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L’Alberta envisage de couper les liens avec la Gendarmerie royale du Canada

Un policier vu de dos.

L'Alberta a recours aux services de la GRC depuis 1932 (archives).

Photo : Reuters / Chris Wattie

Radio-Canada

Le premier ministre Jason Kenney évoque la possibilité de créer un corps de police provincial. C’est une des idées qui seront étudiées par un nouveau comité créé pour réfléchir à l’indépendance de l’Alberta. 

Durant un discours, samedi, à Red Deer, Jason Kenney a annoncé la mise en place d'un comité responsable d'étudier des mesures qui pourraient renforcer l'indépendance de l’Alberta à l'égard du reste du pays. 

Parmi ces mesures figure la création d’un corps de police provincial.

En dehors des services de police municipaux comme ceux de Calgary et d’Edmonton, la police provinciale, elle, dépend de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). 

Nous allons demander au comité d’explorer la possibilité de mettre en place une police provinciale albertaine et de mettre fin à notre entente sur les services de police avec le gouvernement du Canada, a déclaré le premier ministre albertain. 

L’Ontario et le Québec ainsi que Terre-Neuve et Labrador ont déjà leur propre corps de police et ne dépendent plus de la GRC.

Au Canada, à différents moments de l’histoire, avoir le contrôle du maintien de l’ordre a été un problème pour des provinces qui cherchaient à prendre en main leur propre gouvernance, explique Michael Kempa, qui est professeur de criminologie à l’Université d’Ottawa. C’est un élément clé de l'administration de la justice qu’elles préféraient ne pas laisser au gouvernement fédéral.

Un plus grand contrôle

Il y a un vif débat autour de la GRC depuis plus de 20 ans, poursuit M. Kempa. Il s’agit de savoir si elle peut se concentrer sur les problèmes relevant d’une police fédérale, tout en gérant également des problèmes relevant du provincial et parfois du municipal. Une seule entité n’est peut-être pas capable de faire tout cela de façon particulièrement efficace.

Selon Robert Gordon, qui est professeur de criminologie à l'Université Simon Fraser, si les provinces recherchent plus d’autonomie par rapport à Ottawa, c’est aussi en raison de la centralisation de l'administration policière. Pour le moment, le maintien de l’ordre, les priorités, les normes, tout est géré par Ottawa. Et, bien évidemment, c’est la dernière chose que souhaiterait une Alberta indépendante.

Des coûts plus élevés

Mettre en place un corps de police provincial coûterait plus cher, surtout au début du processus, affirme M. Gordon. On parle de millions de dollars pour effectuer la transition, car il faut repeindre les véhicules, changer les uniformes, toutes sortes de choses.

Il n’y a aucun doute que ça coûterait plus d’argent.

Robert Gordon, professeur de criminologie à l'Université Simon-Fraser

En plus de l’investissement initial, dit-il, les coûts de fonctionnement seraient aussi plus élevés, notamment parce que les agents des corps policiers provinciaux et municipaux sont mieux payés.

Michael Kempa, lui, voit un possible retour sur investissement. Même si cela coûte plus cher, on peut espérer qu’avec un corps de police qui relève de la compétence provinciale avec des policiers qui en dépendent directement, les services de maintien de l’ordre seront adaptés aux préférences, aux besoins et aux normes du territoire.

L’Alberta a déjà eu son propre corps de police. La Police provinciale de l’Alberta a été en place de 1917 à 1932, date à laquelle elle a été remplacée par la GRC. Cette décision, prise durant la Grande Dépression, était une mesure d’économie, selon la Société des archives de l’Alberta. 

La Gendarmerie royale du Canada n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Avec les informations de CBC

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Politique provinciale