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Peut-on trop aimer une municipalité, se demande la mairesse de Squamish

La municipalité de Squamish, victime de sa grande popularité, est aux prises avec une crise du logement.

Immeuble en construction avec une grue et des panneaux de restriction de traffic routier dans une rue passante, au centre-ville de Squamish.

Plus de 4000 logements sont en construction ou en voie de l'être dans la petite municipalité de Squamish.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Julie Landry

Si Squamish a longtemps été considérée comme une municipalité-dortoir entre Vancouver et Whistler, ce n’est plus le cas. Son dynamisme et son environnement attirent un nombre croissant de touristes adeptes de plein air et de plus en plus de gens qui veulent s’y installer.

Karen Elliott debout, dans un parc de la ville, devant des buissons.

La mairesse de Squamish, Karen Elliott, constate que sa municipalité fait des envieux.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

On est en mode rattrapage, admet la mairesse de Squamish, Karen Elliott, qui réalise que la croissance de sa ville ne risque pas de ralentir.

Un nouveau bébé naît tous les jours dans cette municipalité d’environ 20 000 habitants. La moyenne d’âge n’est que de 37 ans et demi et il y a également une hausse du nombre de personnes âgées qui s’y installent, notamment pour être proches de leurs petits-enfants. La Municipalité travaille donc avec le système scolaire et de santé pour assurer des services aux enfants.

Crise du logement

Le taux d'inoccupation à Squamish est de pratiquement 0 % depuis 2015. La crise du logement est la priorité de la Municipalité parce que les conséquences sont majeures, notamment sur la capacité de recruter de nouveaux employés.

Initiatives pour gérer la croissance

  • Création d’une zone délimitée pour la construction immobilière
  • Obligation pour les promoteurs immobiliers de fournir du logement locatif
  • Interdiction de transformer certains logements locatifs en unité à vendre
  • Utilisation des terrains municipaux pour la construction de logements abordables
  • Priorité aux promoteurs qui construiraient des immeubles destinés exclusivement à la location de logements

Source : Mairie de Squamish

Le projet d’usine de gaz naturel liquéfié Woodfibre LNG, qui attirera environ 600 travailleurs, risque d'aggraver la crise du logement. C’est la raison pour laquelle l’entreprise propose d’installer un floatel, ou hôtel flottant, avec 600 chambrettes individuelles, une cafétéria et un centre récréatif.

L'entreprise avait déjà proposé de construire un camp de travailleurs, mais la proposition avait suscité une forte opposition à Squamish.

Image d'une barge insérée dans une photo de la baie Howe, où l'on voit la baie entourée de montagnes.

Représentation artistique du projet d'hôtel flottant dans la Baie Howe, près de Squamish.

Photo : Woodfibre LNG

Les résidents, dont certains s’inquiètent de l’arrivée massive de ces travailleurs, ont jusqu’au 12 novembre pour se prononcer au sujet de ce projet, auprès du bureau d’évaluation environnementale de la province.

Rob Mingay, le vice-président développement des affaires de Woodfibre LNG, admet que son entreprise s’inquiète aussi des effets socioéconomiques qu'aurait l'arrivée massive de travailleurs. « Nous allons consulter la communauté pour savoir quel accès ces travailleurs devraient avoir à la municipalité », explique-t-il.

Selon un sondage mené par l’entreprise, 47 % de la population appuie le projet d'hôtel flottant, comparativement à 20 % pour un camp de travailleurs dans la communauté. Ce n’est pas la majorité, mais c’est une portion appréciable de la communauté qui appuie le floatel, se réjouit le vice-président.

Nous sommes persuadés que ce sera bien accepté.

Rob Mingay, vice-président, développement des affaires, Woodfibre LNG

La mairesse attend l’étude des services municipaux sur les effets environnementaux, sociaux et économiques de ce projet avant de se prononcer. Du point de vue du logement, le projet est valable parce que je ne sais vraiment pas où ces travailleurs seraient allés, admet-elle.

Des opposants non convaincus

Les opposants au projet de gaz naturel ne sont pas convaincus par l'option du floatel, même s’ils concèdent qu’il s’agit d’un meilleur choix que l'implantation d’un camp de travailleurs.

Tracy Saxby, devant la route Sea-to-Sky et la baie Howe.

La directrice du groupe «My Sea to Sky», Tracy Saxby, est déterminée à tout faire pour stopper le projet de Woodfibre LNG, afin de protéger la Baie Howe.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Tracy Saxby, la directrice du groupe My Sea to Sky, une organisation environnementale mise sur pied pour protéger la baie Howe, en opposition au projet de Woodfibre LNG, s’inquiète tout de même des impacts environnementaux possibles d’un tel projet de logement sur le hareng, le saumon et les autres espèces marines.

Elle a peur que tous les millions investis pour restaurer la baie Howe, avec succès, n’aient été dépensés en vain. 

Nous sommes déterminés à arrêter Woodfibre LNG.

Tracy Saxby, directrice de My Sea to Sky

L'entreprise espère annoncer sous peu la date de la construction du projet d'usine de gaz naturel liquéfié.

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