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Immigration : Jolin-Barrette doit abandonner sa « liste des domaines admissibles »

Plan rapproché de Simon Jolin-Barrette.

Le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, Simon Jolin-Barrette

Photo : Radio-Canada

Alexandre Duval

S'il veut réussir sa réforme du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), le ministre de l'Immigration ne devra barrer la route à aucun étudiant étranger, particulièrement ceux issus de la formation professionnelle. C'est l'avis de deux organismes, selon lesquels Simon Jolin-Barrette doit tout simplement renoncer à imposer une liste des domaines de formation admissibles au PEQ.

Le directeur général de l'organisme Éducation internationale, qui recrute des étudiants étrangers pour les programmes de formation professionnelle au Québec, estime qu'il s'agit d'une clientèle idéale pour l'immigration.

Quand on regarde les statistiques d'Emploi Québec, on parle que, dans les 10 prochaines années, il va y avoir à peu près 1,4 million d'emplois à combler au Québec, dont un bon nombre seront au niveau de la formation professionnelle, selon Étienne G. Juneau.

Il faut qu'il y ait plus de diplômés au niveau de la formation professionnelle et définitivement, les élèves internationaux sont une réponse à cet enjeu-là.

Étienne G. Juneau, directeur général d'Éducation internationale
Étienne G. Juneau, directeur général d'Éducation internationale

Étienne G. Juneau, directeur général d'Éducation internationale

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Avant la suspension de la réforme du PEQ, vendredi dernier, le ministre de l'Immigration s'apprêtait pourtant à se priver d'une partie de ces talents.

Dans sa fameuse liste des 218 domaines de formation admissibles, dont Radio-Canada avait révélé les nombreuses incohérences, seuls 37 étaient au niveau professionnel.

Ce nombre paraît peu élevé alors que le ministère de l'Éducation recense environ 150 programmes de formation professionnelle dans la province. On y forme des soudeurs, des cuisiniers, des préposés aux bénéficiaires et des plombiers, par exemple.

M. Juneau souligne que la liste du ministre omettait des domaines tels que l'infographie ou le dessin de bâtiment, pour lesquels il existe actuellement une forte demande de main-d'oeuvre.

La liste aurait aussi été révisée tous les ans, une façon de faire qui aurait créé de l'instabilité et qui aurait été nuisible pour le recrutement d'étudiants à l'étranger, selon M. Juneau.

Si on lui dit oui, viens étudier chez nous, mais que par la suite, six mois plus tard, les règles changent, c'est sûr que c'est des éléments qui peuvent jouer en notre défaveur au Québec.

Étienne G. Juneau, directeur général d'Éducation internationale

Favoriser l'accès au plus grand nombre

Alors que Simon Jolin-Barrette retourne à la table à dessin pour réformer le PEQ, M. Juneau lui demande carrément d'abandonner l'idée d'imposer une liste des domaines de formation admissibles.

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) enjoint, elle aussi, à Simon Jolin-Barrette d'aller dans cette direction.

Ce qui est surtout important, c'est de favoriser l'accès au plus grand nombre possible d'étudiants étrangers à cette expérience québécoise, indique le président de la FCSQ, Alain Fortier.

Alain Fortier, les mains jointes, s'adressant aux membres de la commission  parlementaire des institutions.

Le président de la FCSQ, Alain Fortier

Photo : Radio-Canada

Mardi, en prenant l'entière responsabilité pour les ratés de son projet de réforme, le ministre de l'Immigration n'a d'ailleurs pas fermé la porte à la suppression de cette liste.

Aux yeux de l'Éducation internationale et de la FCSQ, le projet de réforme du PEQ n'avait toutefois pas que des défauts.

Le ministre avait notamment rendu admissibles plusieurs programmes de formation professionnelle d'une durée de 900 heures, alors que le minimum était auparavant de 1800 heures.

M. Fortier s'inquiète cependant qu'un programme fondamental, celui qui mène au métier de préposé aux bénéficiaires, n'atteigne même pas le nouveau seuil minimal, puisqu'il compte seulement 870 heures de formation.

S'il y a un endroit dans le secteur de la santé où on a de grandes carences, c'est bien dans ce domaine-là!

Alain Fortier, président de la FCSQ

Pour éviter ce genre d'écueil, le ministre devra à tout prix consulter les acteurs concernés dans le milieu de l'éducation, selon M. Fortier.

Il faut travailler tout le monde ensemble avant d'en arriver à une conclusion qui pourrait avoir les mêmes effets que celle qu'on vient de vivre il y a une semaine, dit-il.

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