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Trafic, le documentaire qui enquête sur les clients de prostituées mineures

La jeune fille est assise et regarde son téléphone.

Ashley témoigne dans le documentaire et met une annonce avec la réalisatrice.

Photo : Picbois productions

Cecile Gladel

« C’est qui, ce gars-là? » Cette question sur les clients des prostituées mineures est au cœur du documentaire Trafic, diffusé mercredi soir sur les ondes de Télé-Québec. Une enquête de la réalisatrice Catherine Proulx.

Après un balado au printemps dernier et des capsules vidéo, la réalisatrice a décidé d’aller plus loin avec un documentaire qui clôt sa quête. Son objectif était de mettre l'éclairage sur les clients de ces jeunes prostituées. Qui sont-ils et pourquoi sont-ils tant attirés par des adolescentes?

Catherine Proulx n’a pas réussi à rencontrer des clients. Je suis sortie [du tournage] avec un grand sentiment d’impuissance et avec l’impression qu’il y a plein de choses que j’aurais préféré ne pas savoir. Mais une fois qu’on les sait, il faut que le plus de gens possible le sachent aussi. C’est assez laid comme portrait de la situation, explique-t-elle en entrevue.

Toutefois, elle pense que le documentaire était nécessaire, même s’il a été difficile à porter. Plus j’avançais et j’apprenais des choses, plus je me disais que le téléspectateur [et la téléspectatrice] ne le savaient pas. Ça révèle une réalité qu’on ne connaît pas.

Aucun profil type du client

Dans Trafic, on apprend qu’il n’y a pas de profil type du client de prostituées adolescentes. Ça peut être un homme criminalisé, un père de famille, un homme d’affaires, jeune ou plus vieux, de toutes les classes sociales.

Il est impossible de tracer un profil, la police le confirme. Les gens consomment à la hauteur de leurs moyens, souligne Catherine Proulx.

On voit le visage de la jeune femme dans le rétroviseur d'une voiture.

La réalisatrice du documentaire « Trafic », Catherine Proulx

Photo : Picbois productions

Si la productrice de l’émission Karine Dubois a été capable d’appeler quelques hommes condamnés pour avoir utilisé les services de prostituées mineures, aucun d’entre eux n’a voulu témoigner.

Parfois, je me dis que tout est fait pour que le client oublie que tout est mis en place pour lui. Je n’en reviens pas que lui-même l’oublie. Je ne peux pas croire qu’ils ne prennent pas deux secondes pour réfléchir à l’impact de leur geste.

Catherine Proulx

Catherine Proulx ajoute que les psychologues à qui elle a parlé expliquent que, pour poser ce geste, les hommes se déresponsabilisent.

Ils ont des mécanismes pour se dire que ce geste n’est pas si grave. Qu'eux ne sont pas violents, ne sont pas méchants. Ils pensent beaucoup en fonction d’eux. C’est très égoïste.

Catherine Proulx

Le client est donc monsieur Tout-le-Monde. Ce n’est pas un groupe marginal, ce ne sont pas des abuseurs ou des pédophiles.

D’ailleurs, la psychologue Line Bernier explique que les clients qui consomment des jeunes filles n’ont pas le même profil que ceux qui sont intéressés par les jeunes enfants.

On voit l'écran d'un téléphone avec le message d'un homme de 62 ans.

Après avoir publié une fausse annonce, la réalisatrice et une jeune femme qui témoigne répondent aux clients.

Photo : Picbois productions

Elle précise que le pédophile est un homme intéressé par des jeunes de moins de 13 ans.

Le psychologue Vincent Paquette ajoute que les clients pensent d’abord à leur besoin sexuel, mais pas à leur responsabilité.

“Est-ce que vous avez conscience que vous êtes des tueurs d’âmes” est une question qui fait souvent réagir les clients en thérapie.

Vincent Paquette

L’attirance pour un corps jeune

Catherine Proulx a aussi constaté que le point commun entre les clients est l’attirance pour un corps jeune, peu importe si la prostituée est mineure ou majeure.

C’est alimenté partout. C’est un problème de société. C'est triste de se rendre compte qu’il existe une demande pour des jeunes corps.

Catherine Proulx

Kevin, un ancien proxénète, souligne dans le documentaire aussi que les clients aiment les jeunes femmes. Il explique qu’à 25 ans, elles sont trop vieilles. La demande pour des jeunes filles est épeurante, ajoute un policier.

Si Catherine Proulx n’a pas réussi à questionner des clients, elle a parlé avec de jeunes filles, des proxénètes et Steve, qui lui a fait faire le tour des motels de la grande région de Montréal.

Des voitures vues de haut à l'entrée d'un motel.

La majorité des prostituées reçoivent leurs clients dans des motels.

Photo : Picbois productions

La prostitution juvénile, c’est l’affaire la plus dégueulasse qui se fait, mais je ne veux pas me faire tuer pour ça, dit Steve, un ex-trafiquant, quand il explique pourquoi il veut garder son anonymat en ouverture du documentaire.

Trafic est diffusé sur les ondes de Télé-Québec mercredi soir à 20 h. Il est aussi projeté au cinéma Moderne à 18 h 30 le même jour. Le balado et la websérie sont toujours offerts sur le site de Télé-Québec (Nouvelle fenêtre).

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