation du gouvernement provincial s’est rendue à Belledune dans la journée de jeudi. Trevor Holder, ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, et Jeff Carr, ministre de l'Environnement et des Gouvernements locaux, accompagnaient Robert Gauvin.

L’objectif premier était d’écouter les gens, affirmait M. Gauvin en soirée. Tout de suite, on est dans les solutions à court terme, a-t-il mentionné au Téléjournal Acadie, jeudi soir, évoquant la question des pensions des travailleurs et de possibles indemnités de départ.

Robert Gauvin en entrevue.

Robert Gauvin, vice-premier ministre.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Pour que tout le Nouveau-Brunswick fasse bien, le Nord est important, insiste M. Gauvin. Donc, on va y mettre les ressources nécessaires.

On est dans une économie de transition dans cette région, fait valoir le vice-premier ministre. Les gens de l'industrie privée [...], ils ont beaucoup de solutions, la chambre de commerce est vibrante.

Robert Gauvin explique avoir eu une « brève discussion très positive » avec le député fédéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier. Ce dernier promet aussi son aide.

Je vais rencontrer les leaders de nos communautés et les dirigeants d’entreprises bientôt afin de déterminer le soutien nécessaire et les options à court et moyen termes. Nous travaillerons ensemble afin de trouver des opportunités commerciales diversifiées pour la région. Je peux vous assurer que je ferai tout en mon pouvoir pour soutenir les employés, leur famille, les entreprises locales et la communauté, durant cette période difficile, a affirmé de son côté le député fédéral dans une publication sur Facebook.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, dit vouloir éviter un exode des travailleurs du nord du Nouveau-Brunswick vers d’autres provinces. Nous travaillerons en étroite collaboration avec l'entreprise et la communauté pour aider les personnes touchées pendant cette période difficile, a-t-il déclaré en conférence de presse, jeudi.

Malgré les circonstances, le premier ministre s’est dit encouragé de son entretien de mercredi soir avec les représentants de Glencore. L’entreprise remplira ses obligations environnementales en décontaminant le site, soutient-il, et lui a assuré que les pensions seraient versées aux travailleurs qui y ont droit. Il n’y aura pas de surprises de ce côté, assure le premier ministre.

Blaine Higgs devant des drapeaux du Canada et du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre Blaine Higgs le 14 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada

Ils ne se sauvent pas. Ils vont tirer le meilleur d’une mauvaise situation. C’est peu de réconfort quand quelqu’un retourne devant sa famille après avoir perdu un emploi, mais il est encourageant que la compagnie perçoive le Nouveau-Brunswick comme un endroit favorable au travail, mais malheureux que ça ne fonctionne pas, économiquement, dit M. Higgs.

Blaine Higgs a voulu rappeler que beaucoup de travailleurs de la province prendront leur retraite dans les prochaines années. Nous avons beaucoup d'emplois ici. Ils ne sont pas nécessairement dans cette industrie, déclare-t-il.

Par ailleurs, M. Higgs a souligné en conférence de presse que son gouvernement ciblerait des initiatives porteuses d’emplois à long terme. De l'argent a été dépensé depuis 2008, a-t-il dit. Qu'est-ce qui s'est amélioré? Qu'est-ce qui a changé? Les gens ont déménagé. [...] Simplement dire qu'on va investir un autre 50 millions dans le nord ne signifie pas que ce sera un projet viable pour le futur, parce qu'on a vu que ça n'a pas marché.

Il souligne par ailleurs que le mandat d’Opportunités Nouveau-Brunswick était en train d’être révisé, afin de concevoir des plans de développement spécifiques pour chacune des 12 régions de la province.

La décision de Glencore est définitive

Le premier ministre Blaine Higgs, le ministre Trevor Holder et le vice-premier ministre Robert Gauvin ont eu une réunion d'urgence mercredi soir avec les représentants de Glencore.

Le soleil se lève au loin sur une usine et une affiche sur laquelle on peut lire Fonderie Brunswick.

Le soleil se lève sur la Fonderie Brunswick à Belledune au lendemain de lendemain de l'annonce de sa fermeture.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Nos questions étaient orientées sur ce qui allait se passer avec les gens qu’on laisse derrière, c’est-à-dire les gens de la région Chaleur. Puis, la compagnie nous a assuré qu’ils allaient être de bons citoyens corporatifs et qu’ils allaient donner des indemnités de départ. On nous a aussi indiqué qu’il y a à peu près une centaine de personnes qui [ont droit] à des pensions de retraite sur les 420. On nous a aussi assuré que la fermeture n’avait aucun lien avec le conflit de travail qui existait depuis des mois, rapporte Robert Gauvin.

La nouvelle de la fermeture est difficile à encaisser, souligne-t-il.

Pour moi, c’est un coup de poing dans l’estomac. On a une province, et le nord aussi, qui vieillit. C’est plus urgent que jamais d’amener des jeunes dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Robert Gauvin, vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick

Aucune aide financière publique n’aurait pu éviter la fermeture de la fonderie, ajoute-t-il, à la suite de la discussion de mercredi soir.

On a posé la question : "Est-ce que le gouvernement précédent, le nôtre ou les autorités municipales auraient pu faire quelque chose pour prévenir une telle situation?" [...] L’argent qu’on aurait donné aurait été de l’argent jeté aux poubelles. C’est ce qu’on nous a dit hier, explique Robert Gauvin.

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