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Les paramédics de l’Abitibi-Témiscamingue réclament une hausse du financement

Dès le début de l'année prochaine, il y aura 3 équipes d'ambulanciers pour travailler 24 h sur 24 dans les deux villes.

Le syndicat des paramédics ne s'entend pas avec le ministère de la Santé, car ce dernier affirme que les paramédics de la région en se qualifient pas pour une hausse de financement.

Photo : Radio-Canada

Thomas Deshaies

Le ministère de la Santé estime que le Syndicat des paramédics de l’Abitibi-Témiscamingue ne peut pas bénéficier d’une hausse du financement, comme ce fut le cas dans d’autres régions du Québec. Le syndicat maintient n'est pas d'accord, et l’un des employeurs, Dessercom, croit qu’il y a un enjeu d’iniquité.

Selon le ministère, les données pour l’année 2017-2018 démontrent que la moyenne annuelle des temps de transport des équipes ambulancières dans certains secteurs de la région ne dépasse pas le seuil de 28 heures en moyenne par semaine.

Un ambulancier tient une affiche lors d'une manifestation.

La semaine dernière, lr syndicat des paramédics de l'Abitibi-Témiscamingue attendait François Legault à l'entrée du Forestel, où il devait rencontrer le maire Pierre Corbeil en début de soirée jeudi.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Il s’agit de l’un des critères pour que les ambulanciers ne travaillent plus sur appel, mais soient en poste selon un horaire à l’heure. Toujours selon le ministère, les deux autres critères ne seraient pas non plus respectés.

Moyennes des heures travaillées en 2018-2019

  • Amos : 29:07:23
  • Malartic : 33:15:15
  • Ville-Marie : 27:21:47
  • Seuil : 28 :00 :00

Source: Dessercom.

Or, selon le syndicat, les plus récentes données démontrent au contraire qu’au moins un des critères est rencontré. Selon leur président, Félix-Antoine Lafleur, la moyenne pour le secteur de Malartic en 2018 était de 33 heures.

Une affirmation qui est corroborée par l’entreprise ambulancière Dessercom à l’aide de données du Centre de communication santé (CCS) du gouvernement du Québec.

Des données contestées

Le syndicat croit que le ministère se base, à tort, sur une année de grève (2017), pour évaluer si une hausse de financement est nécessaire dans certaines régions en 2019. Or, cette année ne serait pas représentative.

Les ambulanciers affiliés à la FTQ en Abitibi-Témiscamingue sont en grève

Les ambulanciers affiliés à la FTQ en Abitibi-Témiscamingue avaient fait une grève à l'hiver 2017.

Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti

Les données probantes sont celles de 2018 puisqu’en 2017 nous avions fait la grève et certains de nos moyens de pression étaient entre autres de ne pas remettre les formulaires, ce qui pourrait causer des erreurs dans les données, souligne le président du syndicat, Félix-Antoine Lafleur.

Le MSSS maintient son point

Alexandre Lahaie, attaché de presse de la ministre de la Santé, Danielle McCan, défend la position du ministère.

On entend les revendications de paramédics, mais ils doivent rencontrer un des trois objectifs du MSSS, souligne-t-il. Malheureusement, ils ne se qualifient pas pour cette année, mais rien ne dit qu’ils ne se qualifieront pas pour la prochaine année.

Du côté du ministère de la Santé, on répond par courriel que si notre évaluation révélait qu'un ajout de nouvelles ressources ambulancières était nécessaire dans une zone pour assurer la sécurité des citoyens, celui-ci serait alors considéré. La priorité du MSSS demeure toujours la sécurité de la population.

Le ministère de la Santé précise que la méthodologie, dont le choix de l’année de référence (2017-2018) pour les calculs, a été la même pour toutes les régions « par principe d'équité. »

Des iniquités?

Le syndicat n’est pas la seule entité à s’inquiéter de la situation qui prévaut en Abitibi-Témiscamingue. C’est aussi le cas de l’une des principales entreprises ambulancière de la région, soit Dessercom.

Des documents gouvernementaux consultés par Radio-Canada permettent d’effectuer des comparaisons entre l’Abitibi-Témiscamingue et d’autres régions du Québec.

Dépenses annuelles par habitant

  • Abitibi-Témiscamingue : 140,16 $
  • Côte-Nord : 216,55 $
  • Gaspésie-îles-De-La-Madeleine : 290,32 $

Les sommes totales allouées pour les services préhospitaliers d’urgence sont moins importantes dans la région comparativement à d’autres régions moins populeuses.

Nombre d'ambulances (2018-2019)

  • Gaspésie-îles-De-La-Madeleine : 35
  • Côte-Nord : 31
  • Abitibi-Témiscamingue : 27

Le coordonnateur aux communications pour l’entreprise Dessercom, Francis Brisebois, qualifie cette situation de problématique.

C’est pour cette raison que nous poursuivons nos démarches, en collaboration avec les acteurs impliqués, pour remédier rapidement aux iniquités de la région en ce qui a trait au service préhospitalier offert à la population, précise-t-on par courriel. Nous attendons une réponse de leur part (ministère de la Santé) dans les plus brefs délais afin de connaître les critères utilisés et comprendre pourquoi la couverture ambulancière n’est pas rehaussée à Amos, Malartic et même La Sarre.

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Abitibi–Témiscamingue

Politique provinciale