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La progression de la sclérose en plaques freinée par le contrôle d’une molécule

La sclérose en plaques touche 1 personne sur 385 au Canada.

Selon les estimations, 1 personne sur 385 est atteinte de sclérose en plaques au pays.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le fait de bloquer dans l’organisme une molécule associée à la sclérose en plaques (SP) permet de freiner la progression de la maladie, affirment des chercheurs québécois associés au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM).

Le neurologue Alexandre Prat et ses collègues ont montré l’intérêt de cette molécule appelée ALCAM (Activated Leukocyte Cell Adhesion Molecule) dans des essais in vitro chez l’humain et in vivo chez la souris.

Leurs résultats permettent d’espérer le développement d’une nouvelle génération de thérapies pour traiter cette maladie dégénérative dont les causes demeurent inconnues, mais incluraient une combinaison d’éléments génétiques et environnementaux.

Repères

  • La SP est une maladie incurable.
  • Elle frappe près de 77 000 Canadiens, dont plus de 20 000 Québécois.
  • Elle survient lorsque le système immunitaire s’en prend au système nerveux central.
  • Ses principaux symptômes : une perte de coordination et d’équilibre ainsi que des problèmes de cognition et de vision.
  • Il en existe deux formes. Environ 80 % des patients souffrent de la forme poussée-rémission, c’est-à-dire d’épisodes cycliques qui s’estompent. Les autres sont atteints de la forme progressive, caractérisée par un déclin des capacités physiques.
  • Pas moins de 60 % des adultes atteints ont entre 20 et 49 ans et les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes de l'avoir.

Ce que la médecine sait

En temps normal, la barrière hématoencéphalique protège notre cerveau des agressions.

C’est en quelque sorte un filtre sélectif, à travers lequel les aliments nécessaires au cerveau sont transmis, et les déchets sont éliminés.

Par exemple, cette barrière empêche des cellules du système immunitaire comme les lymphocytes d’envahir le système nerveux central.

Or, cette frontière est perméable chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, si bien qu’un grand nombre de lymphocytes s’infiltrent dans le cerveau. Cela mène à une détérioration de tissus, dont la gaine de myéline qui protège habituellement les neurones et assure la transmission de l’influx nerveux.

Dans notre étude, nous montrons pour la première fois qu’une molécule nommée ALCAM exprimée par les lymphocytes B contrôle leur entrée dans le cerveau par le biais des vaisseaux sanguins.

Alexandre Prat

ALCAM permet la migration de ces cellules de l’autre côté de la barrière hématoencéphalique chez la souris et chez l’humain.

En bloquant cette molécule sur des souris, nous avons pu diminuer l’entrée des lymphocytes B dans leur cerveau, et ainsi freiner la progression de la maladie.

Alexandre Prat

Les lymphocytes B contribuent à la phase progressive de la sclérose en plaques qui frappe 20 % des gens atteints.

Actuellement, il existe sur le marché certains médicaments (appelés anti-lymphocytes B) qui diminuent sa progression.

La molécule ALCAM s’exprime de façon plus importante sur les lymphocytes B des personnes atteintes de sclérose en plaques, explique le Dr Prat.

En ciblant spécifiquement cette molécule, nous pourrons désormais explorer d’autres voies thérapeutiques pour traiter la maladie.

Alexandre Prat

Outre les symptômes physiques, la sclérose peut aussi causer des troubles cognitifs et des changements d’humeur.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science Translational Medicine (en anglais).

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