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Cessez-le-feu fragile dans la bande de Gaza après deux jours d'affrontements

Des hommes masqués et en treillis militaire tiennent des armes dans leurs mains au milieu d'une foule.

Des combattants du Djihad islamique assistent aux funérailles d'un de leurs combattants, jeudi, à Khan Younis, dans la bande de Gaza.

Photo : Getty Images / AFP/SAID KHATIB

Agence France-Presse

Un fragile accord de cessez-le-feu est entré en vigueur jeudi matin dans la bande de Gaza après deux jours de combats entre les forces israéliennes et le Djihad islamique qui ont fait plus d'une trentaine de morts dans l'enclave palestinienne.

Pour tenter de freiner cette nouvelle spirale de violence, l'émissaire de l'ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, s'est rendu mercredi au Caire afin de tenter de mener avec les Égyptiens - qui bénéficient d'une forte influence sur Gaza et de relations officielles avec Israël - une médiation en vue d'une désescalade urgente.

Jeudi, un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur à 5 h 30 locales dans la bande de Gaza, ont indiqué à l'AFP une source égyptienne au fait de la médiation et un haut responsable du Djihad islamique.

Dans la matinée de jeudi, l'armée a cependant fait état de cinq projectiles tirés depuis la bande de Gaza vers Israël, indiquant que le système antimissile Dôme de fer en avait intercepté deux.

Cet accord de cessez-le-feu intervient à la suite des efforts de l'Égypte et a reçu l'aval des factions palestiniennes, y compris le Djihad islamique, a indiqué le haut responsable égyptien.

Selon ce responsable, l'accord stipule que les factions palestiniennes doivent s'assurer de maintenir la paix lors de manifestations contre le blocus israélien sur Gaza et pour le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres.

De son côté, Israël doit arrêter ses frappes et s'assurer d'un cessez-le-feu lors de ces manifestations de la marche du retour, qui depuis mai 2018 ont fait plus de 300 morts et des milliers de blessés dans la bande de Gaza, a ajouté la même source.

Une source au sein du Djihad islamique a confirmé l'accord à l'AFP. Un responsable militaire israélien avait, quant à lui, indiqué mercredi soir à l'AFP que l'armée israélienne allait mettre fin à son opération à Gaza si le Djihad islamique cessait les tirs de roquettes vers Israël.

Une famille décimée dans une ultime frappe israélienne

Avant le cessez-le-feu, dans la nuit de mercredi à jeudi, huit membres d'une même famille palestinienne ont été tués dans une frappe israélienne, selon le ministère gazaoui de la Santé.

L'armée israélienne a indiqué jeudi qu'un commandant du Djihad islamique, à la tête d'une cellule chargée de tirer des roquettes sur Israël, Rasmi Abou Malhous, en était la cible et avait été tué dans la frappe.

Des habitants de la bande de Gaza et des membres de sa famille ont eux affirmé qu'il s'agissait d'un policier de l'Autorité palestinienne.

Des hommes prient devant les dépouilles de sept personnes.

Des Palestiniens prient devant les dépouilles de sept membres d'une même famille tués dans une frappe israélienne, jeudi, à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza.

Photo : Getty Images / AFP/MAHMUD HAMS

Ces décès portent à 34 le nombre de morts à Gaza dans des frappes israéliennes visant depuis mardi le Djihad islamique, un groupe armé de l'enclave palestinienne dirigée par un autre mouvement islamiste, le Hamas, qui, lui, n'a pas été visé.

La séquence avait débuté mardi à l'aube avec une opération ciblée israélienne contre Baha Abou al-Ata, un haut commandant du Djihad islamique tenu responsable par Israël d'une série d'attaques récentes contre l'État hébreu.

450 roquettes palestiniennes tirées sur Israël

Dans la foulée, le Djihad islamique a lancé plus de 450 roquettes sur Israël, selon l'armée israélienne, qui a de son côté multiplié les frappes aériennes contre les positions de ce groupe islamiste armé à Gaza, enclave où vivent environ deux millions de Palestiniens.

Dans les régions israéliennes à proximité de Gaza, les sirènes d'alerte retentissent depuis mardi, et dans un rayon de 40 km autour de l'enclave, les services publics ont été fermés encore mercredi.

Plusieurs femmes sont dans un sous-sol; deux sont couchées sur un lit, deux autres sont assises devant un écran d'ordinateur.

À Ashkelon, de nombreux Israéliens ont trouvé refuge dans des abris en raison des tirs de roquettes palestiniens.

Photo : Getty Images / AFP/GIL COHEN-MAGEN

Une roquette a endommagé une maison, une deuxième une usine, et une autre encore est tombée sur une autoroute, passant à quelques mètres de foudroyer des voitures en circulation.

Cessez vos attaques, ou vous prendrez encore plus de coups, a prévenu mercredi le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Nous sommes déterminés à combattre et à défendre notre pays, et s'ils pensent que ces salves de roquettes vont nous affaiblir ou nous faire perdre notre détermination, ils se trompent.

Benyamin Nétanyahou, à l'endroit du Djihad islamique

Cette séquence est la plus meurtrière depuis des heurts entre soldats israéliens et palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade américaine.

Cette décision avait entériné la reconnaissance par les États-Unis de cette ville contestée comme capitale d'Israël.

Contrairement au Djihad islamique, le Hamas a approuvé il y a plusieurs mois une trêve avec Israël négociée par l'entremise de l'ONU, de l'Égypte, pays frontalier de Gaza, et du Qatar, émirat du Golfe, prévoyant notamment l'entrée mensuelle de millions de dollars en aide pour l'enclave palestinienne, où le taux de chômage avoisine les 50 %.

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