•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des propriétaires montréalais pris à la gorge

Des maison sur une rue de Montréal.

La valeur des immeubles à Montréal a grimpé de 13 % en moyenne dans le rôle foncier 2020-2022, déposé en septembre dernier.

Photo : iStock

Olivier Bachand

Si vous habitez à Montréal, vous avez peut-être reçu votre nouvelle évaluation foncière par la poste au cours des dernières semaines. Dans le rôle foncier 2020-2022, la valeur des immeubles a bondi de 13 % en moyenne, ce qui aura une incidence sur l'avis d'évaluation foncière de nombreux propriétaires.

Sur papier, Suzanne Craig est millionnaire. La valeur de son quintuplex du Plateau-Mont-Royal a grimpé en flèche depuis qu'elle l'a acheté à la fin des années 1990. L'immeuble vaut plus de 1,2 million de dollars, selon la dernière évaluation de la Ville. Il s'agit d'un bond de 22 % en trois ans.

C'est salé pas mal. Je sais que ça se vend cher dans le quartier, le quartier est devenu une attraction on dirait. Mais je ne pense pas qu'on doive uniquement [financer] avec nos immeubles tout ce qui se passe à Montréal, déplore-t-elle.

La valeur des immeubles situés sur le territoire de la Ville de Montréal a grimpé de 13 % en moyenne dans le rôle foncier 2020-2022, déposé en septembre dernier. Dans certains arrondissements, comme Verdun, Le Sud-Ouest, Le Plateau-Mont-Royal et Outremont, c'est encore davantage.

Vous avez des secteurs où les augmentations de valeur sont deux fois plus élevées que la moyenne, c'est évident qu'il va y avoir déplacement du fardeau fiscal vers ces propriétés-là, explique le directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, Hans Brouillette.

La Ville ajuste à la baisse ses taux de taxation pour faire contrepoids à la hausse des valeurs foncières. Un propriétaire verra ses taxes municipales grimper si l'augmentation de la valeur de sa propriété dépasse la moyenne. C'est ce qui attend Suzanne Craig. Si on tient compte des taxes municipales et scolaires, je serai sûrement rendue dans les 12 000 $. Ça fait 1000 $ par mois, dénonce-t-elle.

La retraitée s'inquiète pour son avenir. Elle affirme que la gestion de son quintuplex deviendra déficitaire si jamais son fardeau fiscal s'alourdit davantage ou si elle a des réparations imprévues à effectuer sur son immeuble. Si tout va bien, je vais être correcte, mais si j'ai un pépin majeur, je risque d'être prise à la gorge, et à un moment donné je vais choisir. Si ça ne vaut plus la peine, j'irai vivre ailleurs.

Images génériques de condos à Montréal.

Certains propriétaires, surtout ceux ayant des revenus fixes, ont de plus en plus de difficulté à soutenir la hausse de leur avis d'évaluation foncière découlant de l'augmentation des valeurs foncières.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les prix de l'immobilier en cause

La Ville de Montréal établit ses évaluations foncières en fonction de la construction de nouveaux bâtiments, des améliorations effectuées sur les bâtiments existants et de la croissance des prix de l'immobilier.

Les spécialistes du milieu disent que la meilleure façon de fixer la valeur d'une propriété est de se fier à son prix de vente lors d'une transaction. Pour établir la valeur d'une propriété, la Ville examine notamment le prix de vente d'immeubles comparables dans le même secteur. Les propriétaires sont donc tributaires des transactions immobilières de leurs voisins.

Christiane Fradette en sait quelque chose. La valeur de son duplex de Notre-Dame-de-Grâce a bondi de 15 % pour atteindre près de 900 000 $ dans le dernier rôle foncier 2020-2022. Je l'ai vu concrètement, avec les maisons qui se sont vendues autour de chez moi. Elles se sont vendues à 675 000 $ pour un étage. C'est quand même beaucoup, dit-elle.

Certains propriétaires, surtout ceux qui ont des revenus fixes, ont de plus en plus de difficulté à soutenir la hausse de leurs taxes municipales découlant de l'augmentation des valeurs foncières. Ils ont beau être assis sur « une mine d'or », la hausse de la valeur de leur propriété ne leur rapporte pas de bénéfices, puisqu'ils veulent l'habiter et non la vendre.

C'est pour ces gens que l'organisation Montréal pour tous réclame de l'aide. Il faut des mesures cette année d'atténuation, aider temporairement, des mesures d'aide urgentes, surtout pour les petits commerces, mais aussi pour les petits propriétaires qui ont des revenus qui n'augmentent pas, dit le porte-parole Pierre Pagé.

Il souhaite l'instauration d'un programme de report d'impôt foncier, qui permettrait aux propriétaires de payer une partie de leurs taxes municipales à même le capital généré lors de la vente de leur propriété. À Québec, on a envoyé des lettres, ça dort au gaz. Au ministère des Affaires municipales, l'écoute n'est pas forte forte, déplore-t-il.

Appelée à réagir, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a indiqué que la Ville n'a aucun contrôle sur les paramètres de l'évaluation foncière, qui sont dictés par Québec. Elle promet cependant de ne pas trop alourdir le fardeau fiscal des propriétaires dans le prochain budget municipal, qui sera présenté le 25 novembre. Les taxes ne vont pas augmenter au-delà de l'inflation; on l'a dit, je le redis, ça, c'est le carré de sable que je contrôle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Immobilier