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Israël exécute un haut commandant du Djihad islamique à Gaza

Des centaines d'hommes entourent un brancard sur lequel repose le corps de la victime.

Le corps de Baha Abou Al-Ata, tué mardi par une frappe israélienne, a été transporté dans les rues de la ville par des Gazaouis.

Photo : Getty Images / AFP/MAHMUD HAMS

Radio-Canada

Un haut responsable du Djihad islamique a été tué mardi à Gaza par l’armée israélienne, tandis qu'un autre a été pris pour cible à Damas, en Syrie. Le groupe armé réplique par un barrage de roquettes sur Israël.

Le Djihad islamique a confirmé que le commandant de sa branche nord dans la bande de Gaza, Baha Abou Al-Ata, est mort avec sa femme après une frappe israélienne contre l'immeuble où ils résidaient. Deux de leurs enfants ont aussi été blessés.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déclaré que l'opération avait été approuvée par son Cabinet il y a 10 jours, et qu'elle a été menée en collaboration avec les services de renseignement intérieur du Shin Bet.

Il était responsable de plusieurs attaques terroristes, de tirs de roquettes sur l'État d'Israël au cours des derniers mois et avait l'intention de perpétrer des attaques imminentes.

Benyamin Nétanyahou, premier ministre d'Israël

Nous cherchions le moment opportun où [Abou Ata] n'était pas protégé par un bouclier humain afin de minimiser les pertes potentielles, a pour sa part expliqué le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus.

Notre message au Hamas et au Djihad islamique palestinien est que nous ne cherchons pas une escalade [...], mais que nous sommes prêts à [envisager] des scénarios défensifs et offensifs, a-t-il aussi déclaré.

Nous nous préparons à plusieurs jours d'affrontements.

Jonathan Conricus, porte-parole de l'armée israélienne

Agé de 41 ans, Baha Abou Al-Ata avait rejoint les rangs du groupe palestinien dans les années 1990. Selon son père, il se cachait depuis plusieurs semaines parce qu'il craignait d'être ciblé par Israël.

Au moins 5 autres Palestiniens ont été tués dans des raids subséquents de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige l'enclave palestinienne depuis 2007.

Une trentaine de personnes ont aussi été blessées, dont certaines grièvement.

Une voiture brûle dans une rue.

Un véhicule stationné devant une usine brûle après avoir été vraisemblablement frappé par une roquette palestinienne, mardi, à Sderot.

Photo : Getty Images / AFP/AHMAD GHARABLI

Un autre dirigeant du Djihad islamique pris pour cible à Damas

En Syrie, l'agence officielle SANA a annoncé pour sa part que l'armée de l'air israélienne avait tiré trois missiles en direction de la maison d'un haut responsable politique du Djihad islamique, Akram Ajouri.

Ce dernier s'en est sorti indemne, mais trois personnes, dont son fils et sa petite-fille, sont mortes dans l'attaque et neuf autres ont été blessées, selon la presse officielle syrienne.

Le Djihad islamique a confirmé la mort du fils de son cadre, mais l'armée israélienne a refusé de commenter cette frappe.

Depuis des années, Israël procède à l'élimination ciblée de dirigeants palestiniens considérés comme des menaces à sa sécurité. Le cheikh Ahmed Yassine, fondateur du Hamas, a été tué de la sorte.

Le dernier assassinat du genre a été commis en mai, lorsque, l'armée israélienne a tué Hamad al-Khodori, considéré comme un argentier facilitant des transferts de fonds entre l'Iran, ennemi juré d'Israël, le Djihad islamique et le Hamas.

Le Hamas et Israël se sont livré trois guerres dans l'enclave depuis 2008. La dernière, en 2014, a duré une cinquantaine de jours.

Une pluie de roquettes sur Israël

Le Djihad islamique a annoncé être en alerte maximale après l'opération israélienne dans la bande de Gaza, promettant un barrage de roquettes sur le sud d'Israël dans des villes entourant Gaza et à Tel-Aviv.

Peu après, Israël a fait état d'un nombre important de tirs vers Israël depuis la bande de Gaza. Des sirènes d'alarme ont retenti dans des municipalités situées à proximité et même à Tel-Aviv.

Les écoles et les universités ont été fermées par les autorités israéliennes, et tous les résidents habitant une bande de terre de 90 kilomètres entre le nord de la bande de Gaza et Tel-Aviv ont été invités à se cloîtrer.

Selon l'armée, plus d'une cinquantaine de roquettes ont été lancées, mais une vingtaine d'entre elles ont été interceptées par le système de défense antimissile Dôme de fer.

Des roquettes ont endommagé une maison, une usine et une autoroute, où un tir a presque foudroyé des voitures qui circulaient.

Une boule de feu est visible sur une autoroute où passent des voitures.

Une roquette palestinienne est tombée sur une autoroute près d'Ashdod, en Israël.

Photo : Reuters / Netivey Israel

Les secouristes israéliens disent avoir traité 39 personnes pour des blessures mineures.

Une classe politique israélienne fragilisée

Ce nouvel épisode de violence au Proche-Orient survient peu après l'échec de M. Nétanyahou à former une coalition gouvernementale à la suite des élections de septembre.

En attendant, ce dernier dirige toujours le pays tandis que son rival, Benny Gantz, tente d'y parvenir à son tour. La tâche s'annonce difficile tant le paysage politique israélien est fragmenté.

Ce dernier a fait savoir qu'il avait été informé de l'opération militaire à l'avance, et qu'il estimait que la mener était la bonne décision.

M. Nétanyahou a par ailleurs annoncé vendredi qu'il allait abandonner le poste de ministre de la Défense au profit de Naftali Bennett, issu d'un petit parti de droite. Ce dernier n'est toutefois pas encore entré en fonction.

Contrairement au Djihad islamique, le Hamas a approuvé en novembre 2018 un accord de trêve négocié avec l'ONU, l'Égypte et le Qatar.

Cet accord prévoit notamment l'entrée chaque mois de millions de dollars d'aide pour la population de Gaza, où le chômage avoisine les 50 %.

Israël a cependant fermé les points de passage avec la bande de Gaza dans la foulée des affrontements de mardi.

Selon le chef de l'armée israélienne, Aviv Kochavi, Baha Abou Al-Ata avait tenté par tous les moyens de saboter les efforts ayant mené à la trêve avec le Hamas, une trêve qu'il n'acceptait pas, en orchestrant de nombreux tirs de roquettes vers Israël.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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