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Les commissions scolaires de l’Outaouais débarquent à Québec

Des sacs à dos d'enfants.

Des représentants de commissions scolaires de l'Outaouais affirment que la réforme aurait des conséquences importantes dans la région. (archives)

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Antoine Trépanier

Des représentants des quatre commissions scolaires francophones de l’Outaouais seront de passage mardi à l’Assemblée nationale, à Québec, pour tenter de convaincre le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de reculer sur sa grande réforme des commissions scolaires.

La concertation des commissions scolaires de l’Outaouais souhaite démontrer aux élus provinciaux que l’abolition des élections scolaires aurait de sérieuses répercussions dans les régions. Les représentants de l’Outaouais se présenteront en commission parlementaire avec ceux de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue.

On a une réalité frontalière ici. C’est important que les décisions qui sont prises prennent compte de la réalité frontalière, explique le président de la concertation des commissions scolaires de l’Outaouais, Claude Beaulieu.

Un homme assis sur une chaise après une entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de la concertation des commissions scolaires de l’Outaouais, Claude Beaulieu.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Il énumère entre autres la formation professionnelle, dont le marché est à la fois pour l’Ontario et le Québec puisque bon nombre de travailleurs œuvrent dans la fonction publique fédérale, et le dossier des taxes scolaires dans la région.

Si tout vient de Québec, la lunette de l’Outaouais n’est pas là par rapport aux administrateurs et ça nous inquiète beaucoup. Par exemple : le dossier des taxes scolaires, ce sont les présidents des commissions scolaires qui ont défendu ce dossier-là en disant qu’il y avait une iniquité entre anglophones et francophones. Je ne crois pas que les fonctionnaires se sont battus pour ça, plaide M. Beaulieu.

Éric Antoine et Claude Beaulieu en entrevue dans les studios de Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les présidents de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées et de la Commission scolaire des Draveurs, Éric Antoine (à gauche) et Claude Beaulieu. (archives)

Photo : Radio-Canada

Un commissaire en faveur d'une réforme

Or, la sortie d’un commissaire de la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées (CSCV) pourrait jeter de l’ombre sur la présentation de la délégation de l’Outaouais.

En pleine réunion du conseil des commissaires, mercredi dernier, Pierre Daoust a voté contre une résolution dénonçant le projet de Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires.

Le conseil des commissaires voulait alors envoyer un message clair au ministre que son projet de loi, qui vise notamment à abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de services, porterait un dur coup à l’éducation dans la région.

Un homme à son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Daoust est commissaire de la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Devant ses collègues, M. Daoust a alors plaidé que la réforme des commissions scolaires au Québec vise à remplacer une démocratie par une autre, plus communautaire celle-là. Le président de cette séance, le vice-président de la commission scolaire, Sylvain Tremblay, lui a alors demandé s’il était en faveur de l’abolition des élus scolaires. Sa réponse : « Oui ».

Le projet de loi n’est pas parfait, mais dans sa substance, il propose une modification de la gouvernance. Cet autre type de gouvernance, pour moi, ça correspond davantage à ce que nous sommes devenus, explique M. Daoust, un ancien directeur général de la CSCV.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre Jean-François Roberge cachait mal sa satisfaction à la suite de la sortie de M. Daoust. Selon lui, le projet de loi gagne de plus en plus d’appuis au sein de la population et même des élus scolaires.

Jean-François Roberge parle devant le drapeau du Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre Jean-François Roberge, député de Chambly, en conférence de presse à Québec. (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Effectivement, on voit bien que les personnes qui vont venir parler vont représenter un point de vue qui représente le point de vue de certains commissaires et certainement pas le point de vue des organisations. C’est peut-être ça le malaise aussi, affirme M. Roberge.

Selon lui, lorsque les commissaires scolaires parlent, ils le font en leur nom, pour eux. Il se réjouit d’ailleurs qu’il y ait de plus en plus [de commissaires] qui constatent qu’il faut passer à autre chose.

J’aime bien la phrase de M. Daoust quand il a dit qu’on devrait aller vers une démocratie élective de type communautaire. Et c’est vers là qu’on s’en va avec le projet de loi.

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec

Un malaise bien réel

Pendant ce temps, c’est le malaise à la CSCV. Mercredi soir, lorsque M. Daoust a annoncé clairement quelle était sa position dans le dossier, le commissaire Sylvain Tanguay l’a immédiatement invité à démissionner de ses fonctions. M. Daoust a rétorqué qu’il n’en avait pas l’intention.

M. Daoust a le droit à ses idées et à ses opinions. Je respecte cela. Il a le droit de s’exprimer aussi. Par contre, l’opinion qu’il a exprimée vient nous attaquer nous directement. M. Daoust siège sur une instance qui s’appelle un conseil des commissaires et il se dit en faveur de l’abolition de cette instance à laquelle il siège. Moi, je trouve cela complètement incohérent, explique-t-il.

Montage photo montrant les portraits officiels de Sylvain Tremblay et Pierre Daoust.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sylvain Tremblay (à gauche) est le vice-président de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées. Pierre Daoust (à droite) est le commissaire de la circonscription scolaire de Masson-Angers Est.

Photo : Site Internet de la CSCV

Aujourd’hui, M. Daoust reconnaît le malaise qui règne au sein des élus par rapport à cette question. Et il doit désormais jongler avec le fait que M. Tremblay remet ouvertement en question sa légitimité de siéger à titre de commissaire scolaire dans les circonstances.

Ma loyauté va d’abord et avant tout aux citoyens de la circonscription pour laquelle j’ai été nommé. Je ne peux pas prétendre qu’au moment où on se parle, qu’il y a une forte majorité de personnes qui s’opposent à la modification dont on parle, soutient M. Daoust.

En ce qui me concerne, quelqu’un m’a demandé de démissionner, j’ai dit non. Je ne suis pas rancunier.

Pierre Daoust, commissaire de la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées

S’il dit qu’il ne veut pas partir en guerre contre M. Daoust et entretenir une zizanie au sein du conseil, M. Tremblay confie néanmoins qu’il « évalue les options » et que « tout est sur la table ». Un élu pourrait, par exemple, déposer une résolution au conseil demandant la démission de M. Daoust. Ce dernier évaluerait alors si la meilleure chose est de partir ou de rester.

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