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Sortie mouvementée pour le J'accuse de Polanski

Le cinéaste Roman Polanski parle à des journalistes.

Roman Polanski

Photo : Associated Press / Ennio Leanza

Agence France-Presse

J'accuse, la reconstitution de l'affaire Dreyfus par Roman Polanski, est sorti mercredi dans 520 salles en France sur fond de polémique, le réalisateur étant visé par une nouvelle accusation de viol qui embarrasse le cinéma français.

Après l'annulation d'une avant-première à Paris mardi en raison d'un blocage de dizaines de féministes, le mot-clic #BoycottPolanski est apparu sur les réseaux sociaux, tandis que des personnes y détournaient les affiches du film, transformant le J'accuse en J'abuse ou J'acquitte.

Ce long métrage a connu un bon démarrage dans la capitale, selon les chiffres du Film français, en dépit de la promotion perturbée ces derniers jours, avec par exemple l'annulation d'entrevues par Jean Dujardin et Emmanuelle Seigner, la femme de Roman Polanski.

La presse s'interrogeait mercredi sur la façon de parler du film, quelques jours après les accusations de la photographe Valentine Monnier, qui dit avoir été rouée de coups et violée par le réalisateur franco-polonais en 1975 à l'âge de 18 ans, en Suisse. Une accusation rejetée par l'avocat du cinéaste.

Les cinémas ont le droit de projeter ce film et les gens ont le droit fondamental d'aller le voir. Mais on ne peut pas faire comme si valoriser le film ne participait pas au verrouillage du secret, a déclaré à l'AFP Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.

À l'inverse, la réalisatrice Nadine Trintignant a pris la défense de Roman Polanski : Je trouve très grave de l'embêter en ce moment, où il y a une remontée de l'antisémitisme en Europe, a-t-elle dit sur la chaîne de télévision BFMTV, affirmant qu'elle aurait tendance à le croire lui plutôt qu'une femme qui a mis 44 ans à réfléchir pour le dénoncer.

Le mouvement #MoiAussi prend de l'ampleur en France

À l'avant-première de J'accuse mardi aux Champs-Élysées, à Paris, en présence de l'équipe du film dont Roman Polanski, beaucoup de personnes ont dit dissocier l'homme du réalisateur.

La nouvelle affaire Polanski, sous le coup de poursuites de la justice américaine depuis 1977 pour relations sexuelles illégales avec une mineure, arrive à un moment où le mouvement #MoiAussi prend de la vigueur en France après les déclarations d'Adèle Haenel, qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'attouchements et de harcèlement survenus quand elle était adolescente.

La polémique avait rattrapé Roman Polanski à Venise quand des féministes avaient regretté la sélection en compétition à la Mostra du réalisateur, qui a déjà été visé ces dernières années par trois autres accusations de viols.

J'accuse a été récompensé du Grand Prix du jury à la Mostra, mais il a aussi suscité des réserves, notamment parce que Roman Polanski avait dit à plusieurs reprises qu'il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s'estimant persécuté.

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