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Protection de la baleine noire : les crabiers se préparent pour 2020

Des baleines noires de l’Atlantique Nord

La survie des baleines noires de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition, repose sur les mesures de protection imposées par Ottawa. Peut-on faire plus? (archives)

Photo : Associated Press / Stephan Savoia

Joane Bérubé

Les crabiers de la Gaspésie veulent que Pêches et Océans modifient ses règles de gestion pour la protection de la baleine noire.

Les pêcheurs souhaitent que Pêches et Océans Canada abandonnent la fermeture systématique d’une zone dite statique. Ç’a été unanime, commente le président de l’Association des crabiers gaspésiens, Daniel Desbois.

Il s’agit d’une des principales questions discutées la semaine dernière, à Moncton, lors de la table ronde sur les résultats des mesures de gestion de la pêche sur la protection des baleines noires.

Une cinquantaine de représentants de l’industrie participaient à cette rencontre organisée par Pêches et Océans Canada.

Les pêcheurs souhaiteraient que les fermetures s’effectuent sur une base dynamique, à partir de la présence confirmée de baleines noires. Les zones dynamiques font très bien la job, commente Daniel Desbois.

Cette année, une zone fixe, dite statique, dont la superficie avait été réduite de 63 % comparativement à 2018, a été fermée à la pêche le 28 avril 2019 dans le golfe du Saint-Laurent pour toute la saison.

Une carte du MPO avec les zones fermées.

Les zones en rouge sont celles sujettes à la fermeture. Les zones où il y a un point bleu sont celles où une baleine noire a été aperçue.

Photo : Ministère des Pêches et des Océans Canada

Autant dire qu’aucun crabier n’a pu déposer de casiers dans le secteur puisque les pêcheurs n’ont pas pu sortir avant le début mai en raison des glaces qui encombraient les havres de pêche.

Cette importante zone de pêche est demeurée inaccessible, même, selon M. Desbois, les premières baleines noires n'y sont apparues qu’en juin. On aurait eu le temps en masse de pêcher dans cette zone-là, poursuit M. Desbois.

La fermeture de la zone statique génère aussi une pression sur d’autres secteurs de pêche, fait valoir le porte-parole des crabiers. On crée d’autres problèmes, souligne M. Desbois.

Un début de saison plus tôt

L’autre enjeu qui mobilise les crabiers est une ouverture de la pêche à la mi-avril.

Un départ entre le 10 et le 15 avril permettrait aux pêcheurs d’accéder à la ressource alors qu’il n’y a pas, ou du moins très peu, de baleines franches dans leur zone de pêche.

Au printemps 2019, les pêcheurs n’ont pas pu mettre leurs casiers à l’eau avant le début du mois de mai à cause de la présence des glaces dans les ports de pêche des provinces maritimes.

Les crabiers gaspésiens, qui étaient prêts depuis la mi-avril, ont dû patienter puisque le lancement de la pêche doit s’effectuer simultanément pour toutes les flottilles de la zone 12.

Un crabier à quai.

Crabiers à Sainte-Thérèse-de-Gaspé (archives)

Photo : Radio-Canada

Cette année, Ottawa investira pour que des brise-glace privés soient affectés au déglaçage des ports du nord du Nouveau-Brunswick. Cette nouvelle, annoncée en août dernier, a d’abord réjoui les crabiers gaspésiens.

Ils sont maintenant déçus en raison de la lenteur du gouvernement à gérer le dossier.

Le président de l'Association des crabiers gaspésiens, Daniel Desbois, explique que les appels d’offres pour le déglaçage des havres de pêche ne seront pas lancés avant la fin du mois.

Daniel Desbois, président de l'Association des crabiers de la Gaspésie

Daniel Desbois, président de l'Association des crabiers de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada

Le président des crabiers gaspésiens craint que ce soit trop tard puisque les résultats pourraient être connus seulement en décembre ou au début de 2020. Les havres de pêche risquent alors d’être sous les glaces ce qui ne permettra pas d’y installer du matériel en prévision d’un déglaçage printanier. S’il y a quelqu’un qui est intéressé, fait valoir M. Desbois, est-ce qu’il va être capable d’entrer son matériel à l’intérieur du havre avant qu’il ne soit trop tard? On ne sait plus ce qui va se passer. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui est intéressé? S’il n’y en a pas, c’est difficile de se tourner de bord. Ça ne nous laisse pas beaucoup de temps.

Les crabiers doivent se rencontrer à fin novembre pour discuter du protocole d’ouverture de la pêche au crabe. Cette question sera à nouveau débattue.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches