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Tracts antibilinguisme au déjeuner du maire : Jim Watson rabroue un groupe de pression

Sur les documents, uniquement en anglais, on peut notamment lire que « le Canada n'est pas un pays bilingue ».

Des tracts comme celui-ci ont été distribués lors du déjeuner du maire d'Ottawa le mardi 12 novembre 2019.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada
Mis à jour le 

Jim Watson a rappelé à l'ordre le groupe de pression Canadians for Language Fairness après la distribution, mardi, de tracts antibilinguisme pendant son déjeuner du maire à l'hôtel de ville d'Ottawa.

Plusieurs personnes ayant assisté à l'événement ont dénoncé sur les médias sociaux le fait d'avoir trouvé sur les chaises des documents sur lesquels était écrit en anglais que le Canada n'est pas un pays bilingue [Canada is not a bilingual country]. Ironiquement, le mot billingual était mal écrit, ne prenant qu'un seul « l ».

Les tracts affirment que le bilinguisme coûte cher, et que l'Assemblée législative de l'Ontario ne doit pas adopter les projets de loi 135 sur la francophonie et 137 sur la communauté franco-ontarienne. Ils font aussi valoir que la minorité francophone impose sa vision à la majorité.

Les documents, dont Radio-Canada a obtenu copie, comportent l'adresse courriel de Canadians for Language Fairness.

Le maire Watson n'a pas apprécié ce geste. Il a partagé sur Twitter le contenu de la lettre qu'il a envoyée au groupe pour exprimer son mécontentement.

Même si je crois en la liberté d'expression, je suis déçu que vous ayez profité de mon petit déjeuner à l'hôtel de ville pour promouvoir votre message antagoniste déplorable, a-t-il écrit. Sachez que vous ne serez plus les bienvenus lors de mes activités à venir.

Malheureusement, plusieurs de nos collègues francophones ont senti que leur présence était indésirable ce matin, en raison de votre propagande.

Lettre de Jim Watson à Canadians for Language Fairness

Le président-directeur général de l'Hôpital Montfort, Bernard Leduc, a assisté au déjeuner du maire. Dans un micromessage sur Twitter, il a déploré que M. Watson n'ait pas présenté d'excuses lors de son allocution entièrement en anglais aux participants.

En entrevue à Radio-Canada, un porte-parole francophone de Canadians for Language Fairness, Jean-Serge Brisson, a admis que le geste du groupe était maladroit.

Canadians for Language Fairness essaye de passer le message que [la Loi sur les langues officielles] est rendue trop loin, a-t-il dit. Est-ce que [le geste] était approprié? Peut-être que non, mais la chance de passer ce message-là ne vient pas souvent.

L'ACFO d'Ottawa déplore le geste

La directrice générale de l'ACFO Ottawa, Ajà Besler, reconnaît que le bilinguisme engendre certains coûts pour la Ville d'Ottawa. Toutefois, elle est d'avis que la Municipalité en retire surtout des avantages, notamment économiques.

Mme Besler a également déploré que le groupe Canadians for Language Fairness ait utilisé le déjeuner du maire pour faire passer son message.

Je trouve que ça peut être très agressant de recevoir ce genre de message quand tu es dans un espace pour la discussion et la célébration, a-t-elle dit.

Selon le recensement de 2016, environ 13,7 % de la population de la capitale fédérale avait le français comme langue maternelle. Par ailleurs, plus de 37 % des Ottaviens avaient alors une connaissance des deux langues officielles.

Mardi, l'invité d'honneur du déjeuner du maire d'Ottawa était l'ancien gouverneur général David Johnston.

Avec les informations de Jérôme Bergeron et Alexandra Angers

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