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L’annulation du règlement sur l’immigration aura-t-elle des effets dans Jean-Talon?

Quelques dizaines d'étudiants et de travailleurs étrangers s'étaient joints au PLQ, à QS et au PQ, mardi, lors d'une conférence de presse commune de l'opposition à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Après une semaine difficile pour le gouvernement Legault, qui a dû suspendre son projet de règlement sur l’immigration, tous les candidats à l’élection partielle de Jean-Talon étaient sur le terrain. S’ils ne comptent pas instrumentaliser la détresse des étudiants étrangers, plusieurs estiment que cette erreur pourrait faire mal à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Ça doit nous dire à quel point une saine opposition, dans une démocratie saine, est nécessaire pour faire un contrepoids lorsqu'il y a des grandes maladresses, commente la candidate libérale Gertrude Bourdon.

Elle affirme penser avant tout aux étudiants étrangers qui, avant le recul du gouvernement, ont vu leur rêve d’immigrer au Québec s’envoler avec les modifications du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) proposées par la CAQ.

Le projet de règlement déposé par le ministre Simon Jolin-Barrette limitait les champs d’études pouvant permettre d’accéder au PEQ. De nombreux étudiants étrangers, parfois installés au Québec depuis des années, avaient dénoncé les larmes aux yeux cette décision.

Il s’agit là d’un signe que le gouvernement manque de vision, selon Gertrude Bourdon.

Gertrude Bourdon, candidate libérale dans Jean-Talon

Gertrude Bourdon, candidate libérale dans Jean-Talon

Photo : Radio-Canada

On a des problèmes immédiats à régler, mais on ne doit jamais oublier ce qu'on est en train de construire.

Capable de reculer

Elle aussi sur le terrain lundi, la candidate caquiste Joëlle Boutin admet que de nombreux électeurs lui ont parlé de la controverse du PEQ la semaine dernière.

Celle qui a terminé deuxième dans cette même circonscription en 2018 soutient toutefois que le public semble juger favorablement le fait que le gouvernement sache reconnaître son erreur.

Les gens sont relativement contents que M. Legault soit capable de voir, de prendre du recul, et de mettre sur pause un projet de règlement si ça ne convient pas et que ce n'est pas assez rassembleur.

La candidate de la CAQ, Joëlle Boutin, serre la main d'une électrice.

La candidate de la CAQ, Joëlle Boutin, tente sa chance pour une deuxième fois dans la circonscription de Jean-Talon.

Photo : Radio-Canada

En soirée, le premier ministre François Legault était d’ailleurs dans une résidence pour personnes âgées pour faire campagne aux côtés de sa candidate.

On ne changera pas l'objectif, [on va] juste changer les moyens. On va s'améliorer, a-t-il déclaré dans une brève mêlée de presse.

La CAQ a peur de vous

Québec solidaire (QS), de son côté, lançait en matinée la campagne intitulée La CAQ a peur de vous sur le campus de l’Université Laval.

Le slogan a été créé pour faire prendre conscience aux jeunes, qui sont généralement moins nombreux à exercer leur droit de vote, de l’importance que leur voix peut avoir dans l'élection des dirigeants.

Dans une campagne partielle, les gens votent moins, donc ceux qui vont se mobiliser vont faire la différence dans l'urne, analyse le candidat solidaire dans Jean-Talon, Olivier Bolduc.

Olivier Bolduc, candidat de Québec solidaire dans Jean-Talon

Olivier Bolduc, candidat de Québec solidaire dans Jean-Talon

Photo : Radio-Canada

S’il n’y a pas de lien direct avec la controverse du PEQ, puisque les étudiants étrangers n’ont pas le droit de vote, Olivier Bolduc estime que ce faux pas de la CAQ envoie certainement un message négatif à l’international.

Fort de 10 députés à l’Assemblée nationale pour la première fois de son histoire, QS n’aura jamais fait une aussi grosse campagne, selon Olivier Bolduc, qui commente ainsi le nombre de militants déployés sur le terrain.

Dur à rattraper

De tous les candidats dans Jean-Talon, c’est le péquiste Sylvain Barrette qui est le plus tranchant quant aux dommages que pourrait causer la controverse du PEQ à la CAQ lors de l’élection partielle.

Sylvain Barrette, candidat du Parti québécois dans Jean-Talon

Sylvain Barrette, candidat du Parti québécois dans Jean-Talon

Photo : Radio-Canada

Le PEQ a nui considérablement à la CAQ. Ça, il n'y a aucun doute là-dessus et c'est une erreur qui est difficile à rattraper en pleine campagne. Ça va vite une campagne, souligne le candidat.

Selon lui, l'administration Legault peine à évaluer ce que la population attend de son gouvernement.

Je crois que la CAQ mesure mal que les gens ont voté pour eux pour se débarrasser d'un gouvernement et pas pour leurs engagements.

Les électeurs de Jean-Talon seront conviés aux urnes le 2 décembre. Cette élection partielle a été provoquée par la démission du député libéral Sébastien Proulx, qui a quitté la politique pour être embauché comme vice-président au Mouvement Desjardins.

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