•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Souvenirs de guerre d’un résident permanent du Canada qui a fui la Syrie

Yasser Al Asmi, un jeune syrien de 19 ans, travaille sur son ordinateur portable dans une salle à manger.

Yasser Al Asmi vit au Nouveau-Brunswick depuis plus de trois ans.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Radio-Canada

Le 11 novembre revêt une grande signification pour les anciens combattants, mais aussi pour les civils qui ont connu la guerre. C’est notamment le cas de Yasser Al Asmi, un jeune syrien de 19 ans qui vit au Nouveau-Brunswick depuis plus de trois ans. Même s’il est aujourd’hui résident permanent du Canada, de vives images le hantent toujours et le ramènent à son pays d’origine.

Je me souviens des voix, des balles et des bombes. Tout le temps [...] Chaque seconde une balle, chaque cinq secondes une bombe.

Yasser Al Asmi, résident permanent du Canada originaire de Syrie

Yasser Al Asmi dit se souvenir du climat de peur qui régnait et de la difficulté à sortir de la maison parce que c’était très dangereux.

Yasser a aussi vu une personne être atteinte par balle. Je regardais une fille dans un bâtiment proche de notre maison qui a été tirée dans le [balcon]. L’expérience de ce moment a été horrible, raconte-t-il. Il a appris par la suite que cette fille a succombé à ses blessures.

Impossible de se défaire de ce passé.

J'étais habitué de dormir avec les [bruits] des balles, alors ça ne s’oublie pas.

Le résident permanent du Canada a du mal à comprendre comment son pays d’origine qui était très sécuritaire, très pacifique a pu devenir comme ça.

Mehdi Soudi, dans son bureau. Derrière lui, un dessin et des certificats de réussite sont affichés sur le mur.

Mehdi Soudi est interprète et responsable des bénévoles du CAFi, un centre d’accueil et de services francophones à but non lucratif pour les personnes immigrantes du sud-est du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Mais il n'est pas le seul à vivre cette situation, selon un organisme qui accompagne des immigrants. Quand il y a une guerre, il y a toujours une après-guerre. L'après-guerre, ce sont les familles qui se sont brisées à cause de la mort d'un parent, des gens qui sont devenus handicapés [...] c'est là que c'est difficile et c'est là qu'il y a la signification du 11 novembre pour eux et on pense à ces personnes-là, explique Mehdi Soudi, interprète et responsable des bénévoles du centre d'accueil et d'accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick, le CAFi.

Pour le jeune homme de 19 ans, le 11 novembre a une valeur particulière.

Pour moi ce n’est pas juste le jour du Souvenir. J’ai le respect pour les soldats qui ont contribué à la sécurité du Canada, le pays qui m’a accueilli, qui a accueilli ma famille aussi. C’est très précieux.

Yasser Al Asmi

Mais les plaies se sont aussi rouvertes en cette période. Le jour du Souvenir apporte beaucoup de souvenirs pour moi, le souvenir de la guerre, le choc, le danger, les moments horribles, les expériences mauvaises. Mais aussi dans le jour du Souvenir je me sens heureux que maintenant je vis en sécurité et il ne faut pas prendre ça pour acquis.

Son rêve pour la Syrie : le retour de la paix et la sécurité.

D’après un reportage de Wildinette Paul

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Crimes de guerre