•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La résistance aux antimicrobiens pourrait tuer des milliers de Canadiens d’ici 2050

La bactérie de la tuberculose.

L'augmentation du nombre d'infections résistantes aux antibiotiques pourrait tuer 396 000 Canadiens au cours des 30 prochaines années.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les bactéries résistantes aux antimicrobiens pourraient tuer près de 396 000 Canadiens d’ici 2050, prévient un rapport du Comité d’experts sur les incidences socioéconomiques potentielles de la résistance aux antimicrobiens au Canada.

Le rapport peint un portrait accablant de la rapidité à laquelle les bactéries se renforcent à travers le pays. L'an dernier, seules 26 % des infections bactériennes résistaient aux traitements, mais, selon les auteurs du rapport, 40 % des bactéries deviendraient résistantes d'ici 2050.

Cette croissance coûtera 388 milliards de dollars au produit intérieur brut du Canada et 120 milliards de dollars en frais d’hôpitaux du pays dans les 30 prochaines années, selon les auteurs du rapport.

C’est presque aussi important, si ce n'est plus, que les changements climatiques, dans le sens où cela touche directement les gens. Les données sont stupéfiantes, affirme Brett Finlay, professeur de microbiologie à l’Université de la Colombie-Britannique qui a présidé le comité responsable de l'étude.

Il est temps pour nous d’agir maintenant.

Brett Finlay, professeur de microbiologie, Université de la Colombie-Britannique

Selon le rapport, le Canada n’a pas de système national, ni provincial ou territorial, surveillant la résistance et l’utilisation d’antimicrobiens. Ottawa manque également de données décrivant le montant d’infections résistantes ainsi que leurs caractéristiques.

Le rapport recommande au gouvernement fédéral d’investir 120 millions de dollars en recherche et en innovation et jusqu’à 150 millions de dollars en intendance, en éducation et en contrôle des infections. Le tout devrait être jumelé avec les provinces et les territoires.

D’où vient la résistance aux antimicrobiens?

illustration 3D d'une bactérie Pseudomonas aeruginosa.

Cette augmentation de résistance aux antimicrobiens coûtera 120 milliards de dollars en frais d'hospitalisation et 388 milliards de dollars en produit intérieur brut au Canada au cours des trois prochaines décennies.

Photo : iStock

La résistance aux antimicrobiens a lieu lorsque des microorganismes comme des bactéries, des virus ou des champignons se développent et résistent aux antimicrobiens qui devraient habituellement les tuer. Cette résistance se renforce lorsque des antimicrobiens sont utilisés de manière inutile chez les humains ou en agriculture. Ces bactéries sont ensuite répandues à travers la planète grâce aux voyages ou au commerce international.

Les antibiotiques, chargés de traiter les infections causées par des bactéries, sont les antimicrobiens les plus communs.

Des répercussions sociales

La montée de la résistance aux antimicrobiens pourrait même avoir des répercussions sociales marquées, prévient le rapport.

« La discrimination pourrait être ciblée contre ceux qui résistent aux infections ou qui pourraient être jugés comme étant sujets aux infections », poursuit le rapport. 

« La société canadienne pourrait devenir moins ouverte et confiante, ajoute l'étude, les gens seraient moins susceptibles de voyager et plus en faveur de fermer les frontières canadiennes à la migration et au tourisme. »

La résistance aux antimicrobiens a le potentiel de toucher tout le monde, selon le professeur Brett Finlay : « Nous allons tous à l’hôpital et nous avons tous des infections. »

Ça va changer le monde.

Brett Finlay, professeur de microbiologie, Université de la Colombie-Britannique

Selon le Dr John Conly, coauteur de l'étude et professeur à l'Université de Calgary spécialisé en maladies chroniques, le gouvernement et le public devraient absolument se soucier de la résistance aux antimicrobiens, autant qu'aux changements climatiques.

C’est un tsunami qui se déplace lentement. Comme un raz-de-marée, il est à la mer, mais il va se rabattre sur nous plus rapidement que les changements climatiques.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Santé publique

Santé