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Bolivie : la sénatrice Jeanine Añez se proclame présidente par intérim

Une femme portant une écharpe et soulevant son poing, entourée par une femme et des hommes.

La sénatrice Jeanine Añez au balcon du palais présidentiel après s'être proclamée présidente par intérim.

Photo : Reuters / Henry Romero

Radio-Canada

La crise politique risque de s’envenimer davantage après que la sénatrice Jeanine Añez s’est proclamée présidente par intérim dans des conditions troubles.

De son exil mexicain, l’ex-président bolivien Evo Morales a qualifié cette proclamation de coup d'État.

Le coup d'État le plus astucieux et le plus odieux de l'histoire a eu lieu. Une sénatrice issue d'un coup d'État de droite se proclame présidente du Sénat, puis présidente par intérim de la Bolivie sans quorum législatif, entourée d'un groupe de complices et dirigée par l'armée et la police qui répriment le peuple, a déclaré sur Twitter M. Morales.

La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim alors que le quorum au Parlement n’était pas atteint. Les élus du Mouvement pour le socialisme (MAS), le parti de Morales, ont boycotté la séance comme ils l’avaient promis.

Mme Añez a justifié sa proclamation par la nécessité de créer un climat de paix sociale.

Nous souhaitons convoquer des élections au plus vite, a-t-elle ajouté.

La sénatrice revendiquait la présidence par intérim après les démissions du président Evo Morales et de ses successeurs prévus par la Constitution, à savoir le vice-président Alvaro Garcia Linera, la présidente et le vice-président du Sénat ainsi que le président de la Chambre des députés.

Morales exilé au Mexique

L'ex-président Evo Morales est arrivé au Mexique mardi après un long périple. Le secrétaire mexicain aux Relations extérieures, Marcelo Ebrard, a déclaré : Il nous a demandé verbalement et de façon officielle de lui accorder l'asile politique dans notre pays. Ce à quoi le gouvernement mexicain a répondu positivement.

En sécurité une fois arrivé à l’aéroport de Mexico, l’ex-président Morales, 60 ans, a déclaré : La lutte continue.

Il a du même souffle remercié le Mexique qui a selon lui sauvé sa vie, ajoutant que des groupes de putschistes avaient saccagé sa maison et celle de sa sœur au cours des dernières heures.

Après avoir pillé et tenté de mettre le feu à ma maison à Villa Victoria, des groupes de vandales des putschistes Carlos Mesa et Luis Fernando Camacho ont fait irruption chez moi dans le quartier de Magisterio à Cochabamba. Je suis très reconnaissant à mes voisins qui ont arrêté ces raids.

Evo Morales, ex-président de la Bolivie sur Twitter

Carlos Mesa est le candidat d'opposition qui réclamait un second tour à la dernière élection présidentielle, et Luis Fernando Camacho est la figure de proue de la révolte populaire contre le résultat du scrutin de la fin d'octobre, jugé frauduleux par l’opposition.

Un « coup d'État », martèle Morales

Affirmant qu’il a bel et bien été chassé du pouvoir par un coup d’État, Evo Morales a assuré qu’il continuera de faire de la politique aussi longtemps qu’il sera en vie et qu’il ne changerait pas à la suite de cet événement.

L’ex-leader bolivien a mis de nombreuses heures d’avion pour rejoindre le Mexique après que plusieurs pays qui se trouvaient sur l’itinéraire de vol de son avion lui eurent refusé l’accès à leur espace aérien, même pour refaire le plein de carburant.

Frères et soeurs, je pars pour le Mexique, avait twitté Evo Morales en début de nuit. Ça me fait mal d'abandonner le pays pour des raisons politiques, mais [...] je reviendrai bientôt avec plus de force et d'énergie, a-t-il promis.

Au pouvoir depuis janvier 2006 en Bolivie, le président Evo Morales a été contraint dimanche soir dernier de remettre sa démission en pleine crise sociale et politique après avoir perdu le soutien de l’armée.

Un groupe de policiers en armure.

Des policiers en armure des forces tactiques boliviennes se regroupent sur une place publique de La Paz.

Photo : afp via getty images / JORGE BERNAL

Violence dans les rues

Dans les rues de Bolivie, les pillages, les heurts et les violences sont tels que la police s’est dite lundi dépassée par la situation avant de demander l'aide de l'armée pour rétablir le calme dans le pays.

Depuis lundi, les forces de sécurité se sont progressivement redéployées, faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser des groupes de manifestants encagoulés et armés de bâtons qui font régner la terreur dans les rues.

De petites casernes de la police ont aussi été pillées et incendiées dans plusieurs villes.

Des policiers et des manifestants courent dans la rue.

Des policiers battent en retraite dans une rue de La Paz.

Photo : Getty Images / Javier Mamani

Dimanche soir, des milliers de Boliviens ont déferlé dans les rues pour célébrer le départ d'Evo Morales, après la vague de contestation de sa victoire électorale qui a fait 3 morts et au moins 383 blessés.

L'ex-président Morales, qui a longtemps incarné un symbole d'émancipation pour les populations indigènes d'un pays, a été l’objet d’un important mouvement de contestation à la suite de l’obtention d’un quatrième mandat aux élections, il y a de cela trois semaines.

Contesté à l’intérieur du pays comme à l’étranger, le résultat du scrutin considéré comme frauduleux a mis le feu dans les rangs de l’opposition et entraîné d’importantes grèves générales qui ont paralysé le pays jusqu’à ce que l’armée retire son appui au président Morales.

Evo Morales, premier chef d'État indigène du pays, était le plus ancien dirigeant en exercice d'Amérique latine.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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