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L’orang-outan, parent du plus grand singe à avoir foulé la Terre

Illustration artistique d'un Gigantopithecus blacki.

Illustration artistique d'un « Gigantopithecus blacki », le plus grand singe connu.

Photo : Studio Kayama LLC/Ikumi Kayama

Radio-Canada

L’analyse de l’émail d’une dent fossilisée ayant appartenu au Gigantopithecus blacki, le plus grand singe qui ait jamais foulé la surface terrestre, permet de mieux comprendre l’évolution des primates.

Des scientifiques danois de l’Université de Copenhague ont découvert que le Gigantopithecus blacki, une espèce qui aurait vécu sur terre jusqu’à il y a environ 100 000 ans, partage une relation évolutive avec l'orang-outan, qui peuple actuellement les forêts d’Asie du sud-ouest.

Il aurait été un cousin éloigné des orangs-outans, comparativement à d'autres grands singes vivants comme les gorilles, les chimpanzés ou nous.

Frido Welker, Université de Copenhague

En fait, les deux espèces partagent un ancêtre commun qui vivait il y a 12 millions d’années.

C'est la première fois que du matériel génétique aussi ancien est extrait d'un fossile mis au jour dans une zone subtropicale.

Une mandibule fossilisée de Gigantopithecus blacki.

Une mandibule fossilisée de « Gigantopithecus blacki ».

Photo : Wei Wang/Theis Jensen

Pour y parvenir, le biologiste évolutif Frido Welker et ses collègues ont eu recours au séquençage de protéines anciennes. Ce sont les plus vieilles protéines squelettiques jamais analysées.

L'information génétique qu’ils ont extraite permet ainsi d’établir la position évolutive du colosse de 3 mètres de haut et qui pesait jusqu'à 600 kg.

Les seuls restes connus du Gigantopithecus blacki ont été identifiés par le paléontologiste G.H. von Koenigswald en 1935. Il s'agit de quelques dents et d'une mandibule qui auraient été mises au jour dans une grotte du sud de la Chine.

Découvrir de nouveaux ancêtres aux humains

Dans leur étude, les chercheurs danois ont analysé une molaire vieille de 1,9 million d’années. L’équipe a obtenu six protéines différentes constitutives de l'émail du primate. Leur analyse a révélé que ce spécimen était probablement une femelle.

Cette percée technique concernant le séquençage de protéines anciennes permet d'espérer pouvoir remonter encore plus loin dans le temps vers d'autres ancêtres, dont ceux des humains, qui vivaient dans des régions plus chaudes.

Les scientifiques savent que la lignée humaine et la lignée des chimpanzés se sont divisées il y a environ sept ou huit millions d'années.

En outre, avec les technologies précédentes, ils ne pouvaient récupérer que des informations génétiques humaines datant de moins de 400 000 ans.

La présente étude montre donc la possibilité d'étendre la reconstruction génétique des relations évolutives entre nos espèces et les espèces éteintes beaucoup plus loin dans le temps, au moins jusqu'à deux millions d'années, ce qui couvre une partie beaucoup plus importante de l'évolution humaine.

Son détail est publié dans le magazine Nature (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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