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La réorganisation policière coûtera 124 M$ à Québec

Maquette de la future centrale du Service de police de la Ville de Québec.

Photo : SPVQ/Ville de Québec

Olivier Lemieux

Les coûts de la réorganisation des effectifs policiers à Québec explosent. Le futur quartier général du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) coûtera 101,5 millions de dollars, tandis que la facture d’un poste de quartier et des nouveaux espaces de la cour municipale dans Saint-Roch s’élève à plus de 22 millions.

C’est un projet qui ne fonctionnait pas, admet le maire de Québec, Régis Labeaume, pour expliquer la facture totale de 123,9 millions annoncée mercredi pour réorganiser le SPVQ.

En décembre 2017, la Ville estimait pouvoir bâtir la nouvelle centrale de police et réaménager l’édifice F.X. Drolet, dans le quartier Saint-Roch, au coût de 72 millions de dollars.

Près de deux ans plus tard, l’administration municipale admet que c’est impossible.

On recommence avec une page blanche, précise Régis Labeaume. Il faut bien établir quels sont les besoins pour l’avenir.

Il y a des dossiers qui ne marchent pas. C’en est un. Je prends ma part de blâme.

Régis Labeaume, maire de Québec

Ce dernier refuse de revenir sur le départ de son ancien bras droit, Jonatan Julien, survenu au printemps 2018.

À l’époque, Régis Labeaume l’accusait d'avoir échappé le projet de centrale dans la foulée de l’achat d’un terrain finalement trop petit dans le secteur Lebourgneuf.

M. Julien en Chambre.

L'automne dernier, Jonatan Julien a été élu député caquiste de Charlesbourg. Le premier ministre Legault l'a ensuite nommé ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est derrière nous. Ce qui m’importe, c’est où on s’en va, dit-il.

Un projet bonifié

La nouvelle centrale coûtera à elle seule 101,5 millions de dollars, en incluant l’acquisition du terrain situé à l’angle de l’autoroute Laurentienne et du boulevard Louis-XIV.

Contrairement à l’ancienne mouture du projet, un stationnement souterrain de 271 places est prévu pour les voitures de patrouille. L’ajout fait évidemment grimper la facture des travaux, mais selon Régis Labeaume, l’investissement est justifié.

Je ne pense pas que ça a du bon sens qu’un policier qui reçoit un appel passe 15 minutes à déglacer son véhicule, explique-t-il.

Pour le directeur du SPVQ, Robert Pigeon, le budget total de la réorganisation des effectifs est raisonnable.

Tout a été calculé de façon chirurgicale. Il n’y a pas de luxe dans ce qu’on demande, tranche-t-il.

Le chantier de la nouvelle centrale doit débuter à l’été 2021 pour se conclure à l’automne 2023.

Maquette d'un bâtiment vitré, sur le bord d'un étang.

Maquette de la future centrale du Service de police de la Ville de Québec.

Photo : SPVQ/Ville de Québec

Quant à l’édifice F.X. Drolet, la Ville est en discussion avec le ministère de l’Environnement pour obtenir un permis de décontamination. Les travaux doivent s'amorcer à l’automne 2020. Le bâtiment sera livré en avril 2022.

Le déménagement des policiers maintenu

La direction du SPVQ persiste à déménager les patrouilleurs des postes de quartier de Charlesbourg et de La Haute-Saint-Charles dans la vieille centrale Victoria, dès le printemps prochain.

Selon le directeur Robert Pigeon, la mesure est essentielle pour permettre un nouveau déploiement des effectifs sur le territoire.

Nous devons agir en fonction des besoins réels et non des limites territoriales.

Robert pigeon, directeur du SPVQ

Au total, 147 agents supplémentaires seront affectés à la centrale Victoria dans un contexte où la Fraternité des policiers dénonce des dégâts d'eau récurrents.

Selon un rapport récent de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), des prévenus bouchent régulièrement les toilettes des cellules du deuxième étage afin d’inonder les locaux du personnel situés à l'étage inférieur.

La CNESST demande à la Ville de Québec de mettre en place des mesures afin d’éviter les dégâts d’eau dans le futur et d’assurer que les réparations nécessaires seront effectuées dans les règles de l’art.

Une boîte sur laquelle est écrit : Bâches à utiliser en cas d'urgence

Les employés doivent utiliser les bâches dans ses boîtes pour éviter d’abîmer le matériel lors d'infiltration d'eau.

Photo : tirée de la plainte déposée à la CNESST

Pour montrer la bonne volonté de l’état-major dans ce dossier, Robert Pigeon s’engage à déménager son bureau dans la centrale Victoria d’ici quelques semaines.

Je suis convaincu qu’il n’y a pas de risques pour la santé, assure-t-il.

Il promet d’organiser une visite médiatique des lieux en 2020.

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