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Winnipeg lance un appel d'offres pour deux bâtiments patrimoniaux de Saint-Boniface

L'édifice de l'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface, dans Winnipeg.

L'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Gavin Boutroy

Winnipeg a publié son appel d’offres pour la vente de l'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface, au 219, boulevard Provencher, et pour la vente de l'ancienne caserne de pompiers, située juste derrière. Cependant, vu leur statut de bâtiments patrimoniaux, il n’y a aucune garantie que ces bâtiments trouveront des acheteurs.

La Ville de Winnipeg indique que l’appel d’offres sert à jauger l’intérêt existant pour ces édifices dans le marché immobilier. Selon un porte-parole, l’appel met l’accent sur les projets qui tiennent compte de l'importance historique et culturelle des bâtiments.

En effet, dans la liste de critères pour l’évaluation d’éventuelles offres, une pondération de 40 % sera accordée à la compatibilité du projet avec la valeur patrimoniale des édifices, et le respect du plan secondaire du nord de Saint-Boniface.

Les autres critères concernent le prix d’achat et d’autres considérations financières (20 %), la possibilité que le projet soit réalisé sans l’appui de fonds de la Ville (20 %) et l’expérience du promoteur (20 %).

Dans l’appel d’offres, la Municipalité précise qu’elle est ouverte à des propositions concernant l’achat des deux bâtiments ensemble, ainsi que des propositions concernant l’achat de l’hôtel de ville seulement ou de l’ancienne caserne de pompiers seulement.

Le défi des bâtiments patrimoniaux

L’appel d’offres précise aussi que les bâtiments seraient vendus « tels quels », c’est-à-dire que l’acheteur potentiel est responsable de leurs défauts. Selon Normand Gousseau, le directeur général d'Entreprises Riel, l'achat de tels bâtiments pose bien des défis.

Leur désignation patrimoniale limite ce que les acheteurs pourront en faire, même s’il s’agit de les restaurer. En ce qui concerne l’ancien hôtel de ville, qui est actuellement utilisé, c’est l’entièreté de l’extérieur du bâtiment qui jouit d’une protection patrimoniale, ainsi qu’une large portion de l’intérieur.

Essentiellement ce que vous voyez, c’est ce qui doit rester, lance M. Gousseau.

Un bâtiment, sur le frontispice duquel on peut lire : Station de feu No 1, A.D. 1901, et qui comporte une tour carrée. Derrière on peut voir la tour de l'hôtel de ville.

L'ancienne caserne de pompiers, à l'avant-plan, et l'hôtel de ville de Saint-Boniface derrière.

Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Borduas

L’extérieur du 212, rue Dumoulin, l’ancienne caserne de pompiers de Saint-Boniface, est aussi protégé. À l’intérieur, ce sont tous les panneaux au plafond et sur les murs en métal gaufré qui jouissent d'une protection patrimoniale.

Or, ce bâtiment est en moins bon état que l’hôtel de ville, n’ayant pas été occupé depuis des années, selon M. Gousseau. C’est un édifice qui a été complètement négligé par la Ville dans les dernières 15 à 20 années. Le chauffage a été essentiellement non existant, la peinture et des éléments de l’édifice tombent à l’intérieur, parce qu’il a été négligé, c’est ce qui arrive quand il n’est pas occupé.

Je pense qu’il a du potentiel, mais ce serait très cher, dit-il, en ajoutant que les protections patrimoniales plus limitées pourraient le rendre plus souple quant à des utilisations possibles.

Avant tout, Normand Gousseau souhaite que la Ville continue à s’occuper de ces bâtiments. Sans quoi, leur protection ne sera pas garantie, dit-il.

Les bâtiments patrimoniaux appartiennent « à la communauté »

La directrice générale d’Heritage Winnipeg, Cindy Tugwell, est dubitative quant à cette mise en vente. Selon elle, les bâtiments patrimoniaux n’appartiennent pas à la Ville, mais à tous les membres de la communauté.

Les résidents doivent être inclus dans les discussions, sans quoi ce processus de vente ne peut pas bien se dérouler, dit-elle. En général, elle pense que Winnipeg n’est pas assez proactive dans la consultation de la population en ce qui concerne le sort de bâtiments patrimoniaux. Elle espère aussi que la Ville examinera de très près tout acheteur.

Un bon plan d’affaires, c’est de ne pas acheter un bâtiment patrimonial si on n’a aucun intérêt pour le patrimoine.

Cindy Tugwell, directrice générale de Heritage Winnipeg

Les lots concernés dans cet appel d’offres n'incluent ni le Jardin des sculptures ni le bâtiment qui abrite les bureaux du Festival du Voyageur.

La photo montre l'édifice de l'hôtel de ville vu d'un coin du jardin de sculptures. On y voit quelques sculptures, de la verdure et des sentiers.

Le Jardin de sculptures qui entoure l'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface est une initiative de la Maison des artistes visuels.

Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Borduas

Les personnes intéressées pourront se manifester jusqu'au 28 février prochain. Des portes ouvertes pour les acheteurs potentiels sont prévues le 4 décembre et le 8 janvier.

Avec les informations de Chloé Dioré de Périgny

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