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Fuite de données : Québec veut entendre Desjardins

Il parle aux journalistes.

Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le gouvernement Legault se résout finalement à entendre Desjardins au sujet de la fuite de données qui a touché 4,2 millions de membres particuliers.

Le bureau du leader parlementaire Simon Jolin-Barrette a fait parvenir lundi une motion aux partis d’opposition pour convoquer le géant coopératif à des consultations particulières le 21 novembre devant la Commission des finances publiques.

La motion, qui sera débattue jeudi à l’Assemblée nationale, prévoit également entendre l’Autorité des marchés financiers, Equifax, la Sûreté du Québec (SQ), l’Association des banquiers canadiens et Benoit Dupont, directeur scientifique du Réseau intégré sur la cybersécurité et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sécurité.

Comme il s'agit d'une motion introductive et non d'une motion sans préavis, une majorité simple sera nécessaire pour l'adopter.

Une impression de déjà-vu

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement Legault tente de convoquer Desjardins en commission parlementaire.

Une tentative similaire avait échoué en septembre, les formations politiques représentées à l'Assemblée nationale n'ayant pas réussi à s'entendre sur les autres groupes à inviter. Le Parti libéral et Québec solidaire souhaitaient notamment étendre les travaux parlementaires à Revenu Québec, ce à quoi s'opposait la Coalition avenir Québec de François Legault.

Mercredi, les députés Carlos Leitao, du Parti libéral, Vincent Marissal, de Québec solidaire, ainsi que le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, ont salué la volte-face du gouvernement. Mais selon eux, le gouvernement tente de faire diversion, après avoir connu la pire semaine de son mandat la semaine dernière, en raison de son cafouillage en immigration.

On s'est fait dire un gros non, plate, net, sec, frette, ici en commission parlementaire. Il n'y a même pas eu de discussion, c'était non en partant. Là, tout d'un coup, ah c'est bien bien important.

Vincent Marissal, porte-parole de QS en matière de Finances

Bien qu'il applaudisse la décision, Vincent Marissal s'insurge contre le mandat minimaliste et un peu cheap de la commission, qui n'entendra qu'une demi-douzaine de groupes.

Il faut minimalement ajouter Revenu Québec, le plus grand collecteur de renseignements personnels au Québec, et l’Office de la protection du consommateur, car il n’y a personne actuellement pour défendre les victimes, a déclaré le porte-parole de QS en matière de Finances.

Des experts en matière de cybersécurité et de fraude doivent également être entendus, selon le député libéral Carlos Leitao, qui dénonce les méthodes cavalières du leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, qui veut consulter, mais consulter selon ses propres termes.

Enfin, le péquiste Pascal Bérubé estime que le gouvernement a perdu beaucoup de temps en ne prenant pas le dossier Desjardins au sérieux. Les Québécois se sont fait voler leurs données et on ferait un compromis? [...] Qu'on entende l'ensemble des acteurs qui sont touchés, a-t-il tonné.

Pas raisonnable, réplique Legault

Du côté du gouvernement, on soutient avoir toujours voulu entendre le Mouvement Desjardins sur ce qui a provoqué la fuite de données personnelles.

Or, les partis d'opposition n'ont pas été raisonnables en exigeant une commission élargie, a affirmé le premier ministre François Legault. Au bureau du leader, on prétend avoir sonné la fin de la récréation en imposant une liste de six intervenants.

Moi, je pense que l'important, c'est d'écouter Desjardins, a déclaré M. Legault en mêlée de presse, mercredi, en ajoutant que trois de ses ministres travaillent actuellement sur des projets de loi pour assurer la protection des données personnelles des Québécois.

Desjardins a dévoilé en juin que les renseignements personnels de 2,7 millions de membres particuliers avaient été volés.

Convoqué devant un comité parlementaire fédéral le mois suivant, le géant coopératif a depuis révélé que c'est finalement l'ensemble de ses 4,2 millions de membres qui étaient touchés par la fuite de données.

Avec les informations de La Presse canadienne et Mathieu Dion

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