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Travaux du REM : les usagers souffrent, leurs familles aussi

Un train s'approchant de la station Canora.

Le service de train de banlieue d'exo sera fortement perturbé à compter du 6 janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Vincent Rességuier

Tout le monde subit les impacts des grands chantiers qui perturbent les transports collectifs, pas seulement les usagers. C'est une des premières conclusions tirée d'une étude coordonnée par des chercheurs de l'Université McGill.

Après quelques semaines d'enquête, les universitaires constatent que les familles et les employeurs des utilisateurs des transports en commun souffrent aussi des conséquences des grands travaux, comme ceux du REM, du SRB Pie-IX ou du REV, le Réseau express vélo.

Plus de 1800 personnes ont déjà participé au sondage en ligne et les premières tendances sont évidentes, selon Trent Bonsall, chercheur en urbanisme à l'Université McGill.

Les entreprises, les familles, les enfants, c'est vraiment tout le monde qui risque d'être impacté.

Trent Bonsall, chercheur en urbanisme à l'Université McGill

Trent Bonsall explique que la recherche a été motivée en particulier par le chantier du REM. Le projet de train électrique mis en oeuvre par la Caisse de dépôt et placement du Québec allonge lourdement les temps de transport de milliers de personnes.

Le pire reste à venir, puisqu’à partir du 6 janvier 2020, quelque 15 000 usagers de la ligne de trains de banlieue de Deux-Montagnes vont subir les conséquences de la fermeture du tunnel sous le Mont-Royal.

Leur itinéraire va être considérablement rallongé et, dans ces conditions, selon Trent Bonsall, difficile d’imaginer que la vie de couple, entre autres, n’en subira pas les conséquences.

Par exemple, une mère de famille qui doit amener ses enfants à la garderie une heure plus tôt, ou les chercher une heure plus tard tous les jours, ça va avoir un impact sur la famille.

Trent Bonsall, chercheur en urbanisme à l'Université McGill

Plus de monde sur les routes

Trent Bonsall explique qu’une deuxième tendance se dégage : les usagers déçus vont probablement se tourner vers leur véhicule personnel et risquent de se retrouver dans les embouteillages.

Plus que la moitié des usagers actuels de la ligne Deux-Montagnes déclarent qu’ils ne vont plus utiliser le transport en commun pendant la suspension de service en janvier, ou qu’ils ne sont pas certains de l’utiliser. Pour la ligne Mascouche, c’est 80 %.

Trent Bonsall, chercheur en urbanisme à l'Université McGill

Le chercheur note aussi que plusieurs familles envisagent de déménager pour éviter les nuisances et réduire leur temps de transport.

Une vaste étude sur plusieurs années

Les travaux des universitaires ne se limiteront pas au questionnaire actuel qu’il est encore possible de remplir en ligne. Cette vaste étude va se poursuivre pendant plusieurs années.

Trent Bonsall précise que les recherches vont mesurer les impacts des perturbations sur la santé mentale et le bien-être des usagers et de leurs proches à long terme. Un nouveau sondage sera réalisé en 2020, et certainement d'autres les années suivantes.

L'objectif est de rassembler un maximum de connaissances qui pourront ensuite être utilisées par les gestionnaires et les élus qui planifient les grands chantiers.

Inquiétude chez les étudiants de McGill

L’inquiétude est palpable chez les étudiants de l’Université McGill, qui sont des centaines à utiliser la ligne de train de Deux-Montagnes. L'Association étudiante de l'Université a mené une consultation informelle auprès de 80 étudiants.

Son vice-président, Adam Gwiazda-Amsel, note que l’intégralité des répondants anticipe « des problèmes » à partir du mois de janvier, quand le temps de transport va considérablement augmenter. Presque tous, dit-il, redoutent de manquer de sommeil et de subir de « graves impacts sur leur vie et sur leurs études ».

Selon Adam Gwiazda-Amsel, plusieurs étudiants remettent en cause leur inscription à l'université. Son association souhaite que McGill mette sur pied un système de navettes, notamment depuis la gare de Bois-Franc. 

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