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Plus de 35 000 heures supplémentaires obligatoires depuis l'élection de la CAQ

Des infirmières

Un an après l'élection de la CAQ, le TSO (temps supplémentaire obligatoire) continue d'augmenter contrairement à ce qui avait été promis.

Photo : iStock

Amélie Desmarais

Un an après l'élection du gouvernement Legault, qui avait promis d'éliminer les heures supplémentaires obligatoires dans le réseau de la santé, le recours à ce qu'on appelle le TSO (temps supplémentaire obligatoire) continue d'augmenter en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Des données obtenues par Radio-Canada démontrent que le personnel du réseau de la santé de la région a dû effectuer 20 % plus de temps supplémentaire obligatoire (TSO) entre l'arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) et le premier anniversaire de ce gouvernement.

Cette hausse est deux fois plus importante chez les infirmières : leur TSO a bondi de 40 % au cours de la dernière année.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) a ainsi versé plus de 1,7 million de dollars pour 37 235 heures supplémentaires obligatoires effectuées principalement par des infirmières, du 14 octobre 2018 au 12 octobre 2019.

Le temps supplémentaire global, incluant le TSO, a aussi fait un bond important atteignant plus d'un million d'heures supplémentaires qui ont coûté presque 45 millions de dollars au cours de la dernière année.

On a été rattrapé par la pénurie de main-d'oeuvre, explique le directeur des ressources humaines du CIUSSS MCQ, Louis Brunelle, qui précise que des mesures de recrutement et de rehaussement de postes devraient permettre d'améliorer la situation sous peu.

On ne peut pas dire : "nous, on ferme à 11 h le soir parce qu'on n'a plus assez de monde", dit-il. Et le TSO est principalement fait les fins de semaine, les soirs, et la nuit.

Selon lui, il manque au-delà de 400 préposés aux bénéficiaires, plus de 150 infirmières et 150 infirmières auxiliaires dans la région.

Des directives plus claires exigées

Il va falloir qu'elle [la ministre de la Santé] donne des directives plus claires que présentement, s'exclame la présidente du syndicat des professionnels en soins de la région, Nathalie Perron.

Elle se dit déçue, mais pas surprise des données obtenues.

Sur le terrain, ce qu'on voit, ce sont des membres essoufflés. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'une journée nationale sans TSO avait été instaurée en avril dernier.

Une deuxième journée de grève des heures supplémentaires est prévue ce vendredi.

Malgré la promesse de la ministre de la Santé, Danielle McCann, d'éliminer le TSO, Mme Perron n'a pas l'impression que c'est la priorité dans les établissements de la région.

Au contraire, les rehaussements de postes annoncés par l'employeur en janvier dernier ont été mis en place dans seulement trois centres d'activités et tardent ailleurs dans le réseau. où les besoins sont criants comme dans les CHSLD et les unités de soins spécialisés, selon le syndicat.

En fait, ce qu'on se fait dire par la direction, c'est qu'on n'a pas le temps, affirme Nathalie Perron. Il y a des gens qui s'épuisent, qui tombent au combat, qui partent de la profession, ça fait que ça devrait être une priorité d'organisation, mais ce n'est pas juste trois secteurs que ça prend.

La dame dans son bureau.

La présidente du syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron

Photo : Radio-Canada

La direction du CIUSSS MCQ reconnait qu'elle est toujours débordée par la refonte administrative qui découle de la fusion des établissements de 2015. Le directeur des ressources humaines, Louis Brunelle, ajoute qu'il est confiant de pouvoir accélérer le pas cette année pour freiner l'augmentation du TSO.

42 millions $ pour des arrêts de travail

Les documents obtenus permettent aussi de constater une nouvelle hausse des congés de maladie de plus de cinq jours, dont les coûts ont grimpé de plus de 400 000 $ par mois au cours de la première année au pouvoir de la CAQ.

Le CIUSSS MCQ a ainsi dû payer plus de 42,5 millions de dollars en assurance salaire à ses employés depuis un an.

Encore une fois, les infirmières sont parmi les plus touchées, mais elles sont devancées par les préposés aux bénéficiaires.

C'est beaucoup trop, lance le directeur des ressources humaines au CIUSSS MCQ. La pression au niveau des ressources n'aide pas le taux d'assurance salaire, mais actuellement ce qu'on sent c'est qu'on a stoppé l'hémorragie même si c'est encore beaucoup trop haut.

L'homme assis devant des pancartes sur la santé.

Le directeur des ressources humaines au CIUSSS MCQ, Louis Brunelle

Photo : Radio-Canada

Le CIUSSS MCQ affirme avoir embauché 400 aides de service pour soutenir les préposés aux bénéficiaires qui peuvent profiter depuis l'automne de bourses pour suivre une formation pour devenir eux-mêmes préposés.

Plutôt que d'inviter les futures infirmières à une foire d'emploi comme au cours des années précédentes, des représentants du CIUSSS MCQ visitent maintenant les cégeps et universités pour recruter.

Environ 250 contrats seraient déjà signés en prévision de juin 2020. Une rencontre est prévue avec les syndicats le 21 novembre.

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Mauricie et Centre du Québec

Établissement de santé