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Se souvenir des vétérans africains

Une chorale d'enfant sur les marches de l'escalier de la rotonde de La Cité Francophone.

La Cité Francophone souligne depuis quelques années le jour du Souvenir.

Photo : Radio-Canada

Simon-Pierre Poulin

Au champ d'honneur reposent des dizaines de milliers d'Africains morts pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Les grandes puissances se sont tournées vers leurs colonies pour chercher des renforts lors de ces conflits. Ainsi, la France victorieuse doit certains de ses triomphes aux tirailleurs sénégalais, un corps de militaires provenant d'Afrique de l'Ouest.

Lundi, La Cité francophone d'Edmonton a célébré leurs sacrifices.

« Permettez-moi de parler en français, parce que je vais parler avec mon cœur », a lancé Giscard Kodiane en ouverture d’un discours prononcé pour cette « célébration du monde libre ».

Savoir qu'il y a des frères d'armes africains francophones qui ont participé à la guerre à la libération de ce monde va renforcer aussi la francophonie ici en Alberta.

Giscard Kodiane, petit-fils d'un vétéran

Petit-fils d’un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, l’Albertain d’origine ivoirienne a rendu hommage « à ces vaillants combattants dont on ne parle pas beaucoup dans les livres d’histoire, ceux qui ont donné leur sueur et leur sang pour que ce monde soit fièrement debout ».

Intégration et leçon d’histoire

Son discours a résonné dans une rotonde pleine à craquer, sur deux étages, comme la traditionnelle sonnerie aux morts et les deux minutes de silence.

Curieuse spectatrice de cette cérémonie, une nouvelle Albertaine elle aussi d’origine ivoirienne, Carol Offi, découvrait lundi les célébrations du jour du Souvenir. « De bout en bout, tout était nouveau », a dit celle qui est arrivée au pays il y a un mois à peine. Elle remercie les organisateurs d’avoir pensé aux sacrifices des Africains.

« Quand ces combattants sont retournés dans leurs pays d’origine, ils ont participé à l’éveil des consciences, remarque-t-elle, ce qui a favorisé dans les années suivantes les indépendances dans les nations africaines », un constat tout aussi valide au Canada.

Cette sortie d’intégration était aussi une leçon d'histoire pour sa fille. « Vendredi, quand ma fille est rentrée de l'école, raconte la mère, elle était tout agitée. Elle me racontait l’histoire de ces combattants canadiens tombés au front et je lui ai dit : "tu savais que les Africains avaient aussi participé à cette guerre-là? " Elle était surprise. Elle ne l'avait pas entendu de son enseignant en classe ».

Carol Offi croit qu’un effort supplémentaire doit être fait pour mieux représenter la diversité de ceux «qui se sont battus pour la liberté, « mais il revient aux Africains eux-mêmes de rétablir ce fait historique », estime celle qui garde au fond de l'âme le goût de vivre en liberté.

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