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Les résidents de Richibucto boudent Cannabis NB

Le stationnement de la succursale de Cannabis NB de Richibucto est souvent vide.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Marielle Guimond

Il suffit de passer devant la succursale de Cannabis NB de Richibucto pour constater son impopularité. Le stationnement est pour la plupart du temps vide. Seuls quelques clients la fréquentent sporadiquement et ils achètent en petites quantités.

Selon le rapport annuel de la société, la succursale de Richibucto enregistre les plus faibles ventes par rapport aux 20 succursales réparties à travers la province.

Les ventes de ce village d'un peu plus de 1000 habitants s’élevaient à 360 807 $ lors de l'exercice financier d’octobre 2018 à mars 2019. Cette somme représente 2 % des ventes totales de la société de la Couronne pour cette même période.

Dans un autre village où Cannabis NB a pris pied, à Perth-Andover, l’achalandage est plus élevé. Les ventes ont atteint 590 118 $.

Alors que les bassins de population des deux villages sont semblables, comment se fait-il que les résidents de Richibucto tournent le dos à Cannabis NB?

Le pouce vert des résidents

D’après l’horticulteur et propriétaire des Jardins Notik, Onine Gallant, la culture du cannabis à domicile fait partie des moeurs de plusieurs résidents du coin.

Onine Gallant, dans son garage, devant un mur de produits.

Onine Gallant est horticulteur et propriétaire des Jardins Notik.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, depuis la légalisation du cannabis, il remarque que sa clientèle se diversifie.

Maintenant, Monsieur et Madame Tout-le-Monde a droit de faire pousser ses quatre plantes. Alors, ils viennent me poser des questions.

Onine Gallant, horticulteur et propriétaire des Jardins Notik

Au Nouveau-Brunswick, les citoyens peuvent faire pousser quatre plants de cannabis à la maison. Ses clients sont de plus en plus nombreux à lui demander conseil pour cultiver la plante.

D’après, le député de la région, Kevin Arseneau, la pratique est courante et serait inévitable. On ne se le cachera pas. Je l’ai déjà dit en Chambre. Dans le comté de Kent, on a les connaissances pour faire pousser ce genre de culture là.

L’espace est là, les connaissances sont là aussi. On va s’entendre qu’un plant de cannabis est très semblable à un plant de tomates.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord

Les résidents de la région ont peut-être le pouce vert, mais ils sont aussi à la recherche d’un meilleur rapport qualité-prix, soutient l’horticulteur : Ce que tu vas trouver localement va être de meilleure qualité que ce que tu peux acheter chez Cannabis NB [...] deux fois le prix!

Le député de Kent-Nord est d’avis que, si les régions avaient participé davantage au processus de légalisation et de commercialisation du cannabis, la situation actuelle aurait pu être évitée.

Une pancarte sur laquelle on peut lire TENTE A GROW ENGRAIS LUMIERE

La culture du cannabis à domicile est courante chez les résidents de Richibucto, selon un horticulteur de la région.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

On a concentré ça [la production] dans les villes, dans des grandes usines, des industries. Ça n’a pas les retombées économiques nécessaires à nos régions. Je crois que, s’il y avait des producteurs locaux qui fournissaient Cannabis NB, les consommateurs de chez nous seraient peut-être plus intéressés.

Dans les grands centres, les ventes dépassent le million. Par exemple, à Moncton, sur la rue Main, la succursale a vendu pour 1 526 687 $ de produits lors du même exercice financier.

Ces ventes sont quatre fois plus élevées que celles à Richibucto.

Des baux commerciaux de 15 ans

Changer ce modèle d’affaires n’est pas si simple, notamment puisque Cannabis NB a signé des baux de 15 ans pour ses 20 succursales. Mettre un terme à ces 20 contrats de location coûterait 45 millions de dollars à la société.

C'est près de 45 $ le pied carré pour les succursales de Cannabis NB, quand les succursales d'Alcool NB c'est 19 $ le pied carré.

Une privatisation des 20 points de vente serait alors coûteuse. D’après Kevin Arseneau, la négociation de la location de ces espaces s’est faite de manière précipitée et les loyers en témoignent.

Il y a peut-être pas assez d’études de marché de faites, pas assez de négociations de faites. La création de cette nouvelle entité gouvernementale a mal été gérée. La fermeture n’est pas une option à ce point-ci. Il y a des baux de signés. Il faut revoir la façon de gérer cette situation-là.

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Nouveau-Brunswick

Cannabis