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La plateforme de diffusion en continu Disney+ est lancée au Canada

Disney+ est arrivée au Canada et s'inscrit dans le menu de plus en plus garni d'options de télévision.

Le logo de l'entreprise Disney

Photo : Associated Press / Francois Mori

Louis-Philippe Ouimet

Après les chaînes Netflix, Club Illico et ICI Tou.tv, pour n'en nommer que quelques-unes, la chaîne Disney+ s'ajoute mardi à l'offre de télévision en continu offerte au Canada.

Il s'agit d'un autre chef de file de l'industrie qui bonifie l'offre de contenus. Le nouveau service du géant du divertissement comprend une vaste bibliothèque de titres Disney, incluant des dessins animés classiques comme Le roi lion (The Lion King) et Pinocchio, ainsi que les films de Star Wars.

Il comprend également un certain nombre de sélections de la cinémathèque de la 20th Century Fox, acquise plus tôt cette année, notamment Un baiser, enfin! (Never Been Kissed) et La mélodie du bonheur (The Sound of Music).

Un coup sur le portefeuille?

L’offre de contenu de Disney+ s’ajoute à celle des différentes plateformes déjà actives comme Netflix, Hulu ou Amazon Prime Video, sans compter les futures concurrentes comme HBO Max, la nouvelle plateforme en ligne du diffuseur HBO, et Peacock, qui sera lancée par la chaîne américaine NBC.

Les consommateurs et consommatrices ne sont donc pas en reste, mais c’est leur portefeuille qui pourrait en prendre un coup.

C’est d’ailleurs ce que constate la famille de Valérie Blanchette et Yannick Lalonde, qui, avec leurs deux enfants, passent énormément de temps devant l’écran pour regarder des contenus télévisés selon leurs intérêts respectifs.  

Moi, je suis pas mal plus ICI Tou.tv en fait. Je suis plus portée à écouter des trucs québécois, soutient pour sa part Valérie. Moi, je suis plus Netflix, pour les documentaires, ajoute Yannick.

Selon l'Observatoire des technologies médias (OTM), même si 81 % des francophones ont toujours un abonnement à la télévision traditionnelle, 49 % ont également un abonnement à un service de télévision en continu. Le couple avoue qu’il devra faire des choix, étant donnée l’étendue de l'offre.

L'offre est tellement diffuse, les gens ne sauront plus quoi choisir. Tu ne veux pas avoir 1600 postes et ne pas savoir quoi regarder, affirme Yannick Lalonde.

Le début d’une guerre de prix

Sept géants de la télévision en continu s'affrontent au Canada. Dans le coin droit, le numéro 1 Netflix, qui se fait concurrencer par Amazon Prime Video, par Crave, et nouvellement, par Apple TV+ et Disney+.

Dans le coin gauche, les grands spécialistes de l'offre francophone, Club Illico et ICI Tou.tv, qui ont tous deux une offre qui équivaut à près de 10 000 heures de contenu.

La professeure invitée à l'École des médias de la Faculté de communication de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Catalina Briceno, est catégorique : il y aura une guerre des prix entre ces différents concurrents, qui proposent tous ces contenus télévisés en ligne.

Des acteurs comme Disney et Apple entrent sur le marché, et pour être rentables, ils doivent avoir entre 60 et 90 millions de personnes abonnées. Et ils n’ont pas 10 ans pour faire ça.

Catalina Briceno

Le professeur au Département de communication sociale et publique de l’UQAM Destiny Tchéhouali abonde dans le même sens que sa collègue :

Là, on entre dans une nouvelle ère de la guerre des plateformes qui va être celle du contenu exclusif. On peut se réjouir pour les consommateurs, mais en même temps, combien on paie pour avoir accès à ces différentes plateformes?

La facture peut grimper assez rapidement, selon lui. Un abonnement à tous les services représente une coquette somme.

Ici, au Canada, Deloitte prédit que ça va être autour de 100 $ par mois pour des abonnements de contenus médias confondus, radio, journaux. Par contre, aux États-Unis, le prix plafond tourne autour de 25 à 40 $, soutient Catalina Briceno.

  • Netflix : 9,99 $ à 16,99 $
  • Crave : 9,99 $ à 19,98 $
  • Amazon Prime Video : 7,99 $
  • Apple TV+ : 5,99 $
  • Disney + : 8,99 $
  • Le Club Illico : 9,99 $ (pour la clientèle de Vidéotron)
  • ICI Tou.tv (Extra) : 6,99 $

Les chiffres le démontrent, l'abonnement à télévision traditionnelle n'est pas en train de mourir. Pour une question de temps et d'argent, les téléspectateurs et téléspectatrices devront donc choisir méticuleusement leurs abonnements de diffusion en continu.

On va voir un nouveau type de comportement s'installer. Premièrement, [on verra] beaucoup de fluctuations dans les abonnements, par exemple, trois mois à Disney+, trois mois à Netflix, trois mois à ICI Tou.tv, etc., prédit Catalina Briceno.

Favoriser la création locale

Le nerf de la guerre est dans le contenu original. Le Club Illico et ICI Tou.tv misent tous deux sur des émissions en français, et les deux services ont vu leur nombre d'abonnements grimper.

On a augmenté beaucoup notre offre de contenus, autant dans [la portion gratuite] que dans [la payante] en offrant des webséries, des primeurs, etc., explique  Christiane Asselin, directrice principale d'ICI Tou.tv.

On voit les résultats de District 31, les résultats de Tout le monde en parle… Les gens n’ont pas juste une dimension dans leur façon d'écouter [la télévision].

La vice-présidente Commercialisation et Contenu à Vidéotron, Caroline Paquet, estime que l’offre proposée au Québec n’a rien à envier à celle propulsée par les géants.

« L'offre de contenu pour le Club, c'est 6000 contenus et autour de 10 000 heures de contenu, c'est une offre alléchante pour notre clientèle. »

Selon la professeure Briceno, la plupart des entreprises qui ont annoncé leur entrée dans le monde de la diffusion en continu conservent un énorme retard quant à l'offre de contenus francophones.

Ça favorise nos acteurs locaux à certains égards, estime la professeure Briceno.

Déjà des problèmes techniques pour Disney+?

Déjà, mardi, la nouvelle plateforme de Disney connaissait des problèmes techniques à son lancement aux États-Unis et au Canada. Plusieurs utilisateurs et utilisatrices affirment avoir rencontré des difficultés pour accéder à leur compte.

Des captures d'écran publiées sur Twitter et d'autres réseaux sociaux montrent le message « Impossible de se connecter à Disney+ », accompagné d'une image du film d'animation Les mondes de Ralph et d'une invitation à relancer la connexion.

La demande des consommateurs et consommatrices pour Disney+ a dépassé nos grandes attentes. Nous sommes heureux de cette réaction incroyable et travaillons pour résoudre rapidement le problème en cours, a indiqué un porte-parole de Disney à l'AFP.

Selon le site Downdetector, qui permet aux internautes de faire état d'erreurs sur des applications et des sites, près de 8000 signalements ont été faits au moment d’écrire ces lignes.

Les problèmes touchent principalement la côte est des États-Unis et la Californie.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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