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Le Québec construira des dirigeables, mais pas avant 2023

Le gouvernement Legault a convaincu la société française Flying Whales de s'installer dans la Belle Province.

Une maquette du dirigeable.

Le dirigeable de Flying Whales est développé dans le cadre du projet LCA60T.

Photo : Image fournie par Flying Whales

Jérôme Labbé

Une usine de « baleines volantes » verra le jour au Québec dans quelques années.

Le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé mercredi matin un investissement de 30 millions de dollars dans le capital-actions de l'entreprise française Flying Whales et de sa filiale québécoise – les dirigeables Flying Whales Québec – par le biais d'Investissement Québec.

Il a aussi annoncé l'implantation d'une usine de production au Québec qui aura l'exclusivité du marché américain. On parle de 2023 à peu près, a précisé le ministre, selon lequel une telle usine pourrait employer environ 300 personnes.

En attendant, une centaine d'emplois bien rémunérés devraient être créés au cours des quatre prochaines années pour la conception des dirigeables, prévoit le gouvernement du Québec.

Pour Pierre Fitzgibbon, les retombées potentielles sont « un multiple » des 30 millions investis. Pensez à 400 emplois à 100 000 $ et plus, c'est majeur.

Concrètement, Investissement injectera 22 M$ dans Flying Whales et 8 M$ dans Flying Whales Québec. La part du capital de la société mère qui sera ainsi contrôlée par Québec n'a pas été précisée, mais sa filiale québécoise sera détenue à 51 % par Flying Whales France et à 49 % par le gouvernement du Québec.

Le projet de Flying Whales vise à développer, concevoir, industrialiser, commercialiser et exploiter les activités de ballons dirigeables développés dans le cadre du programme LCA60T.

D'une capacité de 60 tonnes, ces « baleines volantes » seront destinées au transport de charges lourdes et surdimensionnées, comme des pylônes et des mâts d'éoliennes, pour les acheminer dans des territoires éloignés, dépourvus de routes et d'autres infrastructures de transport, comme le Nord québécois.

Cet appareil à propulsion hybride pourra être construit à faible coût, promet Flying Whales.

Le dirigeable représentera en outre une option peu polluante comparativement aux autres moyens de transport pour les charges lourdes, a souligné mercredi le ministre Fitzgibbon. Ce dernier n'a toutefois pas pu dire si le projet sera admissible au Fonds vert.

Un projet français, québécois et... chinois

Flying Whales prévoit pour l'instant construire des dirigeables LCA60T en Chine, en France et au Québec.

L'entente de principe entre le gouvernement Legault et la société française avait été annoncée en juin dernier au Salon aéronautique du Bourget.

Depuis, le ministre Fitzgibbon a dû défendre sa décision d'investir 30 M$ dans le projet, notamment parce que Flying Whales compte parmi ses actionnaires Avic General, une compagnie chinoise visée par des soupçons d'espionnage industriel aux États-Unis.

À nouveau, mercredi, il a minimisé les risques entourant le vol de brevets, en expliquant que le volet recherche et développement du projet demeurerait au sein de la filiale québécoise de Flying Whales.

C'est Flying Whales Québec qui vendra à Flying Whales France, voire à l'usine chinoise, son système de propulsion. Donc elle [n'aura] pas besoin de transférer la propriété intellectuelle.

Sébastien Bougon, PDG de Flying Whales

Présent aux côtés du ministre Fitzgibbon, le président-directeur général de la société mère, Sébastien Bougon, a précisé que le gouvernement du Québec avait commencé à s'intéresser à son programme de dirigeables dès 2017, à l'époque où les libéraux étaient au pouvoir.

Fondée en 2012, l'entreprise est basée en Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest de l'Hexagone. C'est d'ailleurs dans cette région que Flying Whales entend ouvrir sa première usine, en 2022.

Interrogé sur l'annonce de mercredi, le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a pour sa part qualifié le projet de grosse balloune, y voyant là une autre démonstration que le trio économique de la CAQ n’est pas très nationaliste.

Je pense que les élus, les acteurs économiques de partout au Québec préféreraient qu’on investisse au Québec, a-t-il lâché.

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