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analyse

Devant les caméras, démocrates et républicains affinent leurs stratégies

Les élus des deux partis s’engagent dans une bataille pour convaincre l’opinion publique américaine de destituer ou non Donald Trump.

William Taylor et George Kent debout et vus de dos.

William Taylor et George Kent prêtent serment au début des audiences publiques de l'enquête en vue de destituer le président des États-Unis, Donald Trump.

Photo : La Presse canadienne / Jim Lo Scalzo/AP

Raphaël Bouvier-Auclair

En se présentant devant les caméras (et donc devant les Américains), les représentants démocrates et républicains étaient déjà au courant de l’essentiel des témoignages des diplomates qui avaient été entendus à huis clos quelques semaines auparavant.

Leur objectif était clair : faire ressortir les éléments de ces témoignages qui pourraient appuyer le message qu’ils tentent de partager avec la population américaine.

Les élus les plus influents du comité du renseignement, le démocrate Adam Schiff et le républicain Devin Nunes, représentent peut-être des districts californiens qui ne sont situés qu’à quelques centaines de kilomètres l’un de l’autre, mais au cours de l’audience de mercredi, leurs priorités n’auraient pas pu être plus éloignées.

Autre parti, autres éléments à mettre de l'avant

Dans le camp démocrate, les élus ont surtout tenté de ramener la conversation autour de la question de fond : le président Trump a-t-il abusé de ses pouvoirs et fait pression sur l’Ukraine pour que Kiev déclenche des enquêtes, notamment sur les activités dans ce pays du fils de l’ancien vice-président Joe Biden.

Question après question, au fil des témoignages de diplomates expérimentés et non partisans, les démocrates ont tenté de braquer les projecteurs sur le président. Quel rôle Donald Trump a-t-il joué? Était-il lui-même impliqué dans le gel de l’aide militaire à l’Ukraine, en attendant une annonce formelle du déclenchement d’enquêtes?

Côté républicain, le président et son rôle dans cette affaire semblaient bien loin d’être une priorité. De nombreuses questions ont plutôt porté sur l’implication du fils de Joe Biden au sein d’une entreprise ukrainienne, sur laquelle le président voulait que Kiev se penche.

Des interventions venant du camp républicain visaient aussi à soulever des doutes sur la crédibilité des témoins, en mettant l’accent sur le fait que les diplomates présents devant le Congrès n’étaient au courant des gestes reprochés au président que par personnes interposées.

L'image du dôme se dessine dans le ciel.

À Washington, vue du Capitole au lever du jour

Photo : The Associated Press / J. Scott Applewhite

Ce scénario, selon lequel démocrates et républicains semblent évoluer dans des univers politiques parallèles, n’a rien de nouveau. On l'a par exemple également constaté dans le cadre des comparutions liées au rapport Mueller.

En jetant un coup d’oeil aux principales chaînes télévisées d’informations en continu à heure de grande écoute, on constate par ailleurs que ce phénomène n’est pas limité à la classe politique.

Or, dans le cas présent, s’ils entendent mener leur procédure de destitution à terme, les démocrates devront faire tomber certaines barrières partisanes, et convaincre davantage d’Américains que la preuve qu’ils détiennent justifie que le président Trump soit ultimement démis de ses fonctions à moins d’un an d’un scrutin présidentiel.

Malgré des mouvements ces derniers mois, les sondages dressent le portrait d’un électorat toujours très divisé sur une éventuelle destitution. Un récent coup de sonde mené par Politico/Morning Consult révélait par ailleurs que 60 % des Américains n’avaient pas l’intention de changer leur opinion sur cette question.

Les étapes de la procédure de destitution :

  • Des comités de la Chambre mènent des enquêtes et tiennent des audiences publiques.

  • Le comité judiciaire doit déterminer s’il y a matière à accusation.

  • La Chambre tient un vote sur ces accusations (majorité simple requise).

  • Le Sénat détermine si le président est coupable et démis de ses fonctions (majorité des deux tiers requise).

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