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  • En 1989, l’automne et l’hiver se transforment en printemps en Tchécoslovaquie

    L'animatrice du Téléjournal Céline Galipeau présente la situation en Tchécoslovaquie. En haut de l'image on voit Alexander Dubček, considéré comme le père du Printemps de Prague de 1968.

    Il y a 30 ans débutait la révolution de velours en Tchécoslovaquie

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    En Tchécoslovaquie, la politique bouscule souvent la séquence des saisons. En août 1968, l’invasion soviétique avait brutalement mis fin au Printemps de Prague. En novembre et en décembre 1989, un automne et un hiver révolutionnaires ont ramené ce printemps, comme on a pu le constater sur les ondes de Radio-Canada.

    Un hiver glacial et stalinien

    On ne peut pas dire qu’il y a une odeur de printemps à Prague. Au contraire, c’est l’hiver stalinien.

    Peter Uhl, 8 octobre 1989

    Dimanche magazine, 8 octobre 1989 (audio)

    Le 8 octobre 1989, l’émission de radio Dimanche magazine présente une entrevue du journaliste Louis Martin avec l'essayiste tchèque Peter Uhl.

    Peter Uhl est un important opposant au régime communiste de Tchécoslovaquie.

    Il est l'un des premiers signataires de ce qu’on appelle la Charte 77, un mouvement réclamant une libéralisation politique du régime communiste en place depuis 1948.

    Peter Uhl est aussi un ami proche du plus célèbre des dissidents tchèques, le dramaturge Vaclav Havel.

    D’entrée de jeu, Louis Martin demande au Tchèque si son pays pourrait suivre les exemples de la Pologne, de la Hongrie ou même de l’Union soviétique de Mikhaïl Gorbatchev.

    Le régime communiste tchèque pourrait-il se libéraliser? En d'autres mots, renouer avec le printemps interrompu par l’invasion soviétique en août 1968?

    La réponse d'Uhl est catégorique : en octobre 1989, il règne à Prague et dans toute la Tchécoslovaquie un hiver politique glacial et stalinien.

    Peter Uhl affirme qu’au moment de l’entrevue, à peu près 30 000 Tchèques avaient signé une pétition réclamant des réformes. On est cependant loin de 300 000 ou de 3 millions.

    Ces nombres évoqués par le dissident apparaîtront sans crier gare six semaines plus tard.

    C'est le début de ce qu'on appellera la « révolution gentille » ou « de velours ».

    La nuit où l’hiver a cédé sa place au printemps

    La Tchécoslovaquie est en train de vivre une nuit décisive pour son avenir à quelques heures de la réunion du comité central du Parti communiste.

    Pierre Tisseyre, 23 novembre 1989

    Bonsoir, ça aura pris plus de 20 ans, mais la Tchécoslovaquie a connu aujourd’hui un vrai printemps de Prague.

    Céline Galipeau, 24 novembre 1989

    À la mi-novembre 1989, le glacier tchèque se met subitement à fondre.

    L’élément déclencheur, c’est la pression de la population qui descend dans la rue et qui exige des réformes.

    Les événements se déroulent à une vitesse vertigineuse :

    17 novembre : la police réprime à Prague une manifestation de 15 000 étudiants. On affirme qu’un garçon a été tué. La nouvelle est fausse, mais embrase la Tchécoslovaquie.

    19 novembre : une foule de 200 000 personnes envahit la place Venceslas, le cœur historique de Prague.

    23 novembre : l’animateur du Téléjournal Charles Tisseyre parle de manifestations à Prague et à Bratislava qui rassembleraient, selon certaines sources, un demi-million de personnes.

    Téléjournal, 23 novembre 1989

    Après la présentation de l'animateur Charles Tisseyre, le Téléjournal présente le reportage de la journaliste Francine Bastien, envoyée spécialement en Tchécoslovaquie pour rendre compte des événements.

    La journaliste entend les cris de la foule qui occupe la place Venceslas et qui exige la démission des dirigeants du Parti communiste.

    Elle assiste également au discours prononcé par le dissident Vaclav Havel qui réclame que les communistes n’utilisent pas la force pour répondre au mécontentement populaire.

    Elle rend compte aussi de la manifestation à Bratislava.

    Dans la deuxième ville de Tchécoslovaquie, 50 000 manifestants acclament Alexander Dubček, considéré comme le père du Printemps de Prague de 1968.

    Francine Bastien termine son reportage en annonçant que le comité central du Parti communiste se réunira de manière extraordinaire le lendemain.

    On ne le sait pas encore, mais cette journée sera historique.

    Téléjournal, 24 novembre 1989

    Le 24 novembre 1989, l’animatrice du Téléjournal, Céline Galipeau, confirme que la direction du Parti communiste tchèque a démissionné en bloc.

    Francine Bastien assiste de Prague à ces nouveaux développements.

    Les dirigeants intransigeants du Parti communiste ont cédé leurs postes à des chefs modérés. Sur la place Venceslas, une foule en délire accueille Alexander Dubček venu de Bratislava.

    Le lendemain, un million de manifestants sont dans la rue pour réclamer le départ pur et simple des communistes.

    Le 29 novembre 1989, le Parti communiste tchèque, en complète déliquescence, quitte le pouvoir.

    Le 1er décembre 1989, la direction communiste tchèque avoue que l’invasion de la Tchécoslovaquie pour mettre fin au Printemps de Prague était « une erreur injustifiable » et offre ses excuses.

    Alexander Dubček devient en 1989 président du Parlement fédéral de la République fédérale tchèque. Il meurt en 1992 des suites d’un accident de voiture.

    Vaclav Havel deviendra pour sa part président de la République fédérale tchèque et slovaque de 1989 à 1992 puis président de la République tchèque de 1993 à 2003.

    Scully rencontre, 2 avril 1995

    Le 2 avril 1995, l’animateur Robert Guy Scully interviewe pour son émission Scully rencontre Vaclav Havel.

    Le président-philosophe et l’animateur discutent de la dictature communiste, de la révolution de velours et de l’évolution de la société tchèque depuis 1989.

    Certains de ses commentaires, même exprimés en 1995, nous éclairent sur l’évolution politique des pays de l’ex-empire soviétique en ce début de 21e siècle.

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