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La réforme de la gouvernance scolaire menace l'autonomie territoriale, pensent les préfets

Les préfets de l'Abitibi-Témiscamingue posent devant une table.

La Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue s'est réunie aujourd'hui et a discuté du projet de loi 40 qui doit modifier la Loi sur l’instruction publique.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Lise Millette

La Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue est préoccupée par le projet de loi 40 qui doit modifier la Loi sur l’instruction publique.

On a tellement l'impression de jouer dans le Jour de la marmotte parce que nous sommes face à une nouvelle forme de centralisation. Nous aurons une nouvelle bataille, une autre une de plus, pour l'autonomie de nos territoires. Dans le projet de loi, on constate une centralisation accélérée des pouvoirs décisionnels. On a déjà joué dans ce film-là avec les services de santé, on nous les amène maintenant avec l'éducation, a campé d'entrée de jeu la présidente de la Conférence des préfets, Claire Bolduc.

En sortie conjointe avec l'Association des commissions scolaires de l'Abitibi-Témiscamingue, ils estiment que les modifications proposées sont une nouvelle forme de centralisation des pouvoirs.

Les préfets de la région craignent que les décisions ne tiennent pas compte des particularités régionales. Ils redoutent également une volonté manifeste de concentrer encore plus de pouvoirs entre les mains du ministre de l'Éducation, au détriment des régions.

En matière de construction, d'agrandissement, d'aménagement, de plus, il s'octroie un pouvoir absolu sur toutes les décisions qui pourraient être prises, c'est préoccupant.

La présidente de la Conférence des préfets, Claire Bolduc

Le gouvernement pourrait aussi imposer par décret, unilatéralement, toute modification aux territoires des centres de services scolaires. Est-ce que nous voulons ça? La réponse est non, a insisté Claire Bolduc.

Démocratie affectée

Gaétan Gilbert, président de l’Association des commissions scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue, estime que les élections scolaires sont un gage de démocratie des décisions prises en éducation.

La démocratie, c'est pas un taux, c'est un droit. Un droit de se présenter. C'est aussi leur droit de choisir qui nous voulons comme représentants dans les conseils d'administration. Pour cette cause si noble qu'est l'éducation, mentionne M. Gilbert.

Pierre Corbeil, Sébastien d'Astous, Claire Bolduc et Gaétan Gilbert sont assis à une table et discutent.

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, le maire d'Amos, Sébastien d'Astous, la présidente de la Conférence des préfets, Claire Bolduc, et président de l’Association des commissions scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue, Gaétan Gilbert.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Dans la formule actuelle, les conseils de commissaires sont composés de représentants de tous les milieux. Cela signifie que chaque territoire, rural ou urbain, favorisé ou défavorisé est représenté, soutient l'Association des commissions scolaires.

Dans la nouvelle structure proposée de centre de services scolaire, avec un conseil d'administration nommé par des parents des conseils d'établissements, notre association se soucie du manque de représentativité proportionnelle des milieux, plaide Gaétan Gilbert.

Selon M. Gilbert, certains commissaires qui siègent actuellement ne pourraient plus siéger au conseil d'administration de la nouvelle structure, ce qui aurait pour effet d'écarter des citoyens et des représentants qui ont pourtant à coeur le milieu de l'éducation. La préfète Claire Bolduc craint de surcharger les parents avec la nouvelle structure.

On va demander à des parents, déjà très occupés, la plus grande participation à la structure proposée. Est-ce qu'on a bien ciblé qui devrait participer à ça et est-ce qu'on gagne en matière de représentativité, a questionné Claire Bolduc.

Pour Gaétan Gilbert, ce n'est pas parce qu'une personne n'a plus d'enfant en âge de fréquenter l'école qu'elle se désintéresse pour autant des enjeux liés à l'éducation et à la qualité des services d'enseignement.

Non au statu quo

Les préfets souhaitent préserver les réalités et les besoins des régions.

On ne demande pas au ministre Jean-François Roberge le statu quo. Le fonctionnement du milieu de l'éducation est très certainement perfectible, mais nous demandons une discussion importante sur ce que pourrait devenir le milieu scolaire. L'éducation c'est la base de la société, on construit le citoyen de demain à travers notre milieu de l'éducation, a ajouté Claire Bolduc.

Le projet de loi 40 prévoit de transformer les commissions scolaires au Québec et de mettre un terme également aux élections scolaires, qui sont liées à un très faible taux de participation.

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Abitibi–Témiscamingue

Éducation