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Des étudiants manifestent pour le désinvestissement des énergies fossiles à l'UBC

Des gens sont couchés par terre, d'autres sont debout derrière.

Une quarantaine d'étudiants de l'Université de la Colombie-Britannique, membres d'Extinction Rebellion, ont protesté contre les investissements dans les énergies fossiles, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Timothé Matte-Bergeron

Toute la semaine, des membres du groupe écologiste Extinction Rebellion manifestent à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) pour exiger que l’institution mette fin à tout investissement dans l’énergie fossile, dans la foulée d’un mouvement qui prend de l’ampleur sur les campus nord-américains.

Mercredi, une quarantaine de militants de l’organisation se sont ainsi donné rendez-vous devant le Nest, un bâtiment multifonctionnel au coeur de la vie étudiante de l'UBC.

Alors que la majorité d’entre eux participaient à un die-in, symbolisant la mort qui les attend si les changements climatiques ne sont pas combattus assez férocement, d’autres militants simulaient la réunion d’un groupe de travail qui donne son avis au Conseil des gouverneurs sur le financement responsable.

[L'UBC] doit jouer un rôle dans la "délégitimation" de l’industrie fossile, a affirmé un faux membre de ce Comité sur les politiques d’investissement responsable.

Les vrais membres du comité, qui existe réellement, se réuniront la semaine prochaine.

Une table avec des gens alentours et des pancartes, un bâtiment en arrière-plan.

Les membres d'Extinction Rebellion ont simulé la réunion d'un comité qui conseille l'université sur le financement responsable.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Ils doivent recommander au Conseil des gouverneurs de l’Université de la Colombie-Britannique, qui gère le fonds de dotation de l’établissement, un désinvestissement total des énergies fossiles d’ici 2025, réclame la branche locale d’Extinction Rebellion.

Le Conseil se réunira à son tour en décembre.

Le fonds de dotation (endowment fund, en anglais) d’une université est un fonds d’investissement généralement financé par des dons, mais aussi, entre autres, par le développement immobilier sur les terres appartenant à l’établissement.

Celui de l’Université de la Colombie-Britannique, d’une valeur de 1,75 milliard de dollars, est le plus élevé au Canada après celui de l’Université de Toronto. Le rendement du fonds permet par exemple de financer des bourses étudiantes et de recherche.

L'UBC prétend être un leader en matière de durabilité, mais c’est faux, affirme la militante Mayaan Kreitzman. Ils investissent un montant énorme dans un avenir sombre pour leurs propres étudiants.

Selon l’organisation, l’université investit actuellement plus de 100 millions de dollars dans le domaine des énergies fossiles.

L'UBC est quand même un pôle de science, et c’est la science qui a mis à jour toutes ces découvertes sur le réchauffement climatique, soutient le post-doctorant Pierre-Yves Musso, un autre militant. Ce serait bien que ces pôles mettent leur action en terme économique en accord avec les recherches qui y sont menées.

Un homme regarde en avant, on aperçoit en arrière une banderole sur laquelle il est écrit "Rebel for Life".

Pierre-Yves Musso, post-doctorant en neuroscience à UBC, fait partie d'Extinction Rebellion.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Un mouvement actif depuis des années

Kate Hodgson fait partie, elle, du groupe UBCC350, qui réclame depuis cinq ans une sortie complète des hydrocarbures. Elle rappelle que les étudiants d’UBC, en 2014, ont voté à 77 % en faveur d’une telle proposition. Les membres de la faculté, un an plus tard, ont voté à 62 % pour les appuyer.

C’est la responsabilité de notre institution de nous servir, nous les étudiants, avant les compagnies pétrolières, lance l’étudiante de 22 ans.

C’est une crise morale, sociale, et notre institution, qui est censée nous préparer pour le futur, a aussi une responsabilité de combattre cette industrie qui est en train de détruire notre futur

Kate Hodgson

L’Université de la Colombie-Britannique, en 2016, a rejeté la possibilité de procéder à un désinvestissement, plaidant que la décision de se départir de ses parts dans les compagnies pétrolières n’était pas une décision profitable financièrement.

Elle a par la suite mis sur pied un fonds spécialement dédié à des initiatives vertes, qui exclut expressément les énergies fossiles, appelé Sustainable Future Pool.

À 16 millions de dollars, il constitue environ 1 % de la valeur du fonds de dotation. Une manière de donner l’impression qu’ils font quelque chose, selon Kate Hodgson.

Des gens étendus sur les pavés, une banderole les surplombe.

Les membres d'Extinction Rebellion ont procédé mercredi à leur habituel « die-in », qui symbolise la mort qui les attend si les changements climatiques ne sont pas combattus assez vivement.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

D’autres initiatives en cours à UBC

Par courriel, le vice-président aux finances du Conseil des gouverneurs de l’Université, Peter Smailes, répond que l’administration étudie actuellement comment rendre le fonds de dotation plus vert.

Nous travaillons à raffiner notre approche pour investir de manière plus responsable, écrit-il. Un plan d’action sera présenté à la prochaine réunion du Conseil, le 5 décembre.

Une initiative de l’Université de la Californie, qui a exclu en septembre de son fonds de dotation tous ses actifs dans les énergies fossiles, sera examinée lors de cette rencontre, promet M. Smailes.

Le fonds de dotation de l’institution publique californienne, qui vaut 13,4 milliards de dollars, comptait, avant cette décision, 150 millions de dollars d’actifs liés à l’industrie pétrolière et gazière. Ils risquaient de ne pas produire un fort rendement à long terme, se sont alors justifiés les responsables de sa gestion, Jagdeep Singh Bachher et Richard Sherman.

La pression ne se relâchera pas, prédit Kate Hodgson, qui est heureuse de voir Extinction Rebellion militer aussi en faveur du désinvestissement. Notre mouvement deviendra juste plus fort.

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