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Congédiement de Don Cherry : réactions opposées entre l’est et l'ouest du pays

Don Cherry regarde la caméra en ajustant sa cravate.

Le sociologue Nicolas Moreau croit que ,de manière générale, les anglophones et l’ouest du Canada soutiennent davantage Don Cherry que les francophones et l’est du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

La controverse entourant le congédiement de Don Cherry par le réseau Sportsnet continue de susciter de vives réactions d'un bout à l'autre du pays. Un sociologue spécialisé en sports de l'Université d'Ottawa dresse même un parallèle avec la division qui existe entre l’est et l’ouest du pays, comme nous avons pu le constater lors des dernières élections fédérales.

Lors de son segment Coach’s Corner de samedi soir à l'émission Hockey Night in Canada, Don Cherry s'est insurgé de ne voir que rarement ceux qu'il croit être de nouveaux immigrants porter un coquelicot pour le jour du Souvenir.

La décision du réseau de télévision Sportsnet de le congédier lundi n'étonne pas le sociologue Nicolas Moreau, même si le commentateur controversé n'en était pas à sa première polémique. Il croit que certaines remarques qu’avait faites Don Cherry il y a une dizaine d’années n’ont plus leur place à la télévision aujourd’hui.

On avait une certaine tolérance envers des propos misogynes, discriminatoires envers les minorités. Don Cherry l’a fait avec les francophones, les Européens, les femmes, etc. On est [maintenant] dans une société où ce type de propos devient de plus en plus condamné et d'ailleurs condamnable, ce qui fait que ça ne passe plus, mentionne le sociologue.

Nicolas Moreau.

Nicolas Moreau croit qu'une radio privée pourrait redonner un micro à Don Cherry, mais qu'on ne le reverra plus à la télévision nationale.

Photo : Radio-Canada

L’ancien descripteur des matchs des Roughriders de la Saskatchewan, Rod Pedersen, abonde dans le même sens.

Dans son émission The Rod Pedersen Show de mardi matin, l’animateur a déclaré qu’il y a 10 ans, il aurait sans doute défendu Don Cherry, mais que, dans la société actuelle, il ne peut pas.

Quand j’ai vu les propos de Don Cherry, j’ai immédiatement pensé qu’il allait être congédié. Le monde des médias a changé. Nous ne pouvons plus nous permettre ce genre de remarques, a-t-il affirmé.

Un homme dans un studio de radio à thématique sportive.

Rod Pedersen dit qu'il aurait défendu Don Cherry il y a 10 ans, mais qu'aujourd'hui, ça ne passe plus.

Photo : Facebook : @TheRodPedersenShow

Sur les réseaux sociaux, la décision continue de faire réagir partout au pays. D'un côté, plusieurs chroniqueurs, internautes et personnalités publiques ont salué son congédiement. De l’autre, bon nombre d'internautes veulent s'allier pour que Sportsnet revienne sur sa décision.

En début d'après-midi mardi, le mot-clic « #BoycottRogers » était aussi l’un des sujets les plus discutés sur le média social Twitter.

Deux Canada, deux réalités

Nicolas Moreau croit aussi que, de manière générale, les anglophones et l’ouest du Canada soutiennent davantage Don Cherry que les francophones et l’est du Canada.

Ça vient cristalliser le Canada, comme on l’a vu d’ailleurs aux élections [fédérales] où on a vu qu’il y avait deux Canada, estime le sociologue du sport. Dans ce contexte-là, Sportsnet n’avait pas le choix, à mon avis, de licencier Don Cherry. [Ses propos] sèment la division dans un pays dont la division vient d'être mise en évidence par les élections.

De son côté, le fondateur de Wexit Canada, Peter Downing, a profité du congédiement de Don Cherry pour alimenter le mouvement indépendantiste et le sentiment d’aliénation de l’Ouest canadien.

Ils ont congédié une icône culturelle canadienne le jour du Souvenir pour avoir défendu le coquelicot et la mémoire de nos anciens combattants. L'est du Canada est mort pour moi. #WEXITNOW, a publié M. Downing.

Il s’en est aussi pris à l’ancien ministre libéral Amarjeet Sohi, qui avait mentionné que l'analyste controversé avait tenu des propos qui divisent.

Don Cherry est une légende canadienne. Vous avez laissé tomber les Albertains et perdu votre siège. Arrêtez de pleurer. C’est de mauvais goût. #WEXITALBERTA #WEXITNOW, a écrit le fondateur de Wexit Canada sur Twitter.

Une pétition en ligne

Une pétition en ligne intitulée « Bring back Don Cherry! [Ramenez Don Cherry, NDLR] », a aussi été lancée lundi après-midi.

Sur le site change.org, on peut lire : Don Cherry est une icône canadienne et un symbole de la classe ouvrière. Il est peut-être politiquement incorrect et n’a pas été aussi prudent qu’il aurait dû l’être dans ses remarques, mais cela ne justifie pas son congédiement. Sportsnet et CBC ne devraient pas succomber à la pression des libéraux et des activistes de Twitter. Nous demandons qu’ils réintègrent immédiatement Don Cherry.

L'organisateur de la pétition est un ancien politicien conservateur de l’Alberta, Derek Fildebrandt. Ce dernier a été forcé de quitter le Parti conservateur uni après avoir plaidé coupable à une accusation de possession illégale de cerf de Virginie. Plus tôt cette année, il a acheté les droits du magazine Western Standard, qui milite pour l’indépendance de l’Ouest canadien.

Mardi midi, la pétition comptait plus de 95 000 signatures.

Avec les informations de Charles Lalande

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