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21 000 travailleurs à embaucher pour vous soigner

Une équipe médicale se rend dans une salle de chirurgie.

Photo : iStock

Guylaine Bussière

D'ici 5 ans, 21 000 travailleurs de la santé devront être embauchés dans la grande région de Québec, sans quoi les soins à la population seront grandement affectés.

Toutes les catégories d'emplois sont touchées par cette vaste pénurie annoncée dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches : infirmières, infirmières auxiliaires, préposés, inhalothérapeutes.

Les départs à la retraite de près de 4800 travailleurs, le roulement de personnel et les besoins grandissants d'une population vieillissante expliquent ces projections tirées de données fournies par les hôpitaux et organisations de la santé de ces régions.

Une affiche sur le mur de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec sur laquelle il est écrit : l'institut recrute

Une affiche concernant les besoins en main-d'oeuvre est bien visible à l'entrée de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec de l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Un défi colossal

Recruter un nombre aussi important de travailleurs dans un contexte où le bassin de personnel disponible est restreint représente un défi colossal.

« On ne peut pas se mettre la tête dans le sable, on fait tout ce qui est humainement possible, parce qu'en bout de ligne, ce sont des soins à la population qui sont en jeu », déplore Michel Boudreault, directeur des ressources humaines au CHU de Québec.

Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec prévoit 6300 embauches d'ici 5 ans pour assurer les soins dans ses cinq hôpitaux.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale doit pour sa part engager près de 8000 personnes au cours de la même période pour assurer les soins des aînées qui vivent dans les 29 CHSLD de la région.

L’immigration sauve la mise

En date de lundi dernier, la pénurie était déjà de 650 employés au CIUSSS de la Capitale-Nationale, explique son coordonnateur des ressources humaines, Christian de Beaumont.

Les 400 nouveaux employés issus de l'immigration sauvent la mise actuellement, croit M. de Beaumont.

Sans leur contribution, il est clair qu'on ne serait pas en mesure d'offrir les services à la population.

Christian de Beaumont, coordonnateur des ressources humaines au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Recruter à l'étranger

Le recrutement de travailleurs étrangers semble devenir la norme pour les hôpitaux et institutions de la région. Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on estime que 30 à 40 % des travailleurs seront embauchés à l'étranger au cours des 5 prochaines années.

L'organisation a d'ailleurs participé à diverses missions de recrutement dans la dernière année : résultat 100 préposés et 50 infirmières sont attendus prochainement.

Le premier infirmier embauché par le CIUSSS de la Capitale-Nationale lors d'une mission de recrutement à l’étranger travaille depuis quelques jours au CHSLD Le Faubourg, au coeur de Québec.

Mohammed Hicham Sohbi a choisi de venir travailler ici avec sa femme, également une infirmière embauchée par l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec (l'IUCPQ).

Un homme souriant à côté d'une femme souriant, ils sont dans le stationnement d'Institut universitaire de cardiologique de Québec

Ce couple est venu de la France pour travailler à Québec dans le domaine de la santé.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Pour M. Sohbi et sa femme, c’est le choix d’une vie.

C'est un projet à long terme. Nous avons tout quitté en France, même vendu notre maison pour nous installer ici au Québec.

Mohammed Hicham Sohbi

Convaincre les jeunes d'étudier en santé

Les employeurs du réseau de la santé de la région estiment aussi qu'il faut rendre le milieu de la santé plus attrayant pour les jeunes. Ils auront beaucoup de pain sur la planche pour les convaincre puisque les inscriptions et les taux de diplomation sont à la baisse dans les principaux métiers en pénurie.


La plupart des organisations veulent toutefois renverser la vapeur. Pour ce faire, ils disent avoir amélioré les conditions de travail au cours des derniers mois dans leurs établissements. Le recours aux heures supplémentaires obligatoires aurait diminué et des postes à temps partiel avec des horaires atypiques ont été transformés en poste à temps plein.

Josée Doyon, directrice des ressources humaines et des communications à l'IUCPQ, estime que les travailleurs ont maintenant des horaires plus stables.

Qui dit stabilité dit attraction des employés, les gens dans la population, moi la première, on aime ça savoir quand on travaille.

Josée Doyon, directrice des ressources humaines et des communications à l'IUCPQ

Regarnir le bassin de candidats

Reste à voir si ces efforts vont donner les résultats espérés. Tous les directeurs de ressources humaines souhaitent voir plus de jeunes étudier dans le domaine de la santé, mais le bassin de candidats disponibles ne se regarnira pas si facilement.

Le coordonnateur des ressources humaines du CIUSS de la Capitale-Nationale, Christian de Beaumont, estime qu'à court terme, l'option des candidats immigrants est la plus sûre pour garantir les services de santé.

« Pour nous l'immigration, c'est pas juste une question économique. Pour nous l'immigration, c'est véritablement une question de santé », conclut M. de Beaumont.

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