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Un manque de navires oblige le Canada à interrompre une mission scientifique

Le navire amarré à un quai.

Le navire de la Garde côtière canadienne Hudson n'est pas disponible pour effectuer la mission scientifique parce qu'il subit des travaux de prolongation de sa durée de vie utile.

Photo : CBC/Robert Short

Radio-Canada

Pêches et Océans Canada a dû renoncer à une importante mission de recherche océanographique cet automne. La cueillette faite pour le Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA) n’a pas eu lieu, car le ministère n’a pu trouver un navire approprié.

Cette mission est habituellement menée par le Hudson, un navire de la Garde côtière canadienne qui compte 56 ans de service. Le navire n’a toutefois pas pu prendre le large cette année parce qu’il doit subir des travaux destinés à prolonger sa durée de vie utile.

En 2019, Pêches et Océans Canada avait utilisé un navire privé, le Coriolis II, pour mener la mission, mais le navire, basé à Rimouski, au Québec, n’était pas jugé apte à effectuer les recherches dans la région des Maritimes et aucun autre navire n’était disponible à ce moment.

Même si le navire était une excellente plateforme de recherche, le programme de surveillance dans la zone maritime du printemps dernier a permis de déterminer qu’il risque de ne pas répondre à tous les besoins du programme de surveillance mené à l’automne, explique par courriel le porte-parole de Pêches et Océans Canada, Robin Jahn.

Il s’agit d’un autre exemple de la détérioration de la flotte canadienne.

L’importance de ce programme

Depuis les années 1990, les scientifiques du PMZA prennent la mer deux fois par année pour recueillir des données biologiques, chimiques et physiques des eaux de la côte est canadienne.

C’est la première fois que le programme de monitorage est annulé.

Les données accumulées au cours des années par le PMZA servent à mesurer les changements qui se produisent. Par exemple, une étude menée en 2012 a démontré une hausse de température record des eaux dans les Maritimes.

Ce genre de recherche permet de déterminer s’il est question de tendances à long terme ou de simples variations annuelles, explique un scientifique à Pêches et Océans Canada, Dave Hebert.

Des solutions de rechange

Le manque d’informations sera plus problématique pour certaines recherches.

Des outils de mesure téléguidés, comme des planeurs sous-marins, serviront à recueillir certaines données cet automne, mais les scientifiques n’auront pas d’échantillon de plancton. Il sera donc plus difficile de déterminer une possible tendance.

Lorsqu’il y a une absence de données pour une certaine période dans une collecte à long terme, on doit être très sensible à cela au moment d'interpréter les chiffres. Il y a une incertitude scientifique quand vient le temps de prendre une décision, note Robin Jahn.

Dave Hebert en entrevue dans son laboratoire.

Dave Hebert, scientifique au ministère des Pêches et des Océans, affirme que des outils téléguidés, comme des planeurs sous-marins, peuvent fournir certaines données, mais les scientifiques n’auront pas d’échantillons biologiques représentatifs de cet automne.

Photo : CBC/Steve Lawrence

Dave Hebert déplore l’annulation de la recherche, mais il n’en fait pas un cas. Les scientifiques devront faire avec les données disponibles. Nous attendons juste de voir quel sera le plan pour l’avenir.

Le Hudson devrait être opérationnel en avril 2020 et prêt à prendre la mer pour l’opération de recherche du printemps. Pêches et Océans Canada prépare un plan de rechange au cas où le navire ne serait toujours pas disponible à ce moment.

Le manque de fiabilité de la flotte canadienne a touché d’autres missions scientifiques du ministère ces dernières années. En 2018, une panne a empêché un navire de la Garde côtière, le Alfred Needler, de mener à terme une étude du poisson de fond au large de la Nouvelle-Écosse. Le même navire n’avait pu mener auparavant une autre mission scientifique dans les environs du banc de Georges parce qu’il subissait de longs travaux d’entretien.

Avec les renseignements de Paul Withers, de CBC

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