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Arsenic : des parents d'autres quartiers de Rouyn-Noranda veulent faire tester leur enfant

Vue de la fonderie.

Des parents qui résident dans d'autres quartiers de Rouyn-Noranda qui n'ont pas fait l'objet d'une étude de biosurveillance s'inquiètent.

Photo : Radio-Canada

Jean-Marc Belzile

Des parents de Rouyn-Noranda demandent de savoir si leurs enfants sont surexposés à l'arsenic. Ils ont entamé leurs propres démarches afin de savoir si leurs enfants sont aussi affectés.

Une étude de la santé publique révélait en mai dernier que les enfants du quartier Notre-Dame, à proximité de la Fonderie Horne, étaient en moyenne quatre fois plus exposés à l'arsenic que les enfants d'Amos.

Nous, on est dans le quartier juste à côté du quartier qui a été ciblé, donc on se dit, "Nos enfants qu'en est-il?" On a donc fait les démarches pour avoir une prescription de médecin pour pouvoir tester nos enfants, nous affirmait Émilie Auclair en juin dernier.

Émilie Auclair est assise dans une chaise dehors.

Émilie Auclair a dû se résigner à faire des prises de sang pour déceler la présence d'arsenic chez ses enfants.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Elle tentait par tous les moyens de savoir si ces enfants étaient aussi surexposés à l'arsenic.

Tu veux l'information, mais en même temps, tu ne sais pas si tu la veux parce qu'une fois que tu l'as, comment tu vas la traiter? J'étais donc hyper nerveuse de faire les démarches, ajoutait Émilie Auclair, qui est aussi la conjointe du député fédéral d'Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Lemire, n'aura finalement jamais trouvé un endroit qui aurait pu analyser les ongles ou les cheveux de ses enfants.

Un quartier résidentiel tout près d'une fonderie de cuivre.

Des enfants qui habitent dans le quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, sont surexposés à l'arsenic, une substance cancérigène.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Elle a dû se résigner à faire des prises de sang pour déceler la présence d'arsenic. Le résultat, reçu en octobre, était négatif. Une bonne nouvelle en soi, mais pas tellement représentative.

Selon la santé publique, cette donnée est inutile puisque l’arsenic y a durée de vie de seulement quelques heures dans le sang.

D'autres parents font les mêmes démarches

Maude Letendre et son conjoint Daniel Tardif, qui demeurent dans le quartier de l'Université, ont aussi voulu savoir si leurs enfants étaient touchés, mais sans succès.

Maude Letendre et Daniel Tardif posent ensemble, enlacés.

Maude Letendre et Daniel Tardif ont voulu savoir si leurs enfants étaient affectés par les émissions d'arsenics, mais n'ont pas réussi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Selon eux, il serait primordial d'étendre l'étude sur tous les enfants de la ville afin que les parents ne vivent plus dans l'incertitude.

Ce serait le point de départ. Il me semble qu'il n'y a rien de plus important que des enfants, c'est l'avenir, c'est ce qu'on est. La santé des enfants devrait être plus importante que la profitabilité d'une compagnie, affirme Daniel Tardif.

C'est sûr que nous ça nous préoccupe , il n'y a pas une journée, je pense qu'il n'y a pas une heure qu'on n’y pense pas.

Daniel Tardif

C'est le principe de précaution, si on sait qu'il peut y avoir un problème, allons au bout des choses, c'est là où l'argent devrait aller, pour s'assurer qu'il n'y a pas des enfants qui vont être handicapés à vie de cette exposition [...] La question s'est posée et se pose encore, ça revient souvent, est-ce qu'on s'en va parce qu'on a peur pour nos enfants, s'inquiète Maude Letendre.

Émilie Auclair abonde dans le même sens et souhaite que la Direction de la Santé publique chapeaute l'étude.

C'est une immense responsabilité qui ne devrait pas nous être attribuée. Je veux dire comme maman, dans ma "to do list" dépister mes enfants à l'arsenic, ce n’était pas vraiment dans mon plan de match, se désole-t-elle.

Daniel Tardif et Maude Letendre ont aussi pris la décision de faire analyser leur sol l'été dernier.

Daniel Tardif dans son jardin.

Daniel Tardif et Maude Letendre ont fait analysé leur sol l'été dernier.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

On voulait savoir si on pouvait manger nos légumes. Les résultats n'étaient pas inquiétants, affirme Daniel

Malgré tout, le couple ne souhaite pas courir de risque et ils ont décidé de cesser d'utiliser l'eau de leur récupérateur de pluie et ils ont installé une toile par-dessus les légumes.

Ils songent à déménager

Daniel, Maude et Émilie admettent tous les trois avoir songé à déménager pour s'éloigner de la fonderie.

De la façon dont je le réfléchis, si on se met dans la peau de quelqu'un qui habite pas ici et qu'on leur demanderait est-ce que je déménagerais à un endroit où je sais que les enfants ont de l'arsenic dans le corps? La réponse c'est non. Maintenant, je suis potentiellement dans cet endroit alors qu'est-ce que je fais? Est-ce que je suis la même logique que j'aurais eue en déménageant? Si la réponse c'est oui, bien ce sera un changement drastique, on verra je ne le sais pas encore, affirme Émilie Auclair

La question s'est posée et se pose encore, ça revient souvent, est-ce qu'on s'en va? Parce qu'on a peur pour nos enfants, ajoute Maude, visiblement ébranlée par l'incertitude engendrée par cette situation.

La Direction de la Santé publique affirme qu'aucune étude chez des enfants n'est prévue pour le moment. Les résultats de la phase deux des tests sont attendus avant de déterminer si une phase trois sera nécessaire.

Une analyse des sols a été effectuée à différents endroits de la municipalité et l'organisation a commencé l'analyse de ces résultats.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé publique