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Réouverture de l’usine à Lebel-Sur-Quévillon : des défis persistent

Une vue de la ville en hiver.

La ville de Lebel-sur-Quévillon manque de logements pour accueillir tous les employés qui déménageront éventuellement pour travailler dans l'usine.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Thomas Deshaies

Des défis restent à surmonter à la suite del’annonce de la réouverture de l’usine de pâte Kraft à Lebel-Sur-Quévillon vendredi dernier. Il manque notamment d’habitations pour accueillir les nouveaux travailleurs et la rareté de main-d’œuvre affecte durement les commerçants et les restaurateurs.

Alors que des dignitaires s’étaient réunis à l’usine pour souligner en grande pompe l’annonce de la réouverture de l’usine Nordic Kraft de Chantiers Chibougamau, certains commerçants n’avaient pas le cœur à la fête.

C’est le cas de la co-propriétaire du restaurant, OPC Déli, Chantal Audet, qui affirme qu’elle peine à trouver des employés. La situation se serait particulièrement dégradée cette année.

Chantal Audet est accotée sur un comptoir dans son restaurant.

La co-propriétaire du restaurant, OPC Déli, Chantal Audet, s'inquiète du manque de personnel dans son établissement.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Avec l’ouverture de Nordic Kraft, tout le monde va s’en aller là. À petit salaire, il y a plus personne qui veut travailler à 16 $ de l’heure, s’exclame-t-elle, tout en précisant comprendre la décision des citoyens d’opter pour de meilleures conditions salaires.

On a commencé à fermer les fins de semaine, à partir de 14h00. Dans la semaine, on manque de waitress (serveuses), puis c’est nous autres (propriétaires) qui faisons les waitress.

Chantal Audet, co-propriétaire du restaurant OPC Déli

Elle se dit incapable d’offrir un salaire plus concurrentiel. Si je donne 20-25 $ de l’heure, ton club (sandwich), tu vas le payer assez cher. On est limité, souligne-t-elle.

Condition féminine et logements

La directrice du centre de femmes îlot d’espoir, Nathalie Lizotte, se rappelle que dans les années qui ont suivi la fermeture de l’usine Domtar en 2005, la détresse était palpable.

Nathalie Lizotte dans la salle commune du centre des femmes.

La directrice du centre de femmes îlot d’espoir, Nathalie Lizotte, croit que la réouverture de l'usine sera bénéfique pour l'emploi chez les femmes.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Elle considère cette réouverture comme une nouvelle opportunité pour les femmes de la communauté. Les femmes vont avoir l’opportunité d’avoir des emplois bien rémunérés, de se sortir de la pauvreté, croit-elle.

Les quelque 300 employés nécessaires au fonctionnement de l’usine nécessiteront cependant l’embauche de travailleurs ne vivant pas actuellement à Lebel-Sur-Quévillon. Leur intégration à long terme est difficile puisqu’il manque de logements pour les accueillir.

Alain Poirier devant l'hôtel de ville.

Le maire de Lebel-sur-Quévillon, Alain Poirier.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

On a des terrains à vendre, on a des emplacements pour bâtir des blocs appartement, mais la problématique c’est au niveau des investisseurs, des banques, souligne le maire, Alain Poirier. Ils (les banques) ne laissent pas de souffle aux investisseurs pour venir investir chez nous.

On parle d’attirer des gens. Faut s’assurer qu’il y ait des maisons, du logement qui soit disponible. Je ne pense pas que ce soit un gros risque pour le gouvernement du Québec de financer des nouvelles maisons parce que je pense que l’activité économique ici, va juste s’améliorer.

François Legault, premier ministre du Québec

L’enjeu a d’ailleurs fait l’objet de discussions entre les élus lors du passage du premier ministre François Legault à Lebel-Sur-Quévillon. En point de presse, M. Legault a indiqué que le gouvernement souhaite intervenir.

La ministre des Affaires municipales et de l’habitation devrait être en mesure prochainement d’annoncer de l’aide pour le financement d’habitation, a-t-il déclaré.

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