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Après deux fractures en un an, un jeune hockeyeur remonte la pente

Noah Gibbs.

Une deuxième blessure au même os en si peu de temps a de quoi inquiéter n'importe quel joueur.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Mathieu Massé

Les blessures sont une réalité avec laquelle tous les sportifs doivent composer. Mais quand elles surviennent et semblent s’acharner sur de jeunes athlètes, un combat entre résilience et découragement s’engage.

Alors que l’hiver commence à s’installer, la saison de hockey midget AAA des Caps de Fredericton est bien avancée et l’attaquant de 15 ans Noah Gibbs est bien malgré lui confiné aux gradins de la Place Willie O’Ree.

Plutôt que de jouer les parties prévues au calendrier, il court les bureaux de médecins et d'orthopédistes pour savoir quand il pourra enfin chausser les patins. Il est gravement blessé pour la deuxième fois de l’année.

Début 2019, il se fracture le tibia et reste à l’écart du jeu pendant 12 semaines. Il passe alors l’hiver et le printemps en rééducation, puis l’été à s’entraîner pour être prêt à rejoindre sa nouvelle équipe, les Caps de Fredericton.

Je suis arrivé ici en forme et c'est arrivé pendant une game hors-concours à Saint-Jean. Je me suis fait botter, puis mon patin est resté pris dans la glace. Mon corps a tourné et c'est là que ç'a fracturé, raconte-t-il.

Noah Gibbs.

Noah Gibbs est bien malgré lui cloué dans les gradins de la place Willie O’ree à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Le même os est brisé, mais à un endroit différent. Le souvenir est vif, mais pas autant que la hâte de retourner au jeu. Ainsi, peu de temps après la fin de sa rééducation, il se remet au travail.

Espoir et découragement

Une deuxième blessure au même os en si peu de temps a de quoi perturber le joueur le plus aguerri. Son entraîneur, Éric Bissonnette, sait que les blessures successives peuvent être difficiles à vivre pour un jeune.

On parle de deux grosses blessures. Tu prends le cas de Noah, qui est un joueur élite, qui a des aspirations d'être repêché. Il lui arrive une blessure comme ça, c'est difficile mentalement, c'est vraiment difficile.

Éric Bissonnette, entraîneur, Caps de Fredericton

Le soir de sa deuxième fracture, il s’accroche à l’espoir que l’os ne soit pas brisé et qu’il n’aura pas besoin d’une chirurgie, mais le découragement le saisit. La soirée que c'est arrivé, je me suis dit que j'étais fait, que je n'allais pas me faire repêcher cette année. Je me demandais ce que j'allais faire, ce qui allait se passer, relate le jeune hockeyeur.

La jambe de Noah.

Son entraîneur, Éric Bissonnette, sait que les blessures successives peuvent être difficiles à vivre pour un jeune.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Une chirurgie a lieu dès le lendemain et le voilà en route pour une autre longue convalescence.

La LHJMQ tout près

Si la hâte de revenir au jeu est aussi grande, c’est qu’il est admissible au prochain repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Même s'il a manqué la moitié de la saison dernière en raison de sa première fracture, Noah a tout de même reçu le prix de joueur par excellence bantam AAA de Hockey Nouveau-Brunswick.

La saison en cours devait lui permettre de briller, pour être remarqué par les recruteurs, mais pour le moment, il n’a joué aucun match.

Il a très hâte de montrer ce qu’il sait faire aux équipes de la LHJMQ qui, un jour, pourrait servir de tremplin vers la « grande ligue ».

L'entraîneur.

Son entraîneur est plutôt philosophique. Il estime qu’il vaut mieux être blessé au début qu’à la fin de la saison.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Son entraîneur ne s'appesantit pas sur les malheurs de son jeune joueur. Il estime qu’il vaut mieux être blessé au début qu’à la fin de la saison. Il n'y a jamais un bon moment pour se blesser, mais s'il y a un bon moment, je pense que le mois de septembre, c'est un bon moment. Noah va revenir pour la deuxième moitié de saison et il va avoir l'opportunité de se faire voir par les dépisteurs.

L’avis d’un recruteur

André Lefebvre, recruteur junior en Nouvelle-Écosse pour le compte des Wildcats de Moncton, refuse de parler du cas d’un joueur spécifique, mais en général, il estime que les blessures comme celles de Noah ont un impact limité sur le choix d’une équipe.

Si un recruteur a bien fait ses devoirs, il va avoir vu un joueur entre 15 et 25 fois pour bien l’évaluer et il va l’avoir vu jouer aussi tôt qu’en deuxième année bantam, explique-t-il. Il ajoute que si un joueur est déjà dans la mire d’une équipe, des blessures qui le tiennent à l’écart du jeu ne sont pas trop graves.

Selon lui, ce que les recruteur vérifieront à son retour au jeu, c'est la confiance qu’il démontre et sa réaction aux contacts.

M. Lefebvre ajoute toutefois que si les fractures à répétition ne sont pas insurmontables, les commotions cérébrales, elles, sont plus inquiétantes et peuvent influencer le choix d’une équipe au repêchage.

Résilience et convalescence

Noah Gibbs reçoit enfin de bonnes nouvelles à la fin du mois d’octobre. Arrivé à son rendez-vous chez l’orthopédiste en béquilles, il repart sur ses deux pieds. Il a regardé les rayons X, puis il m'a dit qu'on allait commencer la mise en charge [mettre du poids sur le pied blessé] tranquillement, puis qu'on se reverrait dans six semaines, dit-il.

Il espère pouvoir recommencer à aider son équipe dans le temps des Fêtes. Il manquera toutefois le Monctonian, un tournoi important pour les recruteurs de la LHJMQ. Malgré cela, il est optimiste quant au reste de sa saison. Malgré ses blessures, il a hâte de pouvoir impressionner en se consacrant complètement à sa grande passion, le hockey.

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