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Commission Laurent : les enfants de la Minganie sont oubliés

Les bureaux de la MRC de la Minganie

Les bureaux de la MRC de la Minganie

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Laurence Royer

Les services offerts aux enfants de la Minganie sont déficients, a affirmé la responsable des ressources humaines, des communications et du développement stratégique de la MRC, Sylvie Angel, lors de son témoignage à la commission Laurent, mercredi.

Devant les commissaires, Sylvie Angel a déploré le mode de financement actuel des services jeunesse dans la région, qui se base d’abord sur le nombre d’enfants qui habitent dans les villages.

Le problème, a-t-elle poursuivi, c’est que 65 % de la population de la Minganie habite à Havre-Saint-Pierre. Les services y sont concentrés et les autres villages n’ont pas de ressources pour les enfants.

Ce n’est pas de la faute de l’enfant d’être né dans un village où il n’y a que trois enfants.

Sylvie Angel, responsable des ressources humaines, des communications et du développement stratégique à la MRC de la Minganie

Selon Sylvie Angel, il faut que le gouvernement finance les services jeunesse en fonction du kilométrage plutôt qu’en fonction du nombre d’enfants. 

En Minganie, on ne peut pas financer au prorata du nombre d’enfants parce qu’on les oublie. On doit respecter chacun des enfants sur le territoire et lui donner les services auxquels il a droit.

Puisque les villages sont loin l'un de l’autre en Minganie, elle suggère de financer les familles pour le nombre de kilomètres qu’elles doivent parcourir pour participer à une activité ou pour recevoir des services.

Sylvie Angel pendant qu'elle témoigne à la commission Laurent

Sylvie Angel est impliquée dans le regroupement Minganie en forme.

Photo : Radio-Canada

Sylvie Angel a aussi expliqué l’importance d’organiser des activités dans les différents villages de la Minganie. Selon elle, il faut permettre aux enfants de socialiser avant le début de l’école. Des activités encadrées par des spécialistes peuvent aussi permettre de diagnostiquer des problèmes, de langage par exemple, plus tôt chez l'enfant. Les parents peuvent aussi en profiter pour échanger avec d’autres familles puisque les occasions pour le faire sont rares dans la région.

Le contact humain et la proximité c’est très important dans cette offre de service. Il faut de la vraie proximité. Sept-Îles ce n’est pas de la proximité, a-t-elle ajouté pour marquer l’importance d’avoir un éventail de services approprié dans chacun des villages de la Minganie.

La collaboration entre la DPJ et la police

Trois agents de la Sûreté du Québec ont aussi témoigné devant les commissaires. Le responsable de l’équipe des enquêtes à Sept-Îles, José-Marcos Viégas, a critiqué plusieurs aspects de la collaboration entre les intervenants de la DPJ et la police.

Il a d’abord affirmé que le délai entre le moment où la police effectue un signalement et celui où la DPJ informe la police de son intervention est beaucoup trop long. Selon lui, plus le délai est long, plus les risques de contamination d’une scène de crime et la perte d’éléments de preuve  sont élevés. La version des faits de l’enfant peut également être altérée avec le temps.

José-Marcos Viégas ajoute que dans le cas d’une agression sexuelle, l’enfant doit rapidement être dirigé vers un hôpital pour les prélèvements médico-légaux.

En raison des politiques de confidentialités, la DPJ refuse parfois de divulguer certaines informations sur des enfants ou des familles et qui pourraient être très utiles pour faire leur travail.

Par exemple, les explications d’un enfant au sujet de la provenance d’une de ses blessures alors qu’il n’en a pas parlé aux policiers. Des photos de blessures de l’enfant, des comptes rendus de rencontres avec un parent abuseur.

Obtenir ce type d’informations permettrait au policier, par exemple, d’être davantage à l’affût de signes de négligence ou de violence, ajoute la policière intervenante en milieu scolaire à la MRC de Manicouagan, Stéphanie Deschênes.

Ce que je veux savoir, c’est s’il y a un petit drapeau au-dessus de cette famille-là.

Stéphanie Deschênes, policière intervenante en milieu scolaire à la MRC de Manicouagan pour la Sûreté du Québec

José-Marcos Viégas croit qu’il faudrait clarifier et assouplir les normes de confidentialité. Ce n’est pas noir, ce n’est pas blanc, c’est gris tout au long du document, dit-il.

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